Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/07/2009

8 jaunes d'oeufs...

... restés sur le carreau

le financier l'exige

comment, les jeter?

que nenni

il y a bien des façons, mais il y a aussi celle-ci.

***

125g de beurre

80g de sucre

200g de chocolat

100g de farine de quinoa

un demi-verre de lait végétal ou animal

une pincée de bicarbonate de soude alimentaire

***

le blond du sucre blanchit les jaunes à la fourchette

le chocolat "s'onctuosifie" en se vautrant dans le lait et le beurre, fouet et casserole pour un mariage à trois

tout s'entremêle avec soin, j'ai dit tout, au fouet pas de grumeaux

10 minutes à four chaud

***

Pas de photo, comment??!

Et en plus, je m'en vais 4 semaines demain?

Oui!!! Sans complexe, j'avoue!

20/06/2009

Une impatience

Mon impatience, c'est de voir ce qu'elle a à montrer. Aller l'écouter. Regardez la Belle verte. Cette femme a une façon de parler qui me bouleverse.

8137_la_belle_verte___belle_verte_(la)_-05.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Crédit photo: La belle verte

Voyez plutôt:

Appel

« A vous tous les hommes, je dis pliez, devenez ronds, laissez la connaissance vous submerger, vautrez-vous dans l’herbe, n’agissez plus, restez assis, fermez les yeux pour écouter le bruit de la danse des protons dans les galaxies lointaines, devenez entendants, c’est-à-dire muets.

Laissez renaître sur vos faces le sourire du poisson.

N’ayez pas le désespoir de vos ventres à jamais vides d’enfants, votre force est de les avoir remplis ces ventres que vous n’aurez jamais.

Recouvrez de terre vos maisons de béton, laissez pousser l’herbe sur les toits.

Quand vos mains s’ouvriront, que vos richesses s’en échapperont et se disperseront sur la planète comme une goutte de lait dans un verre d’eau pure, alors vous pourrez commencer à vivre libres et l’étau qui vous broie la tête se dissoudra.

Votre crâne s’ouvrira, il pourra recevoir l’énergie, la dispenser et les mots ne pourront plus rien dire de ce que vous éprouverez. A vous les femmes, je dis, par pitié pour les hommes, avouez leur votre connaissance, pour qu’ils cessent de marcher à reculons et mettent enfin leur bateau dans le fleuve car vous savez beaucoup : comme eux vous avez été ce qui remplit le ventre, mais vous pouvez approcher la mort sans peur, car vous pouvez être remplies. Voyez-les, eux, orphelins de votre puissance. Apprenez-leur à se fondre dans la matière, puisque la division de leurs corps leur a été refusée.

Depuis que l’histoire humaine sait se raconter, les hommes ont été chercher seuls et les femmes se riaient d’eux ils ont voulu trouver le chemin sans elles, ils étaient nus et abandonnés, ils haïssaient les femmes, car ils voyaient bien qu’elles n’étaient jamais nues.

Leur tristesse et leur faiblesse ils l’ont appelée force, ils ont construit un monde à leur image, triste et faible Ils vous ont tout volé, et pourtant vous n’étiez pas toujours nues.

Ils ont trouvé beaucoup de vérités, qui toutes aboutissent à la ligne courbe.

Maintenant, femmes, vous n’avez plus le droit de rire d’eux, car ils sont arrivés près de vous plus nus que jamais.

Ne les laissez plus faire, ne soyez plus assises dans l’herbe avec vos sourires de poissons, construisez des maisons qui ressemblent enfin à l’univers.

Femmes, celui qui ne veut pas voir qui vous êtes, combattez-le avec violence, femmes, que celles d’entre vous qui laissent encore les hommes faire leurs meurtres soient maudites et crèvent dans la poussière, car le monde qui est à l’ordre du jour ne pourra se faire sans vous. »

Coline Serreau ©

 

18/06/2009

bêêê

2009-6-10-11-46-50 bis.jpg
Ma nouvelle savonnette, un petit plaisir venu de ma Fée-marraine pour remplacer l'ancienne, fondue jusqu'à la corde.
Galant-homme se gausse et fait la moue.
Moi, je suis bien contente!

