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27/06/2010

Sang-de-bœuf

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Petit pot - encore - né d'un délicieux moment d'attente où la terre m'a occupé les mains, aux nuances sombres et aux vibrations sûres.
À chaque fois le dernier est celui que je préfère, mais toujours cette couleur qui m'enivre et me ravit.
Savourer la générosité en nature de la potière, au dernier cours, celui où nous devions ranger l'atelier, ce que j'ai assumé, seule sur deux douzaines d'élèves. Ce don de terre sèche, le secret patient et si simple de son éveil, la promesse de la cuisson d'automne et des pétrissages estivaux, collectifs, complices.
Aimer que ma Porteuse d'eau dise que c'est ainsi que s'exprime la gratitude pour les personnes et les lieux: de bon cœur accepter ces taches subalternes pour acte des bienfaits reçus, et s'étonner de recevoir plus encore.
Une dernière pièce émaillée à la va-vite et sans conviction m'attend au four refroidi, premier fruit de mes mains au tour, enfin.

21/06/2010

Monomanie bichromatique

Et hop! La preuve qu'il est réussi, même en format classique!

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05/06/2010

Dans ma tête... *3

... il y a le poivre au crabe ou le contraire, avec les doigts, sur la plage de l'île du lapin, pieds dans le sable et noix de cocos menaçantes, l'eau plus chaude que l'air et les pêcheurs au calfatage. Et puis Pah Dhom et douce Louise à la fête pour un khrama noué à la khmère autour de la tête.

 

 

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Le poivre de Kampot, à Kampot. Le meilleur poivre du monde. N'est-ce pas La cabane verte?

 

 

 

21/05/2010

Nouvelle fournée

Aujourd'hui vous ferez une boîte. Dans la masse, avec un couvercle inclus dans la forme.

Bon. Je n'aime pas trop les boîtes. J'aime les bols, les grands, les petits, les tout-ce-qu'on-veut, mais les boîtes...

Tourne en rond. Réfléchis. Furète dans les vieux exemplaires du magazine de céramique empilés dans l'armoire de collectivité.

Peu de terre pour une petite boîte, au moins elle ne sera pas grosse!

et puis laisse-la cette terre guider les doigts, puisque c'est ça que tu aimes!

Malhabile petit creux d'argile blanche imitant un amour en cage, dont le chapeau tient en équilibre instable sous un émail qui se donne des airs de passé au pinceau - je l'ai trempé pourtant, quelle coquetterie déplacée l'a piqué! On verra après la cuisson...

Cours suivant.

Aujourd'hui vous ferez une boîte. Au colombin, grande et en hauteur, avec un couvercle ajusté.

Bon. J'aime toujours les bols, ça oui, et toujours pas les boîtes. Ou alors celle en raku si belle, si ronde de l'amie douée pour la terre, mais voilà, pas de raku à l'atelier que je fréquente.

(Tu me diras, pour l'histoire de la lessiveuse, et aussi pour la technique du petit saladier?)

Tourne en rond. La tête vide, un peu déçue.

Et puis vas-y, tant pis si c'est raté, tu viens pour apprendre, fais avec ce que tu as.

alors le colombin qui monte, la forme avachie que l'experte me montre comment redresser en tapotant avec un battoir en bois.

La découverte des stries bavardes laissées par cette latte sur ma terre blanche lisse et muette.

Le choix de la couleur de l'émail:  un vieux fond de pot de retaille qui semble donner du vert cendré.

Retaille, joli mot pour un hasard des mélanges, récolte des résidus de tous les émaux agrégés après moults passages dans la cabine de pulvérisation. Souvent ça donne une teinte tellement indifférenciée qu'elle en devient un peu repoussante, mais quelques fois elle vibre et c'est un peu magique.

Et puis entre deux figures imposées, une bidouille pendant que ça sèche. J'ai bien vu qu'il restait du rouge finalement, j'ai profité d'un moment d'inattention, avide.

J'aime et je crains le moment de découvrir les pièces terminées, cuites, toutes brillantes et froides comme des poissons.

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avec ce rouge encore une fois je vois déjà une petite succulente vive.
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Une meringue qui a abusé des colorants alimentaires!
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et une boîte ventrue, une!



