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20/12/2010

avec les os de la baleine, avec l'empreinte du serpent...

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Marie Eve Ginhoux manie le graphisme avec une délicatesse frappante. J'ai craqué pour son interprétation très personnelle et très poétique du Rorschach, taches d'encres dans lesquelles on devine une image... Ces fillettes ont bondi au creux de mes mains, mais j'ai eu bien du mal à partir sans Vassilissa la sage chevauchant une limace et sans les enfants rêvants de rouges-gorges, accoudés à la table de la cuisine, à retrouver dans ses galeries aux rayons assiettes et pichets 2010.

 

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Stéphanie Martin travaille dans un esprit de contrastes et elle sait animer la matière en jouant naturellement avec les textures, la matité, l'aléatoire. Elle me donne envie d'apprendre à travailler la porcelaine.

 

 

 

 

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J'avais croisé les créations d'Océane Madelaine aux Tupiniers du Vieux Lyon, en septembre, mais m'y étais tenue sage. Nouveau détour et la vibration est intacte, comme un souvenir immémorial, lié peut-être à son talent pour façonner des bols à la forme des mains. S'y ajoute une plume lumineuse, une réflexion dense autour de la terre... A lire sur son site, puisque je ne trouve pas sur la toile le très beau texte du dossier de presse de l'expo Jeune céramique 2010, à l'initiative de l'asociation Arte Diem à St Chamond, d'où proviennent ces pièces.

 

 

 

...

 

Cela valait le coup de m'en aller toute seule par les chemins, malgré la neige glacée pour feston aux routes et le bleu du ciel qui m'attirait au dehors. Cela valait le coup de vaciller au moment où la dame qui veillait sur l'expo m'a demandé si j'étais céramiste, de soudain me prendre à rêver, peut-être, un jour, après un long apprentissage, dans une autre vie... Et cela valait le coup, de céder à l'envie de beauté, et revenir en couvant mes trésors, et en songeant à cette matière que l'homme sait rendre à la vie, à la poésie, lorsqu'il y met assez de sueur, de patience. Une certaine transcendance... Comme là:

 

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Exposition Grand Nord, Grand Sud, à l'abbaye de Daoulas cet été, en partenariat avec le Musée des Confluences, pas encore sorti de terre mais riche d'une collection dont cet aperçu laisse présager la richesse. C'est pour cela que j'irai certainement voir ça de plus près, au Musée gallo-romain de Lyon-Fourvière du 16 décembre 2010 au 8 mai 2011:

 

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15/12/2010

Notes de lecture # 5, et dans le désordre

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La passion Lippi, Sophie Chauveau

L'histoire romancée de Fra Fillipo Lippi, dans une atmosphère de Renaissance italienne suffisamment documentée pour être perceptible, assez équilibrée pour donner vie et chair aux personnages.

De temps en temps, j'aime bien m'immerger dans un roman historique, ici je n'ai pas été déçue, sans plus.

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La course au mouton sauvage, Haruki Mrakami

Un homme qui n'arrive pas à habiter pas sa vie se retrouve par une suite d'évènements sur lesquels il n'a aucune prise amené à entamer un curieux périple à la recherche d'un mouton bien spécial. Ce qui l'oblige à regarder ses non-choix en face, à lâcher prise, à se reconnecter avec ses émotions.

Reçu de Loula lors d'un mémorable miniswap Thé qui m'avait comblée, je suis entrée dans cette histoire tordue sans m'en rendre compte, et au final, j'ai été envoûtée par cette ambiance particulière.

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Le maître des Chrèques, Walter Moers

Dans une ville dédiée à la maladie, un jeune mistigriffe malmené par l'existence se retrouve lié au Maître des Chrèques (les chrèques étant des créatures herboristes persécutées pour leurs pouvoirs de guérisons trop efficaces). Le contrat qui le sauve le promet néanmoins à une mort proche, et pour une cause des plus désagréables. Sa lutte pour survivre, ses facultés insoupçonnées et ses alliances improbables le conduiront de révélations en découvertes, jusqu'au jardin insoupçonné de la dernière Chrèque de la ville. Le tout dans une atmosphère de gourmandise toute particulière, puisque la gastronomie la plus fantaisiste est à l'honneur à la table du Maître des Chrèques.