16/06/2009

Herbe

"Au cœur de la Bretagne paysanne, deux visions du métier d’éleveur laitier se confrontent.
Alors que des Hommes se sont engagés depuis plusieurs années dans une agriculture autonome, durable et performante, le courant majoritaire de la profession reste inscrit dans un modèle de production industriel, fortement dépendant des groupes agricoles et agro-alimentaires…"

Herbe montre ces hommes, la prise de conscience de l'un, l'engluement des autres, la conviction faussement tranquille et l'activisme d'André Pochon. Il y a aussi le mufle des vaches et leur pas tranquille, les pâtures dans la brume, les beaux sourires burinés de ceux qui savent travailler avec l'herbe, l'aveu d'ignorance de celui qui a son emprunt à rembourser.

Un docu tranquille, qui prend le temps, qui assène peu et montre beaucoup, qui ouvre la parole et à chacun de juger.

Le site officiel.

14/06/2009

Divagation papetière

Un vieil atlas routier

Des envies d'origami

Il va falloir que j'étudie

Je participe à 100 papiers

 

PICT5592.JPG

crédit photo: Akä

 

12/06/2009

Des trésors minuscules

pict6908.jpg
Une jolie carte rétro qui fait resurgir des souvenirs de petite fille mais je n'allais certes pas nourir les poules dans cette tenue!
pict6914.jpg

Et le fin travail, simple et poétique, de Claire Jane

plus quelques échantillons de thé bienvenus

comme c'est agréable de recevoir de petites bricoles aussi mignonnes pour avoir baptisé l'oiseau présenté!

Merci petite mésange noire...

10/06/2009

Dentelles à croquer

2009-6-10-11-46-43.jpg
crédit photo: Akä



Une véritable amie
recueillir sa science,
accroupie devant la vitre du four quel moment!


Les astuces:
les blancs d'oeufs pesés comme le reste
une meringue italienne pas trop ferme avec un sirop pas remué et tiédie au fouet
incorporation en trois fois
compter dix au macaronage pour retrouver la pâte lisse quand on cesse de la travailler et une bonne maryse
pas de croûtage ni de colorant liquide
des cercles de papier sur une feuille blanche glissée sous le papier sulfurisé pour la régularité des ronds de pâte et pour l'espacement
pour les premiers essais pas de colorants pour bien maîtriser la cuisson
on ôte les macarons de la plaque dès la sortie du four sans essayer de les décoller trop vite du papier sulfurisé
24h de repos dans une boîte en carton, puis on fourre de ganache, et 24h de plus au frais.




08/06/2009

Un petit tourbillon

06/06/2009

regard d'enfant

Une journée particulière, et pour fêter ça, Galant-homme et moi, par Soeur Troisième "No Poup", du temps où elle était encore haute comme trois pommes et où on l'emmenait se casser la margoulette avec enthousiasme!

ANAÏS.JPG
Crédit illustration: Soeur No Poup

05/06/2009

Agités du Bocal?

A deux pas de chez moi, il y a le Bocal. Un atelier monté par des jeunes gens créatifs, inspirés, accueillants. Parmi eux, il y a celle qui raconte des histoires de loups, de chocos, de sardines et ça ne peut que me plaire. Il y a aussi celui qui maîtrise la linogravure et la transmet, qui trace des entrelacs de feuilles et d'oiseaux et personne ne doute que cela me plaise aussi.

Il y a l'invitation aux vernissage, et ils ont insisté, et nous sommes passés timidement, on avait oublié, ils fermaient, on a bu une lampée de cidre, on a regardé, et on s'est mis à admirer. A être touchés.

Misa Saburi, elle s'appelle, elle est japonaise, vit aux États Unis, est accueillie en résidence pour 3 mois chez ses amis qui sont un peu les nôtres aussi.