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et pour le plaisir, un petit assortiment "feuille de chêne traversée par un rayon de soleil"!
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Pot-vase offert par celle qui est douée: merci!!
saladier glané à la poterie de Crémieu.
Et boîte honnie dont le couvercle se fait discrètement la belle.

18/05/2010

tombé des aiguilles

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Il y a quelques semaines, vu:

-l'approche du dégel

-ma dépendance/fidélité à celle qui m'enseigne tous les rudiments

-le niveau de remplissage de mon agenda

-l'obligation de réitérer mes prouesses arithmétiques pour passer à l'étape suivante

... je croyais qu'il n'était pas prêt d'être monté, et même si, pas prêt d'être porté.

C'était sans compter sur les saints de glace, la faveur d'un échange de journée jardin et une soirée trèèès prolongée sur le thème absolument folichon au goût de Galant homme monter un col et faire de jolies coutures.

Ouf! J'ai même encore quelques chances de le porter sans trop souffrir!

Et comme je l'aime, mon premier gilet de bergère tout moelleux, avec son point de sable et son beau fil aux douces nuances!

 

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06/05/2010

Mon beau batik

Nous avions admiré toute une soirée les batiks colorés mis à l'honneur du restaurant Amok, du nom d'une spécialité khmère à base de curry et de lait de coco.
La serveuse altière s'en était amusée silencieusement, sans se départir de son détachement.
Nous avions osé lui demander où nous fournir, et elle avait proposé de nous guider dans le dédale sombre du Psaar Chas, le vieux marché couvert de siem Reap, veillant discètement à ce que le juste prix nous soit proposé.
Voici le coupon sur lequel j'ai jeté mon dévolu.
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en songeant à la merveille de Flo du Désert.
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Mais Galant-homme a un doute, et du coup, moi aussi.
Alors? ce modèle avec ce tissu, ou non?

03/05/2010

je suis une hackeuse de légumes

et je suis ravie quand mes visiteurs utilisent plus Firefox qu'Internet Explorer.

et je suis censée apprendre prochainement à faire une installation sous Linux.

et pour comprendre cette histoire de grosses légumes allez lire un texte qui résonne:

Pourquoi je veux que mes fils soient des hackers"

Extraits:

"Les hackers sont simplement des individus capables qui veulent comprendre les choses pour eux-même."

"Les hackers se concentrent sur les compétences plutôt que sur les connaissances, les gens ayant les compétences sont ceux qui survivent." par Qchapter

Ça me va.

Ah, si, une chose encore.

Ma nouvelle devise: "Au royaume de l'ignorance, le marketing est roi." par Francois G.

Sachant que l'étendue des connaissances est comme l'univers: en extension... pas de quoi chômer!

En tout cas, ça vous fait de la lecture (commencer par se familiariser avec le monde d'Églantine, pour défricher)!

 

 

29/04/2010

Dans ma tête (bis)

... il y a la couleur angoissante du ciel à travers la fumée, sur la piste en latérite, et tout autour, à perte de vue, la jungle qui brûle par la main des hommes avides. Défrichage sauvage, oublieux des richesses humaines, animales et végétales, moins précieuses que les dividendes rapportés à quelques uns par la monoculture du palmier à huile de palme - pour nos biscuits d'occidentaux bien nourris et nos moteurs de bien nantis.

Certaines choses s'éprouvent abruptement et donnent une amplitude éthique aux gestes du quotidien.

28/04/2010

Torsades

J'ai eu un vrai coup de foudre en passant chez Milie.

Il est magnifique. Ni une ni deux, j'ai sauté sur Ravelry, inscription, commande, jubilation, j'appréhende!

Il me tarde de choisir la laine et les bonnes aiguilles, et surtout d'apprendre...

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25/04/2010

Elle me trotte...

... la complainte de Mandrin.

Pourquoi, je me le demande!

A écouter ici.

Cette ritournelle me conduit sur les chemins de ma mémoire,

Et bien d'autres vieilles chansons me reviennent.

Le prince d'Orange, le Bouvier, le Roi Eugène, que ma mère entonnait en voiture quand nous étions petites.

