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13/04/2012

Grisaille

Les souris ont déménagé de sous le plancher de la chambre depuis que le chat aux yeux d'or est arrivé. Dans leur quête d'un nouveau foyer accueillant elles ont fait escale à la cave où séchaient silencieusement les saucissons.

Les antiques garde-manger à maille fine ont repris du service grâce à l'énergie vengeresse de Galant-Homme, qui laisse depuis deux jours la porte de la cave ouverte afin d'y laisser aller et venir le chat aux yeux d'or. Lequel trouve que non, décidément, ce temps ne lui plaît pas du tout, et que nous exagérons de beaucoup de ne rien faire pour que cela change.

La cuisinière à bois ronronne de nouveau mais un parfum d'herbe fraîchement coupée presque oublié se mêle à celle du feu de bois.

C'est un temps parfait pour les morilles, mais je ne connais pas les coins. Mes pensées s'emmêlent et grisaillent elles aussi. Cela faisait longtemps. C'est presque doux.

Je n'ai qu'une envie, plonger dans le tome 2 des Enfants de la Terre, de Jean M. Auel, et passer mes journées sous la couette.

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arbre aux faisans admiré l'été dernier aux jardins de l'imaginaire de Terrasson

15/03/2012

Où l'on rencontre un couple qui sort de l'ordinaire

J'avais décroché un petit boulot de manutention en librairie indépendante, sur une candidature "au culot" qui avait plu à la libraire, grâce à une expérience en boutique détaxée à l'aéroport voisin - mais à mille lieues de mon caractère.

Quelques mois après, j'avais été accueillie par mes collègues libraires impatients de me montrer un ouvrage reçu la veille, lequel ne pourrait que me plaire.

J'étais évidemment tombée sous le charme de ce livre, et un curieux enchaînement de circonstances m'avait conduite à le proposer quelque temps plus tard à la sélection du Coup de coeur environnement, dont je rejoignais bientôt le jury comme représentante de "mon" jardin.

Mon coup de coeur avait séduit les autres membres du jury et le prix lui avait été décerné.

Je m'étais tenue discrète pendant la remise du-dit prix; avais longtemps couvé le désir de voir ce jardin en vrai, d'en apprécier les textures, les couleurs, le relief.

Ce fut un autre concours de circonstances qui nous conduisit, Galant Homme et moi, à inscrire le jardin du Marais comme escale sur la route de nos vacances estivales. Ce jardin est magnifié par la générosité de ses jardiniers - la verve passionnée du taiseux, la simplicité et l'honnêteté de la démarche.

Cette histoire leur a plu et, cadeau de bienvenue, nous nous sommes retrouvés tous les deux avec un plan griffonné sur un coin de feuille, à guider une barque étroite sur les canaux peu profonds du marais briéron, à la tombée du jour; déambulation silencieuse à l'affût des ragondins, des criques aux fées qui creusent la berge herbue, des grands tournoiements froufroutants de la cigogne en train de se poser derrière un rideau de joncs. Nous avons ramé ensemble, dans la quiétude du soir, depuis le port de Mintre jusqu'aux piardes; le niveau de l'eau était trop bas pour les visiter mais quelle vue, quelle beauté!

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Je me prends à rêver d'y retourner.  De nouveaux rebondissements dans la vie d'amis chers à nos coeurs les a amenés à s'installer de l'autre côté du marais peu avant le solstice d'hiver.

Curieux détours de la vie qui mènent parfois nos pas là où il fait bon les laisser nous porter.

 

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Les affranchis jardiniers, un rêve d'autarcie, par Annick BERTRAND et Yves Gillen

Un témoignage particulièrement vivant, probablement du fait de sa cohérence, de sa simplicité, de sa sincérité, sur un mode de vie décroissant soudain évident; un fil rouge: le respect en toute chose.

Une démarche qui grandit au fil du temps, le partage et la générosité comme points d'orgue.

...

Parmi la sélection du coup de coeur environnement, à l'initiative de  la Maison Rhodanienne de l'Environnement, figuraient notamment trois titres qui m'ont plu:


 

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Darwin, c'est tout bête, par Marc GIRAUD, naturaliste et journaliste, auteur de documentaires animaliers et chroniqueur radio.