Quel régal! Un rythme enlevé, un univers réellement unique, un style fluide et ludique, je me suis régalée - Galant-homme aussi! Et ici, l'avis de Loula, grâce à qui j'avais noté ce titre, sur un carnet spécial bibliothèque.

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Le Royaume de Kensuké, Michael Morpugo

Un tout jeune garçon s'échoue sur une île déserte... Ou presque: il va se lier peu à peu d'amitié avec un vieil homme naufragé bien longtemps auparavant dans des conditions dramatiques qui se répercutent sur leurs relations. L'histoire tendre d'un apprivoisement mutuel, imprégné du chagrin profond du jeune héros, incapable de renoncer à l'espoir que ses parents le retrouvent.

Un roman jeunesse à l'atmospère généreuse et profondément humaine, qui m'a beaucoup plu.

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Le fruit du dragon, Claire Ubac

Une adolescente en crise se retrouve embarquée dans des vacances qu'elle avait rêvées bien différentes, au coeur d'un Vietnam qu'elle va apprendre à découvrir et à aimer malgré elle, ce qui lui permettra d'accéder à une compréhension nouvelle d'elle-même et de sa famille.

Un sympatique roman jeunesse sur l'exil, la révolte adolescente, les remaniements identitaires et l'héritage inconscient: bien sûr, cela fait écho.

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Les déferlantes, Claudie Gallay

Une jeune femme missionnée pour un comptage d'oiseaux sur la côte bretonne se laisse envahir par de vieux secrets de famille, qui ne la concernent pas mais trouvent en elle une voie pour se faire jour, et ainsi s'apaiser.

Peut-être pas un "grand" roman, mais des personnage croqués avec malice, une intrigue amusante et touchante, et suffisamment d'embruns sur granit par là dessus pour m'emporter ailleurs, à un moment où ce que je vivais requerrait un temps d'évasion quotidienne pour éviter de sombrer.

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De bons présages, Terry Pratchett et Neil Gaiman

Terry Pratchett et Neil Gaiman s'allient pour conter l'histoire d'un ange et d'un démon déterminés à éviter que les projets de fin du monde de leurs patrons respectifs n'aboutissent. Parce que, à la fin, ce monde, ils s'y plaisent bien.

C'est drôle, rythmé, haletant, parodique, sensé, tendre, bref, délicieux. Cela me fait penser que j'ai oublié un titre de Neil Gaiman lu il y a quelques temps.

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L'étrange vie de Nobody Owens, Neil Gaiman

 

Nobody Owens vit retiré du monde dont il ignore tout, depuis aussi loin qu'il s'en souvienne, au coeur d'un cimetière haut en couleurs. Mais la menace à laquelle il a ainsi été soustrait va croître et il lui faudra cheminer et apprendre s'il veut y échapper. 

Un très beau roman, où l'écriture prend soin de donner une réelle épaisseur à chaque personnage sans que cela pèse jamais, une inventivité réjouissante, différents niveaux de lecture qui permettent sans aucun doute d'effacer la barrière du roman jeunesse.

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La grammaire est une chanson douce, Erik Orsenna

Deux enfants naufragés perdent leurs mots dans la tempête et échouent sur une île où ils entreprendront un doux voyage pour réapprivoiser leur langue.

Un très court roman plein de malice, déterminé à nous faire sentir la richesse des langues - toutes les langues.

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les cygnes sauvages, Jung Chang

Une jeune femme chinoise entreprend de raconter l'histoire cahotique de sa famille prise dans l'histoire politique de son pays, sans manichéisme, avec une détermination sans faille à révéler toute l'ampleur du mépris du Parti pour l'être humain.