L'expo dure jusqu'au 19 juin, c'est tout petit, c'est tout mimi, la poésie enfantine et la mélancolie des grands, il y a un parapluie et des gouttes obliques sur le mur, des histoires de pas grand chose et c'est ça qui est bien, des linogravures de la ville que si j'étais pas gênée en entournures dans la région du porte-monnaie, l'une d'elles serait sur mon mur et puis c'est tout.

going_to_school_m.jpg
Crédit illustration: Misa Saburi

02/06/2009

Elle avait des bagues à chaque doigt,

des tas de bracelets autours des poignets...

pict6641.jpg

crédit photo: Akä

29/05/2009

Clair-obscur

pict5922.jpg
Crédit photo: Akä
.
.
.
.
Un clair obscur.
Pour faire patienter Minie.
Parce qu'il y a eu la randonnée orchidées, la première brioche réussie (quelle fierté, et quel régal mais pas de photo), la fête des petits brins zurbains, un deuxième poireau à finir de coudre et de franger, et tant d'autres choses, mais que je n'ai pas les mots, pas ma tête...
Je compte sur ce weekend pas comme les autres, je l'attends tous les ans avec impatience et fébrilité, pour me ressourcer.
Je vous en souhaite autant.

19/05/2009

Vengeance!!!

Bientôt deux mois que je me traîne, épuisée, vidée de ma substance, étonnée de réussir à me lever le matin, pas sûre que ça ne vienne pas de moi, là, un petit coup de déprime, ça pourrait se comprendre, avoue! Je la connais, l'autre crasse, celle qui vous prive du goût du jour. Mais quand même, depuis deux mois, malgré l'impression d'être centenaire, l'envie est là de vivre, à plein, et ça c'est un signe.

Il y a eu à répétition les étonnements inquiets des proches, leurs encouragements, j'ai fini par prendre mon téléphone.

Maladie de Lyme. Une belle cochonnerie. Il était temps. Passons.

Alors, petite vengeance dérisoire et cruelle: de passage au jardin ce matin pour désherber les fraisiers-et c'est rien de le dire, j'ai empoigné doucement le chat qui nous protège des rates (et croque la couvée de rouges-gorges pour son dessert), et j'ai assassiné méthodiquement toutes les saletés qui lui pompaient le sang. Y en avait, ça...

Du travail propre, hein, avec un tire-tique de professionnel. Akä la pourfendeuse, ouaip. Le pire, c'est que je me sens mieux.

 

Bon, pour compenser cette débauche de sadisme, un peu de douceur:

pict5909.jpg
(fleur de pêcher, Pâques, crédit photo Akä)

15/05/2009

Les souhaits

Tagguée par celle qui aime regarder filer les nuages...

 

8 souhaits. C'est dur. Ca ne vient pas ou ça se bouscule au portillon, celui de la pudeur?

-chercher ce qui peut aider parce que c'est la seule question qui vaille d'être posée

-garder l'émerveillement parce que ça me sauve

-cultiver l'humilité pour grandir en humanité

-prendre confiance parce que la peur est une entrave

-connaître mes limites pour ne pas en accuser les autres

-me désencombrer pour accéder à l'être et au faire, plutôt qu'à l'avoir

-écouter vraiment pour devenir quelqu'un de bon

-et, parce qu'une amie chère joue les belles au bois dormant et que ce n'est pas drôle, un miracle et qu'elle se réveille sans séquelles...

 

Et dix tags pour une association libre:

  • MESSAGE : rien sans les liens humains
  • BLOG : mon ailleurs
  • PRIX : seulement de ce qui n'en a pas
  • CROIX : ces disparus qui m'accompagnent
  • SCRAP : récolte de souvenirs
  • CRÉATION : la jubilation
  • BONHEUR : le coeur gonflé
  • VIE : tant de chemins...
  • ENFANTS : l'énergie pure
  • PASSION : la douleur et la joie

 

Je passe à qui veut.

12/05/2009

Indéfiniment, tomber des nues?

Le plus dur, c'est pas la chute...

 

Parce que c'est le genre d'informations qu'on ne risque pas de trouver sous le sabot des journeaux télé...