Ça commence avec des anecdotes, c'est ludique et accessible mais peut-être un brin artificiel, et on se demande un peu où ça va comme ça, et puis, de l'une à l'autre, on se prend à les raconter à son tour au voisin, et au final, on comprend mieux la complexité du vivant, l'interdépendance avec la biodiversité, les enjeux de sa -et donc notre - préservation.  Et puis ça remet les choses à leur place, ce qui fut dévoyé, ce qui fut oublié, et on comprend mieux aussi l'histoire de la science et l'histoire de l'humanité... En exergue, l'idée de Darwin qui m'a sans doute le plus touchée, retranscrite de mémoire et non textuellement: "Le sommet de l'évolution, c'est la civilisation, parce qu'elle protège les plus fragiles".


 

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Papa et Maman sont dans un bateau, par Marie Aude Murail (jeunesse):

Une très agréable écriture, vive, humaine, pleine d'humour et d'émotions. Une idée intéressante pour parler d'écologie au détour des ressources humaines, dans un esprit de revalorisation et de réconciliation...


 

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Antimanuel d'écologie, par Yves Cochet

Lu très lentement, mais avec l'envie de le prêter au plus grand nombre de personnes possible, pour la limpidité des informations, l'articulation logique d'éléments souvent pris séparément, la vision globale et aiguisée.

 

10/01/2012

La multitude invisible des contemplatifs



 

C'est si bon de découvrir qu'on n'est pas seule...

C'était parfait. Merci Rouilla!

25/01/2011

l'année des livres?

Ouvrir ma boîte aux lettres sur une enveloppe dodue et inattendue.

Quatre fois en un mois.

Me sentir joyeuse, gâtée, chanceuse, et avoir envie de dire...

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Merci Rouilla&Sylvain pour votre contribution efficace et gourmande à nos rêves d'autarcie,

Merci ma Soeur Taupe pour le partage initiatique,

Merci Loula pour la découverte du stream punk,

Merci les blogueuses pour le voyage félin, et le partage de vos avis de lecture via marques-pages.

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15/01/2011

La mare aux têtards

 

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Un vrai coup de coeur pour le travail de Guillaume Delaunay, auteur illustrateur qui porte un bien joli projet de série animée... L'album comporte un DVD, pour se régaler avec le pilote, à voir aussi sur http://www.lamareauxtetards.com

 

15/12/2010

Notes de lecture # 5, et dans le désordre

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La passion Lippi, Sophie Chauveau

L'histoire romancée de Fra Fillipo Lippi, dans une atmosphère de Renaissance italienne suffisamment documentée pour être perceptible, assez équilibrée pour donner vie et chair aux personnages.

De temps en temps, j'aime bien m'immerger dans un roman historique, ici je n'ai pas été déçue, sans plus.

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La course au mouton sauvage, Haruki Mrakami

Un homme qui n'arrive pas à habiter pas sa vie se retrouve par une suite d'évènements sur lesquels il n'a aucune prise amené à entamer un curieux périple à la recherche d'un mouton bien spécial. Ce qui l'oblige à regarder ses non-choix en face, à lâcher prise, à se reconnecter avec ses émotions.

Reçu de Loula lors d'un mémorable miniswap Thé qui m'avait comblée, je suis entrée dans cette histoire tordue sans m'en rendre compte, et au final, j'ai été envoûtée par cette ambiance particulière.

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Le maître des Chrèques, Walter Moers

Dans une ville dédiée à la maladie, un jeune mistigriffe malmené par l'existence se retrouve lié au Maître des Chrèques (les chrèques étant des créatures herboristes persécutées pour leurs pouvoirs de guérisons trop efficaces). Le contrat qui le sauve le promet néanmoins à une mort proche, et pour une cause des plus désagréables. Sa lutte pour survivre, ses facultés insoupçonnées et ses alliances improbables le conduiront de révélations en découvertes, jusqu'au jardin insoupçonné de la dernière Chrèque de la ville. Le tout dans une atmosphère de gourmandise toute particulière, puisque la gastronomie la plus fantaisiste est à l'honneur à la table du Maître des Chrèques.

Quel régal! Un rythme enlevé, un univers réellement unique, un style fluide et ludique, je me suis régalée - Galant-homme aussi! Et ici, l'avis de Loula, grâce à qui j'avais noté ce titre, sur un carnet spécial bibliothèque.

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Le Royaume de Kensuké, Michael Morpugo

Un tout jeune garçon s'échoue sur une île déserte... Ou presque: il va se lier peu à peu d'amitié avec un vieil homme naufragé bien longtemps auparavant dans des conditions dramatiques qui se répercutent sur leurs relations. L'histoire tendre d'un apprivoisement mutuel, imprégné du chagrin profond du jeune héros, incapable de renoncer à l'espoir que ses parents le retrouvent.