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Enfant de la jungle, Mickael Morpugo

Un service de presse confié par mes libraires préférés - ayant donc très récemment découvert cet auteur, j'avais un a priori positif; j'ai aimé cette histoire militante, à destination des pré-ados, inspirée de ceertains évènements récents de l'actualité mondiale. Un garçon de 9 ans se promène à dos d'éléphant sur une plage indonésienne lorsque se produit un tsunami. L'éléphante s'enfuit dans la jungle, lui sauvant la vie mais le coupant de la civilisation. Il va devoir apprendre à communiquer avec cet animal qui le fascine, pour survivre dans un environnement dont il ignore tout, et sera confronté à bien des épreuves qui lui permettront de surmonter le deuil de ses parents et de se construire une identité en accord avec cette expérience sans équivalent.

Sans compter une écriture agréable bien que la cible soit un peu trop sensiblement "jeune", la cohérence de la démarche humaniste de l'auteur m'a séduite; je ne croyais pas être embarquée pourtant: les histoires exotiques, jungle et aventure, d'habitude, bofbof...

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Le combat d'hiver, Jean Claude Mourlevat

J'ai sauté sur ce gros volume de Mourlevat à la bibliothèque dès que je l'ai aperçu, convaincue d'être conquise. Pari tenu sans riques, j'ai une confiance aveugle dans le nom sur la couverture...

De grands adolescents internés dans des orphelinats où on leur mène une vie plus que rude vont s'allier, reconstruire peu à peu leur histoire, retrouver la mémoire, et s'engager dans une lutte inégale contre un régime politique aussi brutal qu'on peut l'imaginer, en faisant fi de la prudence et de la peur. J'ai pensé un bref moment à un très mauvais roman de Pierre Bordage lu l'an dernier, en me réjouissant de tenir là une vraie belle et bonne façon de traiter le totalitarisme et la résisance.

10/12/2010

Palette d'hiver

 

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Sous la couche de terre protectrice, éclatants pigments

qui augurent la saveur

des bricks de navet tatins au miel et thym,

de la potée chaleureuse,

des radis raves poêlés à l'huile de noix,

des carottes glacées au cumin,

du chou rave braisé...

 

05/12/2010

La saveur de novembre

Renforcer des liens autour d'un dîner charmant, me faire passeuse à mon tour, parler vrai de choses qu'on ne dit pas souvent, ni à n'importe qui. Réitérer, avec d'autres qui comptent aussi. Et d'autres, et d'autres. Sentir ma chance.

Accompagner et sentir que c'est juste. Percevoir la pierre froide du banc à travers le velours et le soleil sur ma face et l'eau glissante du Martenin et l'incandescence des frondaisons, enfin.

Offrir un bouquet d'anémones désuettes à une Grand-mère dragonne pour lui tenir compagnie sur son lit d'hôpital. S'amuser de son plaisir. Me réjouir des jolies rencontres in-extrémis que la vie lui réserve encore, même si le chagrin est de la partie et qu'elle en aurait voulu plus. Me dire que rien n'est jamais perdu.

Me coltiner longuement le moule en fonte sur la cuisinière à bois dans le soir tombant, gâcher deux fournées et demi, mais finalement réussir la cuisson des fameuses gaufres en forme de coeur, et en retirer une sacrée satisfaction, toute au plaisir des réminiscences de l'enfance et de la difficulté surmontée.

Me demander comment aider. Aider sans m'en rendre compte. Imprévoir. Rester calme et confiante.

Découvrir que ma fatigue a pour nom hypotension. Me reposer. Me prélasser à l'orientale, siroter un Genmaïcha à la japonaise, et goûter la douceur du soleil qui filtre à travers la ramure des bouleaux du Palais Saint Pierre à la lyonnaise avec Soeur taupe, réaliser que nous faisons curieusement tout à l'unisson ces temps-ci sans concertation. Peut-être pour compenser mon impossibilité à l'accompagner de l'autre côté de la terre, alors que nous le voudrions tant toutes les deux?

Voir venir, désamorcer, ployer sans rompre et ressortir plus forte, affermir un peu mes assises et tenir ma patience.

Repousser les inquiétudes. Confire les aulx du jardin au feu de bois. M'offrir une merveille et la laisser négligemment sur l'accoudoir du canapé pour que tout le monde puisse en profiter. Et moi d'abord chaque fois que je passe devant.