 

Source: Claude Marie Vadrot, journaliste à Politis et chargé de cours à Paris 8

 

"Vendredi dernier, à titre de solidarité avec mes collègues enseignants de l’Université de Paris 8 engagés, en tant que titulaires et chercheurs de l’Education Nationale, dans une opposition difficile à Valérie Pécresse, j’ai décidé de tenir mon cours sur la biodiversité et l’origine de la protection des espèces et des espaces, que je donne habituellement dans les locaux du département de Géographie (où j’enseigne depuis 20 ans), dans l’espace du Jardin des Plantes (Muséum National d’Histoire Naturelle), là où fut inventée la protection de la nature. Une façon, avec ce « cours hors les murs », de faire découvrir ces lieux aux étudiants et d’être solidaire avec la grogne actuelle mais sans les pénaliser avant leurs partiels.
Mardi, arrivé à 14 h 30, avant les étudiants, j’ai eu la surprise de me voir interpeller dés l’entrée franchie par le chef du service de sécurité tout en constatant que les deux portes du 36 rue Geoffroy Saint Hilaire était gardées par des vigiles...
- « Monsieur Vadrot ? ».
- euh...oui
- Je suis chargé de vous signifier que l’accès du Jardin des Plantes vous est interdit
- Pourquoi ?
- Je n’ai pas à vous donner d’explication....
- Pouvez vous me remettre un papier me signifiant cette interdiction ?
- Non, les manifestations sont interdites dans le Muséum
- Il ne s’agit pas d’une manifestation, mais d’un cours en plein air, sans la moindre pancarte...
- C’est non....
Les étudiants, qui se baladent déjà dans le jardin, reviennent vers l’entrée, le lieu du rendez vous. Le cours se fait donc, pendant une heure et demie, dans la rue, devant l’entrée du Muséum. Un cours qui porte sur l’histoire du Muséum, l’histoire de la protection de la nature, sur Buffon. A la fin du cours, je demande à nouveau à entrer pour effectuer une visite commentée du jardin. Nouveau refus, seuls les étudiants peuvent entrer, pas leur enseignant. Ils entrent et, je décide de tenter ma chance par une autre grille, rue de Buffon. Où je retrouve des membres du service de sécurité qui, possédant manifestement mon signalement, comme les premiers, m’interdisent à nouveau l’entrée.
Evidemment, je finis pas le fâcher et exige, sous peine de bousculer les vigiles, la présence du Directeur de la surveillance du Jardin des Plantes. Comme le scandale menace il finit par arriver. D’abord parfaitement méprisant, il finit pas me réciter mon CV et le contenu de mon blog. Cela commencer à ressembler à un procès politique, avec descriptions de mes opinions, faits et gestes. D’autres enseignants du département de Géographie, dont le Directeur Olivier Archambeau, président du Club des Explorateurs et Alain Bué, insistent et menacent d’un scandale.
Le directeur de la Surveillance, qui me dit agir au nom du Directeur du Muséum (où je pensais être honorablement connu), commençant sans doute à discerner le ridicule de sa situation, finit par nous faire une proposition incroyable, du genre de celle que j’ai pu entendre autrefois, comme journaliste, en Union soviétique :
- Ecoutez, si vous me promettez de ne pas parler de politique à vos étudiants et aux autres professeurs, je vous laisse entrer et rejoindre les étudiants...
Je promets et évidemment ne tiendrais pas cette promesse, tant le propos est absurde.
J’entre donc avec l’horrible certitude que, d’ordre du directeur et probablement du ministère de l’Education Nationale, je viens de faire l’objet d’une « interdiction politique ». Pour la première fois de mon existence, en France.
Je n’ai réalisé que plus tard, après la fin de la visite se terminant au labyrinthe du Jardin des Plantes, à quel point cet incident était extra-ordinaire et révélateur d’un glissement angoissant de notre société. Rétrospectivement, j’ai eu peur, très peur..."

 

 

 

Et puis, pour la route (clic pour lire confortablement):

peinture_petit.jpg
source: http://jaffiche.fr/

11/05/2009

Les caméléons

pict6106.jpg
l'eau-soleil
pict6108.jpg
le pont-sentier
pict6117.jpg
le pelage-ciment-terre cuite


Et en dehors du cadre...
Dix ans après, oui, quelque chose comme ça, se retrouver, se reconnaître, se découvrir dans nos vies d'aujourd'hui, raconter les souvenirs, les madeleines, sanglier-cabane-jeunes amours-scooter dans le ruisseau- et tout revient d'un coup et Galant-homme a retrouvé ses vieux copains et à moi cela fait du bien.