C'est ainsi que je viens de découvrir qu'elles peuvent toutes être écoutées , et bien des paroles sont ici.

Et pour tout dire, c'est délicieusement désuet.

 

Nous étions vingt ou trente
Brigands dans une bande,
Tous habillés de blanc
A la mode des, vous m'entendez,
Tous habillés de blanc
A la mode des marchands.

La première volerie
Que je fis dans ma vie,
C'est d'avoir goupillé
La bourse d'un, vous m'entendez,
C'est d'avoir goupillé
La bourse d'un curé.

J'entrai dedans sa chambre,
Mon Dieu, qu'elle était grande,
J'y trouvai mille écus,
Je mis la main, vous m'entendez,
J'y trouvai mille écus,
Je mis la main dessus.

J'entrai dedans une autre
Mon Dieu, qu'elle était haute,
De robes et de manteaux
J'en chargeai trois, vous m'entendez,
De robes et de manteaux
J'en chargeai trois chariots.

Je les portai pour vendre
A la foire de Hollande
J'les vendis bon marché
Ils m'avaient rien, vous m'entendez,
J'les vendis bon marché
Ils m'avaient rien coûté.

Ces messieurs de Grenoble
Avec leurs longues robes
Et leurs bonnets carrés
M'eurent bientôt, vous m'entendez,
Et leurs bonnets carrés
M'eurent bientôt jugé.

Ils m'ont jugé à pendre,
Que c'est dur à entendre
A pendre et étrangler
Sur la place du, vous m'entendez,
à pendre et étrangler
Sur la place du marché.

Monté sur la potence
Je regardai la France
Je vis mes compagnons
A l'ombre d'un, vous m'entendez,
Je vis mes compagnons
A l'ombre d'un buisson.

Compagnons de misère
Allez dire à ma mère
Qu'elle ne m'reverra plus
J' suis un enfant, vous m'entendez,
Qu'elle ne m'reverra plus
J'suis un enfant perdu.

22/04/2010

bonne pâte

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Au Musée de l'imprimerie, rue de la Poulaillerie, Lyon 2ème.
C'était la première fois et je découvrais ce magnifique bâtiment.

C'est fou comme ça donne envie d'y mettre les mains.

Voilà sans doute pourquoi je lorgne sur ceci:
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Il faut dire qu'en le feuilletant j'ai découvert des recettes incroyables,
comme par exemple du papier à base de feuilles d'aubergines, ou d'épluchures de légumes.
après le compost, la cuisine des épluchures,
un usage de plus pour va-lo-ri-ser!
J'avoue, je trépigne d'envie de le posséder, ce bouquin-là.

Et parce que les envies sont toujours articulées je lorgne aussi sur cela:
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Elle est douée, non?
C'est une gomme, sculptée pour en faire un tampon.
De son avis, c'est simple comme un sourire...
Je ne suis pas prête de me lancer!

19/04/2010

Le fruit de mes recherches

Les bibliothèques sont le trésor de l'humanité.

Ça me rappelle un très bon bouquin, d'ailleurs.

Bref.

Puisque les secrets de fabrication, ça se partage, voici le fruit d'une demi-journée de compulsage compulsif au silo de la Part Dieu.

Loués soient les manuels de C.A.P.

Préparez-vous, c'est beaucoup moins digeste que le produit fini (mais ça permet de le réussir, alors ça vaut bien un petit effort!)

LA VIANDE

Apprenez d'abord que la meilleure viande pour le saucisson, c'est la viande de coche. C'est-à-dire de truie. Allez dire à un boucher que vous voulez de la viande de truie, on vous regarde.Donc, de la viande de porc bien nourri sans OGM ni piquouzes à tout va, ce sera déjà pas mal.Bon, si c'est du porc gascon, c'est sûr, c'est bon, mais on s'expose alors à certaines difficultés.

Donc.