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(clic sur l'image)

Novembre est fini, et j'en oublie. Bonjour Décembre!

 

 

01/12/2010

petite liste taguée de 15 auteurs qui ont compté

J'étais sensée avoir 15 minutes pour la rédiger, et transmettre le tag à 15 blogeuses, mais je fais tout dans le désordre et puis tant pis, mais merci Loula, pour cette petite liste qui fait du bien!

Je m'y jette avant de sombrer, et foin des falbalas, comme ça vient, et parfois sans explications:

Barjavel pour La nuit des temps, découverte inoubliable liée à un concours lecture en classe de troisème, et à la prof de français la plus passionnante que j'aie eue. J'ai lu et aimé tous les romans, grignoté la moitié de ses chroniques regroupées dans un énorme volume qui reste mon seul et unique livre de chevet, adapté un de ses courts textes en théâtre d'ombres grâce aux LU des Luny's, à ma Taupe et à Pah Dhom, corné des pages pour une idée qui me touchait, hanté des librairies à la recherche d'un titre que je n'aurais pas encore lu; Galant-homme est même allé jusqu'à me dégoter Cinéma total sur internet...

Yves Frémion pour Tongre, et encore une histoire de prof, celle de 5ème, qui avait juré me convertir à la science fiction: gagné.

Fred Vargas et sa vive plume, son amour des personnages.

Anne Rice et ses chroniques de vampires pour le petit côté régression vers mes années adolescentes romantiques et sombres.

Robert F Young pour le Baleinier de la nuit, choisi pour le titre et l'illustration sur le table du CDI de mon lycée, puis Le dernier Ygdrasil offert par Galant-homme, deux merveilles.

Giono sur lequel j'avais tant buté quand c'était une lecture imposée, à ce seul motif inconséquent, alors que j'aime...

Alessandro Barrico pour Soie, puisque je n'ai jamais réussi à entrer dans ses autres romans, alors que celui-ci m'a transportée d'un coin de cheminée vers des terres lointaines, mais aussi intérieures.

Le Clézio, pour Voyage au pays des arbres, Lullaby, Etoile errante... et cette plume à la fois contemplative et doucement mélancolique.

Marguerite Yourcenar, pour les Nouvelles orientales et L'oeuvre au noir, deux joyaux.

Jorn Riel pour Le jour avant le lendemain, sa façon de conter sans concessions, avec authenticité.

Aarto Paasilina pour le Lièvre de Vatanen, sa fantaisie inimitable.

Ray Bradbury pour Chroniques martiennes et Farenheit 451, deux monuments.

Luis Sepulveda pour L'histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler, petit bijou de drôlerie et de générosité.

Martine Delerme pour Fragiles, et l'illustration du funambule qui n'en finit pas de m'accompagner.

 

Et Colette pour tout, et Terry Pratchett pour le rire, et Tracy Chevalier pour l'acuité de La jeune fille à la perle, et puis les gros recueils de contes en tous genre que j'ai dévorés dès que j'ai su lire seule, et Le journal champêtre d'Edith Holden pour le goût d'égrner les saisons, et 1984 de Georges Orwell pour l'ampleur, et Tezuka pour Bouddha ou l'histoire des trois Adolf, et ...

J'ai envie de me plonger dans un bon bouquin, emmitouflée dans un plaid, maintenant, c'est malin!

 

20/11/2010

La boucle, ou le parfum des oeufs à la neige

En mai mes pas me ramenaient là où j'ai vécu, là où j'ai achoppé, sous l'injonction joyeuse de l'institution qui me missionnait et l'ignorait en beauté. Inattendue retrouvaille du bourg de mes années d'écolière, tant d'angles insoupçonnés - superbe début d'été.

La route maigrelette, le dos rond de la colline, miroitement bleu du champ de blé, avoines échevelées, flaques carminées des coquelicots sous le vent léger. L'aspect si verdoyant de la courte montagne, de la vallée trop habitée, vues depuis là-haut. Les trajets lumineux entre les ondées, sous les cieux changeants comme s'ils étaient bretons.