Un roman jeunesse à l'atmospère généreuse et profondément humaine, qui m'a beaucoup plu.

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Le fruit du dragon, Claire Ubac

Une adolescente en crise se retrouve embarquée dans des vacances qu'elle avait rêvées bien différentes, au coeur d'un Vietnam qu'elle va apprendre à découvrir et à aimer malgré elle, ce qui lui permettra d'accéder à une compréhension nouvelle d'elle-même et de sa famille.

Un sympatique roman jeunesse sur l'exil, la révolte adolescente, les remaniements identitaires et l'héritage inconscient: bien sûr, cela fait écho.

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Les déferlantes, Claudie Gallay

Une jeune femme missionnée pour un comptage d'oiseaux sur la côte bretonne se laisse envahir par de vieux secrets de famille, qui ne la concernent pas mais trouvent en elle une voie pour se faire jour, et ainsi s'apaiser.

Peut-être pas un "grand" roman, mais des personnage croqués avec malice, une intrigue amusante et touchante, et suffisamment d'embruns sur granit par là dessus pour m'emporter ailleurs, à un moment où ce que je vivais requerrait un temps d'évasion quotidienne pour éviter de sombrer.

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De bons présages, Terry Pratchett et Neil Gaiman

Terry Pratchett et Neil Gaiman s'allient pour conter l'histoire d'un ange et d'un démon déterminés à éviter que les projets de fin du monde de leurs patrons respectifs n'aboutissent. Parce que, à la fin, ce monde, ils s'y plaisent bien.

C'est drôle, rythmé, haletant, parodique, sensé, tendre, bref, délicieux. Cela me fait penser que j'ai oublié un titre de Neil Gaiman lu il y a quelques temps.

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L'étrange vie de Nobody Owens, Neil Gaiman

 

Nobody Owens vit retiré du monde dont il ignore tout, depuis aussi loin qu'il s'en souvienne, au coeur d'un cimetière haut en couleurs. Mais la menace à laquelle il a ainsi été soustrait va croître et il lui faudra cheminer et apprendre s'il veut y échapper. 

Un très beau roman, où l'écriture prend soin de donner une réelle épaisseur à chaque personnage sans que cela pèse jamais, une inventivité réjouissante, différents niveaux de lecture qui permettent sans aucun doute d'effacer la barrière du roman jeunesse.

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La grammaire est une chanson douce, Erik Orsenna

Deux enfants naufragés perdent leurs mots dans la tempête et échouent sur une île où ils entreprendront un doux voyage pour réapprivoiser leur langue.

Un très court roman plein de malice, déterminé à nous faire sentir la richesse des langues - toutes les langues.

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les cygnes sauvages, Jung Chang

Une jeune femme chinoise entreprend de raconter l'histoire cahotique de sa famille prise dans l'histoire politique de son pays, sans manichéisme, avec une détermination sans faille à révéler toute l'ampleur du mépris du Parti pour l'être humain.

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Enfant de la jungle, Mickael Morpugo

Un service de presse confié par mes libraires préférés - ayant donc très récemment découvert cet auteur, j'avais un a priori positif; j'ai aimé cette histoire militante, à destination des pré-ados, inspirée de ceertains évènements récents de l'actualité mondiale. Un garçon de 9 ans se promène à dos d'éléphant sur une plage indonésienne lorsque se produit un tsunami. L'éléphante s'enfuit dans la jungle, lui sauvant la vie mais le coupant de la civilisation. Il va devoir apprendre à communiquer avec cet animal qui le fascine, pour survivre dans un environnement dont il ignore tout, et sera confronté à bien des épreuves qui lui permettront de surmonter le deuil de ses parents et de se construire une identité en accord avec cette expérience sans équivalent.

Sans compter une écriture agréable bien que la cible soit un peu trop sensiblement "jeune", la cohérence de la démarche humaniste de l'auteur m'a séduite; je ne croyais pas être embarquée pourtant: les histoires exotiques, jungle et aventure, d'habitude, bofbof...

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Le combat d'hiver, Jean Claude Mourlevat

J'ai sauté sur ce gros volume de Mourlevat à la bibliothèque dès que je l'ai aperçu, convaincue d'être conquise. Pari tenu sans riques, j'ai une confiance aveugle dans le nom sur la couverture...