09/05/2009

Les petits poissons verts

pict6121ter.jpg
Et croquer crus les craquants grains...

07/05/2009

Notes de lecture #2

Chose promise, chose dûe, puisque cela ne vous barbe pas trop, voici la nouvelle édition de mes récoltes de papier. Je n'y évoque pas ceux qui me sont tombés des mains, je préfère les oublier. Les notes de lecture #1 sont à lire ici.

 

Alice Sebold, Noir de lune:

noir de lune.jpeg

Une femme raconte comment elle en vient à étouffer sa mère, allant et venant entre le récit d'une enfance lugubre et les affres du choix à faire: fuir ou d'assumer ce geste imprévu, mais tellement prévisible. Un "service de presse" recu à la librairie et lu sans enthousiasme, je suis restée sur le pas de la porte, ni dedans ni dehors, une sensation curieuse. J'ai tenu jusqu'au bout mais l'histoire est si amère que j'en suis restée un peu perplexe, et déçue parce que j'avais plongé dans La nostalgie de l'ange sans hésitation.

Un autre avis ici

 

 

 

Marlen HAUSHOFER, Le mur invisible

mur invisible.jpeg

Un livre prêté par ma fée maraine persuadée à raison que j'aimerais cete histoire étrange d'une femme qui se réveille un jour isolée du monde par ce mur invisible au delà duquel tout semble mort. On ne saura pas plus qu'elle se qui s'est produit, mais l'on pense à une guerre atomique. De son réapprentissage de la solitude totale, de la responsabilité des êtres vivants qui dépendent d'elle (quelques animaux qui se sont trouvés dans le périmètre protégé), de son ignorance inquiète de si elle est seule survivante ou non, de son quotidien chargé d'angoisse, désorienté mais aussi empli de petites satisfastions et de joies profondes... Renouer avec ce qui fonde la vie. Galant-homme n'a pas accepté de ne pas savoir le fin mot de cette histoire, alors que cela ne m'a en rien dérangée: l'écriture s'attache au point de vue interne de cette femme, pour qui l'explication est inaccessible, ce qui donne sens à ses états d'âme, à ses réflexions et à ses choix. Un extrait lu ici, pour ce roman qui m'accompagne depuis sa lecture il y a un an...

Un autre avis ici

 

Christian Charrière, La forêt d'Iscambe

foret d'iscambe.jpg

Les hasards font souvent bien les choses, c'est en flânant inconsidérément dans les rayons de ma toute nouvelle biobliothèque de quartier que je suis tombée sur ce titre, que j'ai lu cette 4ème de couverture, et que j'ai plongé avec délices dans ces pages luxuriantes et pleines d'humour. La France est presque totalement recouverte d'une forêt étrange suite à une guerre totale qui n'a laissé que des organisations humaines éparses et dégénérées. Deux Laineux, des mystiques complètement improbables, entreprennent un voyage interdit vers les ruines de la bibliothèque nationale de France à la recherche de manuscrits précieux. L'auteur réussit un tour de force à n'être jamais ennuyeux, toujours lisible au deuxième degré, plein d'ironie bien pensée. Un vrai plaisir, une autre lecture qui m'accompagne sur mes chemins et ne me fait plus voir les stations service comme avant.

Un autre avis ici

 

Michèle Lesbre, La petite trotteuse

petite trotteuse.jpeg

 

Après Le canapé rouge, qui m'avait totalement envoûtée, j'ai craqué pour ce titre. J'y ai retrouvé la lenteur et l'expectative, le traitement envahissant des atmosphères, pour mon plaisir.

Une femme s'est fixé la visite de trente maisons à vendre, lorsqu'elle s'est aperçue que cela l'aidait à faire surgir des souvenirs oubliés. Elle va visiter la dernière maison, renouer le fil décousu de sa mémoire, croiser des gens qui accrochent son regard.

Ma mère n'a pas aimé, tandis que j'ai à nouveau succombé pour la petite mélancolie qui sourd de ces pages.