Me sentir mûrir au rythme des blés, adorer prendre seule la route pour aller travailler, pour la première fois de ma vie réellement aimer conduire, et pouvoir profiter seule.

Le lièvre au talus, l'oiseau à la haie, l'orchis sauvage aux franges du goudron, et plus bas, au sineux de la route, les potagers ouvriers, simples opulences soignées à me faire frémir d'envie.

Saisir au bond l'occasion, apaiser les vieilles visions douloureuses, en accueillant le neuf et le fier d'aujourd'hui, et sans rechigner me sentir pour la première fois attendue et reconnue dans mon métier, que je commence à peine d'exercer, et ça fait du bien d'autant plus que cela vienne en ces lieux-là.

...

Souvenir d'une vieille amitié que j'espérais profonde et fidèle; balade solitaire dans l'attente indécise, aux portes de l'ami perdu. Myriade de libellules: éclairs bleu nuit - bleu roi - bleu lagon dans les flaques de lumière du sous-bois. Petite musique douce-amère des embrassades, du récit que l'on s'offre de part et d'autre, en s'excusant de ne pas avoir que du lisse, du beau lisse enviable, optimiste, à montrer. Le temps du piano comme un don, confiance retrouvée; le beau profil inconnu: avec l'âge, à l'ami s'accroche une douceur neuve, moins peut-être le besoin de se cacher?

Et moi? Qu'ai-je donné? La témérité de l'appel après des années? La sincérité, même triste? La fidélité opiniâtre? L'espoir et l'accueil? Sans doute...

...

Après celles-là, d'autres retrouvailles un peu bancales et chaleureuses, ma joie rassurée d'être pour l'instant guérie de ces maux-dites-tiques; m'agiter quelques jours, du matin au soir en cuisine: joyeuse et déterminée. Deux qui n'ont de cousins que le nom, mais dont l'esprit est frère. Touchée des délicatesses, des intérêts non feints, de l'authenticité des souvenirs, orchestrer un atelier "oeufs à la neige", trois générations confondues - curiosité, partage, transmission. Comment mieux témoigner du passé, de l'avenir, de ces actes les plus simples qui nous humanisent en plein?

...

Pour des oeufs à la neige de Grand-mère Dragonne aux pieds de plomb

Monter à la main avec un fouet en spirale 6 blancs d'oeufs - très fermes.

Mettre à chauffer dans une casserole un litre de lait, une ou deux gouses de vanille fendues, un peu de sucre au goût.

Y pocher les blancs quand le lait bout doucement, les réserver à l'écumoire dans un grand saladier, à la fin les égoutter pour ne pas laisser perdre la moindre goutte de lait.

Touiller les jaunes dans une jatte puis verser le-dit lait doucement sur les-dits jaunes, en remuant avec une cuillère en bois.

Transvaser ce mélange dans la casserole, remuer énergiquement en appuyant sur le fond avec la cuillère en bois, en retirant du feu si l'ébullition menace, jusqu'à épaississement de la crème - voilà bien l'étape la plus délicate!

Verser la crème dans une passoire doucement sur les blancs.

Mettre à fondre dans une petite casserole bien propre une dizaine de morceaux de sucre blanc, en mouillant éventuellement avec un fond d'eau. Quand le sucre est pris en caramel, et avant qu'il ne brûle, verser prestement le caramel sur les blancs, puis remettre un peu d'eau dans la casserole pour ne pas laisser perdre de caramel.

Mettre à reposer un moment, puis réserver bien au frais, sur le marbre de la desserte, à côté de la mousse au chocolat de mon souvenir - servir le lendemain.

 

 

15/11/2010

Escapade

Le plaisir de partir en exploration, sans l'avoir planifié, un autre dimanche - de plein été celui-là, avec pour vagues excuses qui un projet d'orientation professionnelle, qui une passion pour les fibres végétales, qui de vieux souvenirs d'aspirant, qui le désir d'être ensemble.

Et dans l'escarcelle, Matières à cultiver à la cité du Design, puis une édifiante visite du musée du tissage, grâce à l'appétissante expo Tissons nature.

 

Merci vous qui!

 

Prochaine escale: le jardin des plantes à couleurs...