De grands adolescents internés dans des orphelinats où on leur mène une vie plus que rude vont s'allier, reconstruire peu à peu leur histoire, retrouver la mémoire, et s'engager dans une lutte inégale contre un régime politique aussi brutal qu'on peut l'imaginer, en faisant fi de la prudence et de la peur. J'ai pensé un bref moment à un très mauvais roman de Pierre Bordage lu l'an dernier, en me réjouissant de tenir là une vraie belle et bonne façon de traiter le totalitarisme et la résisance.

05/12/2010

La saveur de novembre

Renforcer des liens autour d'un dîner charmant, me faire passeuse à mon tour, parler vrai de choses qu'on ne dit pas souvent, ni à n'importe qui. Réitérer, avec d'autres qui comptent aussi. Et d'autres, et d'autres. Sentir ma chance.

Accompagner et sentir que c'est juste. Percevoir la pierre froide du banc à travers le velours et le soleil sur ma face et l'eau glissante du Martenin et l'incandescence des frondaisons, enfin.

Offrir un bouquet d'anémones désuettes à une Grand-mère dragonne pour lui tenir compagnie sur son lit d'hôpital. S'amuser de son plaisir. Me réjouir des jolies rencontres in-extrémis que la vie lui réserve encore, même si le chagrin est de la partie et qu'elle en aurait voulu plus. Me dire que rien n'est jamais perdu.

Me coltiner longuement le moule en fonte sur la cuisinière à bois dans le soir tombant, gâcher deux fournées et demi, mais finalement réussir la cuisson des fameuses gaufres en forme de coeur, et en retirer une sacrée satisfaction, toute au plaisir des réminiscences de l'enfance et de la difficulté surmontée.

Me demander comment aider. Aider sans m'en rendre compte. Imprévoir. Rester calme et confiante.

Découvrir que ma fatigue a pour nom hypotension. Me reposer. Me prélasser à l'orientale, siroter un Genmaïcha à la japonaise, et goûter la douceur du soleil qui filtre à travers la ramure des bouleaux du Palais Saint Pierre à la lyonnaise avec Soeur taupe, réaliser que nous faisons curieusement tout à l'unisson ces temps-ci sans concertation. Peut-être pour compenser mon impossibilité à l'accompagner de l'autre côté de la terre, alors que nous le voudrions tant toutes les deux?

Voir venir, désamorcer, ployer sans rompre et ressortir plus forte, affermir un peu mes assises et tenir ma patience.

Repousser les inquiétudes. Confire les aulx du jardin au feu de bois. M'offrir une merveille et la laisser négligemment sur l'accoudoir du canapé pour que tout le monde puisse en profiter. Et moi d'abord chaque fois que je passe devant.

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(clic sur l'image)

Novembre est fini, et j'en oublie. Bonjour Décembre!

 

 

01/12/2010

petite liste taguée de 15 auteurs qui ont compté

J'étais sensée avoir 15 minutes pour la rédiger, et transmettre le tag à 15 blogeuses, mais je fais tout dans le désordre et puis tant pis, mais merci Loula, pour cette petite liste qui fait du bien!

Je m'y jette avant de sombrer, et foin des falbalas, comme ça vient, et parfois sans explications:

Barjavel pour La nuit des temps, découverte inoubliable liée à un concours lecture en classe de troisème, et à la prof de français la plus passionnante que j'aie eue. J'ai lu et aimé tous les romans, grignoté la moitié de ses chroniques regroupées dans un énorme volume qui reste mon seul et unique livre de chevet, adapté un de ses courts textes en théâtre d'ombres grâce aux LU des Luny's, à ma Taupe et à Pah Dhom, corné des pages pour une idée qui me touchait, hanté des librairies à la recherche d'un titre que je n'aurais pas encore lu; Galant-homme est même allé jusqu'à me dégoter Cinéma total sur internet...

Yves Frémion pour Tongre, et encore une histoire de prof, celle de 5ème, qui avait juré me convertir à la science fiction: gagné.

Fred Vargas et sa vive plume, son amour des personnages.

Anne Rice et ses chroniques de vampires pour le petit côté régression vers mes années adolescentes romantiques et sombres.

Robert F Young pour le Baleinier de la nuit, choisi pour le titre et l'illustration sur le table du CDI de mon lycée, puis Le dernier Ygdrasil offert par Galant-homme, deux merveilles.

Giono sur lequel j'avais tant buté quand c'était une lecture imposée, à ce seul motif inconséquent, alors que j'aime...

Alessandro Barrico pour Soie, puisque je n'ai jamais réussi à entrer dans ses autres romans, alors que celui-ci m'a transportée d'un coin de cheminée vers des terres lointaines, mais aussi intérieures.