Un autre avis ici

 

Milena Agus, Mon voisin

mon voisin.jpeg

Un récit très court, écrasé de chaleur, drôlatique et tendre, sur le désespoir d'une jeune mère qui ne sait pas vivre sans homme et va retrouver le goût de vivre grâce au fils de son voisin. Une sorte de friandise littéraire acidulée.

 

 

 

 

 

Annick Bertand-Gillen, Les affranchis jardiniers

affranchis jardiniers.jpeg

Une femme raconte comment elle et son compagnon ont fait d'une roulotte usée par leur cinq années d'errance sur les routes de France, un havre de verdure et de vie au rythme de leur sédentarisation, de leurs apprentissages, de leurs convictions. Le jardin est sublime, les textes sont authentiques et profonds jusque dans la description du quotidien, l'écho de ce choix de vie résonne en moi. Pour tout dire, ce jardin se visite et l'on pourrait bien l'y voir un de ces jours, si la vie m'y conduit.

 

 

 

Savoir revivre

savoir revivre.jpeg

Un vieil album déniché chez ma Grand-mère Lotus, qui ressemble à un curieux manuel pour humains privés brutalement du progrès. J'ai pensé à Ravage, le roman post-cataclysmique de Barjavel (mon chouchou, Barjavel je ne vous l'avais pas dit?).

Les rudiments de couture voisinent avec un petit précis abrégé de jardinage, non loin d'un mémo de prévision météo par l'observation des nuages. Une drôle de lecture, mais je le garde sous le coude, on ne sait jamais ;-)

 

 

 

 

Et en "jeunesse":

Erin Hunter, La guerre des clans

guerre clans1.jpeg

Une série jeunesse dénichée par hasard puisque le premier tome était glissé par erreur dans le rayon adulte d'une bibliohèque de quartier où je n'ai mis les pieds qu'une fois, attirée par une conférence à laquelle je n'ai pu assister faute de place. J'ai erré entre les étagères pour cuver ma déception... Bien m'en a pris, j'ai dévoré ce tome, puis les suivants, et Galant-homme m'a emboîté le pas vaillamment! Un régal, écrit pour la tranche 7-12 ans, mais une petit régression ponctuelle ne fait pas de mal! J'ai trouvé le sixième tome, et je vais de ce pas m'y plonger (quand Galant-homme me l'aura rendu, il me l'a chipé sans vergogne!)

Un jeune chat domestique est invité par un clan de chat sauvages à vivre parmi eux dans la forêt. Il y apprend les règles du clan, la rivalité avec les clans voisins, la confiance et la trahison, la responsabilité et le doute. Et l'humus sous les pattes, la clarté des étoiles, le goût -jamais donné pour rien- de la liberté.

 

 

 

Marie Aude Murail, Miss Charity

miss charity.jpeg

Voilà une couverture qui ne m'aurait pas attirée au premier regard, mais Nathalie, ma collègue libraire, me l'a désigné avec une lumière dans le regard qui m'a convaincue mieux que tous les discours.

Le récit déroule la vie de cette Miss Charity, fille de gens de la haute société anglaise du XIXème, si engoncés dans leurs principes qu'ils la laissent livrée à elle-même, aux bons soins d'une bonne totalement schizophrène. Charity attrape la première bouée qui passe: ce sera une souris. Dès lors elle se passionne pour l'observation de la vie animale et nous la suivons sur ses chemins tortueux et drôles. Marie Aude Murail romance extraordinairement la vie de Béatrix Potter, c'est plein de vie, et tout en nuances en même temps, j'ai dévoré ce gros pavé avec jubilation.

 

 

Bjarne Reuter, L'anneau du prince

anneau prince.jpeg

 

Un jeune garçon de quatorze ans va écouter le disours étrange d'une femme qui lit les ligne de sa main, s'en défier mais pourtant vivre une série d'aventures presque aussi rocambolesques que les histoires qu'il se plaît à enfler comme des grenouilles, en tout cas pas si loin de la prophétie de la vieille Zamora.