10/11/2010

Poetry

 

C'est un moment un peu suspendu, où s'intriquent avec une honnêteté intellectuelle simple et belle le sublime et l'atroce, ce qui élève et ce qui déchoit l'humain. Difficile de ne pas me laisser surprendre par la ressemblance de l'actrice avec Douce Louise en ses moments de gravité. Difficile de ne pas me laisser toucher par la lutte solitaire, par la quête de sens d'une femme abasourdie et perdue et fière devant l'insondable indifférence de ceux qui l'entourent, devant l'entière question de la          mémoire et de ses faillites. Merci Pah Dhom pour le partage.

05/11/2010

Le dimanche

Pourquoi on tergiverse pendant dix ans pleins, pourquoi un jour on réalise le projet sans l'avoir prémédité, quel mystère! Et quand on retrouve là-bas, bien établi, le brocanteur d'en bas de chez soi, l'effet est étonnant!

Elles étaient bien, les puces du canal l'autre dimanche. On ne le savait pas, c'était un drôle de jour pour les découvrir, un jour anniversaire: rumeur de la foule, bruits des moules de tôle, des assiettes antiques antrechoqués, des conversations sur la cote et la décote, dans l'odeur des abats grillés sur la plaque et de vieille poussière de bois.

Une borne à incendie, un établi piqué, une belle porte vitrée à deux battants - imposte en demi-cercle, l'enseigne du cinéma foch et celle de la fromagerie, un triporteur et un tandem, une épicerie rétro pour enfants qui me rappelle de longues heures de jeu dans la cabane-des-filles; partout les bols de grand-mères, 32 boîtes au lettres solidaires en beau chêne ciré sans étiquette de prix, une profusion de meubles de classement métalliques-en bois-à casiers-à tiroirs-à clapets, un extraordinaire landau noir à capote et là, en trois tailles, le gaufrier en fonte à coeurs de nos souvenirs de vieilles taupes, celui qu'elle a croisé au Cambodge!

C'est lourd, un gauffrier en fonte, même le plus petit, je me demande bien comment faisaient les maîtresses de maison pour soulever sans faillir ces faiseurs de papilles heureuses. Soeur taupe, c'est juste la bonne saison pour profiter de la cuisinière à bois et tester la résistance de nos petits poignets!

03/11/2010

gourmandises

Savourer la rencontre d'une délicieuse grenouille et sa grenouillette, autour d'une non moins délicieuse glace citron-basilic, concrétisation estivale d'un petit troc à base de patron de robe et pochette à croquer contre petit pot rouge à ma façon...

 

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Un joli moment, merci à toi Flo!

 

 

glacier-salon de thé LES ENFANTS GATES  

3, place Sathonay - 69000 Lyon

Tél: 04 78 30 76 24

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Flâner dans les ruelles escaprées de Pont Croix avec ma Porteuse d'eau, m'arrêter devant une porte pour examiner une plante fleurie dont j'ignore le nom. Voir la porte s'ouvrir sur une charmante dame croisée par ma Porteuse d'eau des années auparavant, onverser tout simplement, oser lui demander le nom de la convoitée, et repartir avec un savon galet parfumé à la noix de coco, un mot à rouler sur ma langue avec délices (balsamine), et un moment charmant à garder au coeur en mémoire des générosités humaines.

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Goûter sur les rochers de Saint Gué avec délices et les Luny's de mon coeur, en me revoyant au même âge - grimper-courir-sauter-vaincre le glissant du granit et gagner de vitesse le ressac à l'aisselle des roches.

Les emmener au creux des bois surprendre les fées sous la pluie, savourer les petits yeux qui pétillent.

Essayer une recette approchante il y a deux jours, échec total (même pas mangeable!), il faudra chercher encore avant de s'approprier une telle merveille...

 

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craquant aux algues, fabrication artisanale, la Craquanterie, Tréguier

15/10/2010

wakamé

pas d'illustration pour ces deux micro-recettes inspirées pour l'une de Elle les Luny's,pour l'autre de mes restes de frigo!