Il faut de un quart à un tiers de gras dur, dit de bardière, pour deux tiers à trois quarts de maigre pris dans le jambon, la longe ou l'épaule, le must. La gorge, c'est vachement plus compliqué pour les calculs de proportions vu que c'est tout entrelardé, mais ça peut se faire aussi. La viande sera réfrigérée entre -2 et +2C°pour contrebalancer l'échauffement du gras durant chaque étape de transformation (c'est là que le porc gascon est exigeant: le gras dur se liquéfie à toute vitesse et on se retrouve à embosser à la main, ce qui est quand même beaucoup plus long. Enfin, ce n'est un "problème "que quand on a inconsidérément investi dans un petit bijou culinaire précisément conçu pour nous éviter ça)

SEL, SUCRE

Les taux de sel actuellement admis varient entre 28 et 30g du kilo, c'est un minimum sanitaire il paraît (ils rigolent pas, les apprentis charcutiers). Jusqu'à 35, ça peut aller, les anciens mettaient allègrement 40g mais avec la dessiccation le sel finit par devenir omniprésent, et ça donne soif, ce qui peut être fâcheux en cas de présence d'une bouteille de bon vin lors de l'exhibition du-dit produit maison. Ou pas, à chacun de voir. Du sel gris (non raffiné) séché à four doux pour supprimer l'humidité indésirable, puis moulu fin, est préférable, mais si on n'a que du sel de table bien blanc, ça marche quand même, c'est juste un peu dommage.

Le sucre est indispensable, il va nourrir les bons germes et permettre la fermentation attendue: entre 2 et 10 g par kilo de viande selon les recettes, les manuels techniques conseillant de ne pas mettre moins de 6g par kg de maigre.

Il convient la veille d'ôter tous les petits morceaux de gras attachés au maigre, de le couper en morceaux de la taille d'un petit œuf, et d'y saupoudrer la totalité du sel et du sucre, avant de réfrigérer soigneusement.

POIVRE, ÉPICES, ALCOOL

Le poivre noir, exclusivement moulu, chez moi, pour une meilleure répartition des saveurs, est incontournable. Selon les recettes mettez entre 2 et 6 g par kg de viande; sachez que le meilleur poivre du monde est celui de Kampot, je le confirme pour l'avoir goûté (et regoûté, et re-re-gouté), et qu'un saucisson au poivre de Kampot doit certainement gagner beaucoup, même s'il coûte un bras. De toute façon le poivre est à infuser pendant 24h - à prévoir donc la veille - avec les autres épices éventuelles: ail, muscade, macis, girofle, piment, laurier feuille à infuser, thym... tout ensemble ou au choix, et même rien si on n'aime pas, chacune autour de 1g par kg. Oui, il faut une balance sacrément fine. En même temps, mieux vaut transformer par fournées de 5 ou 6 kg, ça aide un peu pour la pesée, mais un pèse lettre ne serait pas superflu). Et donc, qui dit macération, dit vin rouge (entre 5 et 15 ml par kg de viande), éventuellement additionné de rhum (3 ml par kg), parce qu'on est en droit de ne rien se refuser.

Note: l'ail en poudre est à privilégier en raison d'une propension de la version crue fraîche à fermenter hors de propos, paraît-il.

FERMENTS ET FLEUR

Pour favoriser la "bonne fermentation", qui en démarrant le plus vite possible empêchera la putréfaction, on peut adjoindre des ferments de maturation (staphyloccocus micrococcaceae, lactobacillus, pediococcus, levures debaryomyees hansenii), à hauteur de 10 puissance 6 à 7 germes par kg, faites-moi signe si vous arrivez à trouver ça, même "pas facilement". Il est apparemment inutile d'adjoindre des ferments pour yaourts, lesquels s'activent généralement à partir d'une certaine température, que le saucisson n'atteindra pas.

On peut corser le tout et ajouter de la fleur (penicillium nalgiovenis lyohpilisé  - 10 puissance 6 germes par ml) diluée dans un peu de sérum physiologique (c'est juste de l'eau salée selon des proportions précises qui doivent bien se trouver facilement sur le net mais là, j'ai un peu la flemme de chercher), le tout devant être pulvérisé sur les boyaux après embossage. Ceci peut être remplacé par un peu de farine de riz ou de cendre de bois tamisée très fin, saupoudrée sur les saucissons frais. On peut aussi, éventuellement, rouler les saucissons tout juste embossés dans du sel gris concassé, mais je ne sais pas à quoi ça sert, à part à re-saler.