Un autre roman jeunesse très épais, que j'ai lu en plusieurs fois, de façon assez hâchée, et que j'ai bien cru arrêter dix fois: pas de complaisance dans ce récit foisonnant, qui donne un sentiment mêlé d'indigestion et de tendresse, parce qu'on y trouve de jolies choses et que c'est bien agréable dans la noirceur environnante.

 

05/05/2009

Cendre, tu retourneras à la cendre

Il y eu cette étape-ci:

DSC00284.JPG
(Vous remarquerez peut-être la collections de charmants produits en bas à gauche: c'est pour ajouter un petit parfum industriel rassurant!)
Sèchage dans la grande cuisine de la maison de Grand-mère Dragonne qui a aussi une petite cuisine, un grand et un petit salon, deux pavillons, un triomphe et un fruitier au second, entre autres. Atmosphère aérée et tempérée: 12 degrés l'hiver environ, im-pec-cable... Pour une activité charcutière, parce que pour y vivre...

De là, on passe directement à cela:

 

pict5796.jpg

Une perte de volume impressionnante au stade des huits semaines de sèchage réglementaires.

 

 

Et enfin, le point sur diverses méthodes de conservation, afin de sélectionner la meilleure:

Congélation: refusée, la graisse rancit malgré le froid et cela brise l'homogénéité de la chose.

Huile: essai pas encore marqué, on a limité les dégâts éventuels (en particulier au niveau des hanches, à vrai dire) en sélectionnant les trois plus petits spécimens.

Vide d'air: je me suis bien amusée à comprendre comment faire brûler un morceau de coton dans un bocal afin d'en épuiser l'oxygène, sans me brûler, mais en fermant assez vite le couvercle pour parvenir à faire effectivement le vide. A voir.

Cendre: sans un oncle bricoleur, dévoué et sans doute alléché par la première photo, aurions-nous passé une heure à tamiser un carton entier de cendre de bois. C'est en tout cas grâce à lui que nous avons plongé la plupart de notre récolte de cheminée (rapport au lieu choisi pour la suspendre) dans une cendre fine, soyeuse, dense, censée isoler à la perfection de l'air qui continuerait de dessécher impitoyablement nos salaisons. Verdict: nous ne savons pas encore si ça marche, mais cette méthode a l'immense avantage de parfaire le goût, de conférer une pointe de je-ne-sais-quoi qui passe vraiment, vraiment bien. N'est-ce pas, les Luny's?

Du coup, nous prospectons pour trouver de la viande en direct d'un producteur local, bio si possible, voire au tarif de gros: l'hiver prochain, nous doublons la mise, au minimum. Il faut bien: ça part comme des petits pains. La classe, quand nous sommes invités (même si les amis nous prennent un tantinet pour des zombies - jusqu'à ce qu'ils aient goûté!

En attendant, deux nouveaux magrets sèchent à leur rythme et j'ai une nouvelle lubie: les rillettes!

 

Edit: conservation à l'huile testée: bof bof! Décidément, la cendre a tous nos suffrages!

 

26/04/2009

Des pentes

La lumière m'a frappée dès le palier sur la rue, une luminosité à mi-chemin entre celle qui irradie les nuages de neige en plein hiver, et les couchers de soleil d'or vif. Plus loin, la nue était de ce bleu-gris curieusement intense et le petit vent guilleret sentait l'orage, présage auquel s'ajoutait le vert des feuilles comme phosphorescent à l'approche de la pluie. J'ai dévalé les pentes de la Croix Rousse, à la rencontre du bus que j'attrape au vol, en me demandant comme toujours si le monde végétal attend, espère, réclame et loue l'eau du ciel. Les verts ne se mettraient pas à luire ainsi si ce n'était pas le cas, non? Ces instants me connectent et me recentrent, depuis aussi loin que je me souvienne. La mémoire est convoquée, de toute façon, j'ai croisé un grand-père, son petit fils par la main, qui chantait d'une voix floue "j'ai reçu planplan, j'ai reçu planplan". Vlan. Le sourire immédiat.