 

Concombres à la wakamé

dessaler une poignée de wakamé soigneusement par trempages successifs

détailler deux petits concombres du jardin en fines rondelles coupées en quatre

dégorger le concombre au sel

ciseler la wakamé égouttée

mêler le tout, en arrosant d'une excellente huile de noisettes grillées, de graines de sésame et de tournesol et d'un léger filet de citron vert

servir frais!

 

tartare d'algues express

un reste de légumes en pickles (carottes, chou fleur au vinaigre, ail mariné...)

une poignée de wakamé dessalée

huile d'olive

mixer le tout, servir très frais sur un bon pain, pour un petit goût d'huître, sans le gluant, mais avec du croquant!

10/10/2010

A dey kraham

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Les femmes préparaient le mariage du lendemain,

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pliant des gâteau de riz dans des feuilles de banane pour les cuire

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au bout du domaine de 'Yia, la rizière tardive

 

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J'ai perdu mon bracelet de coton rouge, celui que m'avait noué une belle nonne ridée au temple-couloir.

Une année de chance m'est offerte.

Là-bas me revient tant et plus depuis hier.

A chaque instant.

J'ai le manque au coeur.

Le manque et la joie, et l'inquiétude, et la gratitude.

 

01/10/2010

Dans la fosse

tout contre la barrière, avec le ciel pour chapeau

à sauter, à vibrer, à vivre dans le son avec intensité.

Admirative et joyeuse, fascinée par la virtuosité.

Une très énergique, très musicale, très joyeuse soirée de juillet.

Bon, c'est sûr, avec Al Di Meola, ça aurait été bien aussi, mais on ne peut pas tout avoir!

(vidéo trouvée sur le  site de Rodrigo y Gabriela)

27/09/2010

Le bleu du ciel

Lady Isa:

 

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Moi aussi!

 

20/09/2010

de la légèreté

 

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crédit photo marielaureguerrier.com



Une surprise en clunisois, découvrir "en vrai" ces envolées de porcelaine qui m'avaient étourdie il y a quelques mois, au détour d'un feuilletage de la Revue de la Céramique.

 

07/09/2010

sur la pointe des pieds...

 

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...revenir...

20/07/2010

Mes obsessions, ou Le meilleur poivre du monde

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La sauce aux poivres de Kampot si subtile et parfumée se compose simplement de grains noirs, blancs, rouges (un stade de maturité intermédiaire) et verts (frais) moulus ensemble avec du sel et du jus de ces fabuleux petits krauchmar (citrons) verts.
Impossible d'obtenir la même saveur ici, bien entendu, du moins sans serre où expérimenter l'acclimatation du poivrier, pour obtenir des grains frais...

 

Les petits bols en céramique viennent du Khmer Ceramics Centre, à Siem Reap. Il m'était plus facile de résister aux soieries qu'à la terre...

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Et pour une fois, j'ai aimé une boîte!

Mais elle a pour elle de figurer une fleur de lotus pliée, comme on peut en voir chez la talentueuse Stéphanie Ledoux...

08/07/2010

Rêver

Tu vois, le Lézard, tu n'en es pas si loin!
Merci Bizelle pour la (déjà vieille!) découverte. Je ne m'en lasse pas!

03/07/2010

Dernier Parking avant silence radio

Lorsque j'avais la télé, je préférais "Silence ça pousse".

Lorsque j'écoutais la radio, je préférais Guillon, Les petits bateaux et surtout, surtout, Parking de nuit.

Des fois, ça me manquera, le ton riche et unique de Sophie Loubière, la voix feutrée et calme du gardien du parking.

Mais je me souviendrai et j'aurai le sourire.

30/06/2010

végétales utopies

 

Déambuler des heures durant au cœur des salles immenses de la Sucrière sans voir passer le temps, à en oublier la bonne compagnie
Découvrir de nouvelles perspectives de lecture et m'étonner du monde de la bande dessinée qui m'appelle opiniâtrement ces dernières semaines,
Garder de cette vaste et riche exposition un goût de merveilleux...
Elle est prolongée jusqu'au 18 juillet - j'y retournerais presque!
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Dessins de Luc Schuiten