Le salpêtre est un conservateur, on peut le commander en pharmacie sous le nom de "préserv'jambon". Le dosage est indiqué sur l'emballage (attention, un excès de dosage peut être toxique). Le salpêtre a l'avantage de limiter les risques de putréfaction, tout en donnant une jolie couleur à la salaison. Mais son usage fait polémique, en tant qu'adjuvant chimique. Mieux vaut privilégier l'ajour de ferments, à mon sens. attention, certains pharmaciens peu au fait des choses de la charcuterie vous vendent du Préserv'jambon en certifiant que c'est un mélange de ferments: méfiance!

BOYAUX

J'oubliais, le détail sans quoi un saucisson n'est pas un saucisson: le boyau. Naturel, entre 35 et 85 mm de diamètre, il sera choisi dans le menu, le sac, le chaudin ou le fuseau, et trempé entre 35 minutes et 2h à l'eau froide, puis rincé à l'eau vinaigrée (30 à 50 ml par litre) tiède juste avant l'embossage. Ça, c'est la théorie. en pratique, j'ai fait comme j'ai pu, sachant que le boyau se déshydrate extrêmement vite à l'air libre et qu'il vaut mieux le conserver au frais en attendant de s'en servir. J'ai un avantage, celui que j'ai utilisé n'était pas conservé au sel, donc trempage nettement réduit.

 

Passons aux choses sérieuses:

HÄCHAGE

Le jour dit, la première opération sera de hâcher séparément votre gras et votre maigre, "gros" pour le premier (grille de diamètre 8 minimum), plus "fin" pour le second (grille de diamètre 6 minimum).Il est à savoir que plus le hâchage est gros, mieux c'est. Le gros risque étant la fonte du gras, appelée "farcissage", il peut être utile de réfrigérer le gras à -5 voire -10 C°. Le maigre peut se contenter de +2 à +5 C°. En tout état de cause il est impératif de limiter tout échauffement de la viande tant pour éliminer ce problème de fonte que pour endiguer toute prolifération bactérienne indésirable, ce qui conduit les spécialistes à conseiller de travailler la viande par petites quantités qu'on sortira à mesure du réfrigérateur, et qu'on y remettra le plus vite possible, le tout dans un local ne dépassant pas une température de 10 C°. En hiver, les conditions climatiques permettent de travailler dehors - sympa mais très frisquet, Galant Homme s'en souvient.

MÉLANGEAGE

Une fois que toute la viande est hâchée, il convient de mélanger d'abord le maigre avec les condiments, le gras venant en dernier, et le tout devant rester très froid. Ne pas pétrir et prendre garde: la température des mains suffit à activer la fonte des gras: ne pas s'attarder sur cette étape, utiliser le crochet du robot pendant moins de 3 minutes (pas de lame, qui recouperait la viande et conduirait à d'autres problèmes), bien réfrigérer  à nouveau.

EMBOSSAGE

A partir de là, on s'organise pour sortir de petites quantités à la fois, qu'on va embosser, c'est-à-dire mettre dans les boyaux. Les pros laissent toute la longueur du boyau, et font les nœuds ensuite. Nous ne sommes pas des pros, j'ai donc découpé des longueurs déterminées, nouées à une extrémité (ne pas lésiner sur l'intrication ficelle-boyau, au risque de voir votre beau saucisson dégringoler par terre après quelques minutes de suspension.), l'autre extrémité étant simplement repliée après embossage: ça colle tout seul, au besoin en humidifiant légèrement. Il convient de choisir le plus grand cornet adaptable à la taille du boyau (quand on a le choix). La totalité du boyau doit être passée sur l'embout, et il faut soutenir le saucisson durant l'opération tout en chargeant la chair dans la trémie, ce qui rend difficilement envisageable de réaliser cette étape seul. L'embossage étant une étape très technique, mieux vaut trouver des images pour s'en inspirer. La difficulté est de remplir le boyau au maximum pour ne laisser d'air ni dans la farce, ni entre la farce et la membrane, donc en tassant bien, mais sans parvenir au point de rupture, qui ne prévient pas. D'expérience, il faut deux à trois saucissons pour prendre le coup de main, et un tassage complémentaire peut se faire manuellement après l'embossage, pour réduire les poches d'air. Si vous êtes plusieurs, déterminez rapidement qui est le plus doué (qui réalise les saucissons les plus dodus et les plus fermes.) A savoir, le boyau laisse sur les mains une odeur de tripe fraîche pendant plusieurs heures, ce qui m'a valu le désamour temporaire d'un tout petit cousin qui a fini par me dire de but en blanc que je puais. Il n'avait pas tout à fait tort, selon moi, même s'il semble que tout le monde ne soit pas en mesure de percevoir cette odeur. Je me demande si les "savons" métalliques désodorisants sont efficaces, ce pourrait être plus confortable.