J'avais six ans peut-être, nous étions blottis nombreux au creux d'un gîte, à l'étage une lucarne donnait vue dégagée sur nombre de montagnes, ou de volcans peut-être. La fin du jour plongeait le paysage dans une obscurité claire encore, assombrie par les lourds nuages d'orage, éclaircie par les zébrures lointaines, magistrales. Je me souviens de cette longue contemplation solitaire, magnétique. Jamais plus je n'ai eu peur, si tant est que cela ait été le cas un jour. Comment ne pas comprendre le mouvement qui a poussé les premiers hommes à l'animisme...

J'y monte deux, trois fois la semaine depuis quelques temps. Nous ferions presque aussi bien d'y déménager, cela me couterait moins cher en tickets de bus! Profiterais-je autant de la vue sur Fourvière que l'on a depuis la rue en corniche qui longe la place Rouville? La saison m'offre tant d'étonnements, j'y vois la colline changer à chaque passage, pourtant tellement rapprochés. Les premiers frémissements jaunes des chatons de saule ou de noisetiers, l'éclosion soudaine des bourgeons les plus enflés, premiers moutonnements de grelots vert tendre, minuscules, on peinerait à y reconnaître les robustes feuilles sombres du plein été. Roses, blancs des arbustes en fleurs, assaut des feuilles qui poussent ces fleurs vers la sortie, pluies de pétales. Palette de verts qui n'ont pas encore eu à se durcir sous les chaleurs écrasantes, feuilles tendres des marronniers qui pendent comme des mains fatiguées, rassemblent leurs forces pour bientôt se redresser à l'assaut du ciel nu.

C'est ma richesse en ces temps suspendus où des richesses plus classiques me font défaut, et moi qui m'étais promis de ne plus acheter de fleurs coupées, souci de préservation -d'économie, aussi- et bien, mon petit maraîcher, celui dont les légumes ressemblent comme des frères à ceux de mon jardin, terreux, tordus, amollis en fin de saison, celui qui vend ses oeufs fermiers sous le manteau parce qu'il n'a pas la machine réglementaire, celui qui dit à la dame "non, chez nous, les tomates, c'est pas avant le 20 juin" et me jette un sourire en coin parce qu'il sait que je sais, celui-là avait mercredi des brassées de lila mauve, et j'ai cédé, et il m'a choisi le plus beau bouquet qui lui restait.

Le boucher me demande comment je vais, cela me surprend encore. Six ans à vivre ici, et je n'étais réellement cliente presque nulle part jusqu'à notre entrée au jardin, et Galant-homme a longtemps assuré le marché, alors être reconnue, saluée, au coeur de cette si grande ville, oui, cela m'étonne. Les étapes deviennent rituelles, même si l'on n'achète rien, le bonjour est spontané, on approfondit pas, cela suffit à reconnaître que nous ne sommes plus vraiment des anonymes. Cela ajoute une certaine saveur aux étals familiers.

Je m'en suis retournée chargée, jeunes poireaux, mozzarella, oignon nouveau, truite rose, échalote et lait cru. Je m'en suis retournée légère, embaumée de cette suavité fraîche qu'exhale discrète une tombée de lilas comme celle-là. Plonger le nez dedans me suffit à faire surgir les poules de la grand-mère dragonne, celles que ma soeur taupe "empêchait de pondre parce qu'elle courait trop", et avec ça les mouillettes dans l'oeuf coque, les petits déjeuners-casse croûte, la promesse des patates nouvelles sautées au beurre, bientôt.

Certaines choses changent. J'attends la prochaine étape. Je profite de tout ce que je n'ai pas eu le temps de voir l'an dernier, de ce que je ne verrai peut-être pas l'an prochain, qui sait. Je rêve un moment, j'assure les tâches quotidiennes, j'évite un peu mon travail de chercheuse de travail, je baille -mais qu'est-ce qui me fatigue comme ça?- puis je m'y mets. Certains jours j'ai du mal à sourire au dedans. Mais la plupart du temps, ça va, J'ai attrapé une puce à Pâques, d'avoir trop caressé le chat, elle me pique une fois par jour, ça me rappelle à l'ordre, c'est la saison des orages, je me ménage des lucarnes sur les montagnes au loin, ou bien je contemple un bouquet de lila, et alors ça va.

PICT6062Z.JPG