ÉGOUTTAGE ET SÉCHAGE

Ensuite, on passe à l'égouttage. C'est-à-dire, qu'on fait de jolies boucles avec notre ficelle et qu'on suspend notre production sans aucun point de contact entre deux saucissons (un manche à balai entre deux poutre fait parfaitement l'affaire), environ 12h à l'air libre, entre 10 et 15 degrés. Si l'on a usé de ferments, on étuve: on laisse les saucissons 48h, entre 20 et 24 C°, avec une hygrométrie idéale de 85 % et 0,4mètre par seconde de ventilation (ces deux critères n'ont pas été contrôlés lors de cette étape: nous n'avons pas encore un atelier d'abattoir perfectionné dans l'arrière cuisine!

Ensuite, c'est l'opération séchage, à 11-13 C°, dans un lieu doucement ventilé (grenier plutôt que cave , mais chez nous une cave a parfaitement fait l'affaire) et idéalement pourvu de 70% d'humidité (c'est plus facile avec un séchoir de pro, réglable et programmable!). Cette étape dure entre 4 semaines et 3 mois selon les conditions et le goût de chacun. Les saucissons sont considérés comme prêts lorsqu'ils ont perdu 30% de leur poids.

La fleur ressemble à une farine blanche et parfois bleue, elle apparaît progressivement si le saucisson mature dans de bonnes conditions, il ne faut pas l'enlever, mais l'encourager au moins mentalement à coloniser l'ensemble de votre production

CONSERVATION

La meilleur conservation est sous vide d'oxygène: il suffit de mettre deux ou trois saucissons dans un bocal en verre à stériliser, garni de son caoutchouc, d'enflammer un coton et de fermer le bocal. L'oxygène est ainsi consumée, il faut forcer un peu pour rouvrir le bocal (plusieurs tentatives m'ont été nécessaires pour être sûre de maîtriser le truc! Ce serait plus simple avec une machine à mise "sous vide" mais il faut investir, et la consommation de plastique n'est pas négligeable, sans compter le flou artistique sur la réalité de l'existence de plastiques alimentaires.

La conservation dans la cendre ainsi que la congélation n'empêchent pas le gras de rancir au bout d'un certain temps. La conservation dans l'huile d'olive donne quant à elle d'assez bons résultats si l'on aime un résultat passablement gras.

Un enrobage dans de la cire d'abeille pure semble avoir été pratiqué autrefois: si quelqu'un teste...

RÉCUPÉRER UN FARCISSAGE

Si jamais votre gras farcissait avant ou pendant l'embossage, donnant l'aspect d'une rillette, il faut transformer la chair concernée en pâté. C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés avec un joli lot de cochon gascon complétement farci. J'ai ouvert tous les boyaux et tourné autour un bon moment en me demandant comment faire. J'ai fini par me lancer, en faisant cuire longuement du chou frisé, du magret de canard, et la viande inutilisable. Galant Homme a ensuite passé le tout au hachoir fin et nous avons mis en bocaux avant de stériliser une bonne heure à l'eau bouillante. Le résultat reste un peu salé à mon goût mais au moins, rien n'a été gâché et finalement c'est bien agréable d'ouvrir une boîte de pâté maison quand on a envie d'une tartine de bon pain bis avec des cornichons!

 

A titre indicatif, les prix varient de 6,50 à 14 euros le kg de viande (gras et maigre confondus), selon le boucher, la qualité bio, la race du porc...

 

Vous savez tout ce que je sais. À ceux qui se lanceront suite à ce topo: les photos, compléments techniques et avis sont les bienvenus!

 

Pour aller voir de plus près:

 


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Le saucisson sec, par Eugène Dabin et Roger Jussiaux, ERTI éditeurs, collection science et technologie des métiers de bouche, 1994 (techniques et dosages)

 

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Les charcuteries maison, par Bruno Ballureau, Rustica éditions, collection secrets et savoirs-faire, 2003 (recettes variées, y compris pour réaliser des saucisses à griller, à bouillir, et des saucissons d'âne, de bœuf, de chèvre...)

 

 

 

 

16/04/2010

dans ma tête

... il y a l'image de deux jeunes filles Chams, élancées, altières sous leur foulard drapé, élégantes et singulières dans la poussière de la route entre Kampot et Kep.

Certaines choses ne se capturent pas, mais s'impriment d'une drôle de façon.

09/04/2010

aujourd'hui.... (+édit)

... je me cogne aux murs de mon cerveau.

C'est trop petit pour danser, là-dedans.

Mais il paraît qu'à folle demande point de réponse.

 

Alors je pioche dans ce qu'on m'offre et il en sort :

« Il n'y a qu'une servitude qui soit honorable, c'еst сеllе dе lа
rесοnnаissаnсе. »
F. Sauvage

 


Ça me va. Pour aujourd'hui, c'est assez.

Pour demain aussi.

en attendant, puisque les trains sont décidément assez défavorables,

je m'en vais voir les mots de Coline qui aime les gens

comme le chat qui s'en va:

toute seule.

 

Pour voir la belle bande annonce et le site plein de ressources, c'est par là

 

 

Édit d'un peu après:

COUREZ-Y!!!

Bon sang.

C'est la première fois que je vois des groupes de personnes encore assises à discuter des enjeux bien 10 minutes après que l'écran s'est éteint. Ils ont sûrement fini par demander aux gens de libérer la salle, ceux du cinéma. Dans le hall, j'ai entendu une femme parler de sa responsabilité d'agir, en tant qu'adulte, maintenant qu'elle comprenait. De l'inédit, pour moi. Ça fait du bien.

D'utilité publique, laïque, gratuite (ou tout comme) et obligatoire.

Juste dommage que j'aie toujours le mal de mer avec les prises de vue caméra sur l'épaule.

Je viens de mettre le doigt sur ce qui me trotte depuis mon retour.

J'ai des cogitations en perspective, encore, mais l'iceberg s'est retourné.

Merci Coline.


31/03/2010

PAR-FAITS!

Ils sont parfaits, bien poivrés, pas trop salés, avec un joli piqueté de gras, un début de fleur appétissante, une teinte impeccable, et assez secs pour être entamés...

Il faut que je les cache, incapable de résister à l'appel!

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ça en jette hein?

29/03/2010

Babel

Un coup de foudre pour ces visages aux yeux clos, aux parures organiques, au modelé sensible.

Je me ferais bien mécène,

que ne suis-je rentière!

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Et puisque c'est fini, pour ne rien louper des modestes mais hautement qualitatives programmations du Bocal, gardez un œil ouvert!

plonger dans l'ellipse

juste parce que Le lézard a touché juste et que les mots ne sont pas prêts, remonter le mécanisme et reprendre le fil, en attendant que l'écheveau se dévide.

24/03/2010

le tour de la pendule

Atterrir.

Couver mon jetlag.

Prolonger la magie.

Dooormir.

Reprendre pied.

Lorgner les jonquilles.

Chercher mes mots.

Chercher mes marques.

Tourner (7x7) fois mes idées avant de parler.

Moi, dieu merci, qui vis.

Ici!

 

 

 

27/02/2010

sur le pont...

Akä et ses myosotis sont partance pour le Cambodge...

.

.

.

Retour pour accueillir le printemps.

.

.

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Si la tempête les laisse décoller du tarmac!

 

17/02/2010

Parce que je préfère me souvenir des belles choses

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