Le Clézio, pour Voyage au pays des arbres, Lullaby, Etoile errante... et cette plume à la fois contemplative et doucement mélancolique.

Marguerite Yourcenar, pour les Nouvelles orientales et L'oeuvre au noir, deux joyaux.

Jorn Riel pour Le jour avant le lendemain, sa façon de conter sans concessions, avec authenticité.

Aarto Paasilina pour le Lièvre de Vatanen, sa fantaisie inimitable.

Ray Bradbury pour Chroniques martiennes et Farenheit 451, deux monuments.

Luis Sepulveda pour L'histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler, petit bijou de drôlerie et de générosité.

Martine Delerme pour Fragiles, et l'illustration du funambule qui n'en finit pas de m'accompagner.

 

Et Colette pour tout, et Terry Pratchett pour le rire, et Tracy Chevalier pour l'acuité de La jeune fille à la perle, et puis les gros recueils de contes en tous genre que j'ai dévorés dès que j'ai su lire seule, et Le journal champêtre d'Edith Holden pour le goût d'égrner les saisons, et 1984 de Georges Orwell pour l'ampleur, et Tezuka pour Bouddha ou l'histoire des trois Adolf, et ...

J'ai envie de me plonger dans un bon bouquin, emmitouflée dans un plaid, maintenant, c'est malin!

 

08/07/2010

Rêver

Tu vois, le Lézard, tu n'en es pas si loin!
Merci Bizelle pour la (déjà vieille!) découverte. Je ne m'en lasse pas!

18/10/2009

notes de lecture #4

Voici les notes de lecture, le retour de la suite, exclusivement catégorie jeunesse!

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Les terribles aventures du Capitaine Crochet par James V. Hart

Présentation de l'éditeur: Avant de devenir le terrible Capitaine Crochet, James était un adolescent comme les autres, ou presque... Anticonformiste et rétif à l'autorité, il est plus prompt à se faire des ennemis que des amis. Mais, surtout, il se sent à l'étroit dans la société londonienne. Poussé par l'amour, la haine et l'ambition, il est prêt à tout pour trouver l'endroit où sa destinée pourra s'accomplir : le Pays de Nulle Part...

Mon avis: J'ai lu pas mal d'histoires de pirates ces temps derniers, ne me demandez pas si cela a un sens! Celle-ci est curieuse: une tentative d'explication du caractère du célèbre Capitaine Crochet, qui se fonde sur son origine de bâtard stygmatisé. Pas beaucoup de cohérence psychologique à mon sens; le héros est plutôt attachant, pétri de révolte, mais il oscille sans que l'on saisisse bien pourquoi entre sens de l'honneur, actions humanistes flamboyantes, et cruauté pure. Pas beaucoup d'intérêt.

 

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Mary Tempête par Alain Surget

Présentation de l'éditeur: Depuis sa plus tendre enfance, Mary est fascinée par la mer.
Elle aimerait tant se laisser emporter au gré des vagues et du vent, partir à l'aventure ! Elle sait pourtant qu'il n'y a pas de place pour une fille sur un bateau. Mais Mary Read est prête à tout pour accomplir son rêve, même à se glisser dans la peau d'un garçon et défier les pirates les plus terribles..

Mon avis: L'histoire romancée à partir de traces historiques bien minces d'une célèbre femme pirate. J'ai eu un coup de coeur pour l'ilustration de couverture et je me suis laissée emporter par les flots sans résister. L'histoire est vraiment prenante, très bien écrite et le désir de l'auteur de rendre hommage à cette femme sont authentiques, justes et touchants.

 

 

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La fée s'est trompée par Gail Carson Levine

Présentation de l'éditeur: Dans le recueil des Contes de Perrault, l’histoire est sommaire, elle occupe exactement trois pages, pas une de plus, et elle s’intitule sobrement "Les Fées". Pour, d’une part, récompenser une gentille fille et, d’autre part, punir sa méchante sœur, les fées décident de leur jeter un sort à toutes deux. La première postillonnera perles, saphirs et autres rubis chaque fois qu’elle ouvrira la bouche. Quant à la seconde, elle bavera insectes et crapauds à chaque mot prononcé. Et tout est bien qui finit bien.
Sur cette trame simplette, on pouvait compter sur Gail Carson Levine, l’immortel auteur de Ella l’ensorcelée pour broder des variations malignes et subversives en poussant la logique jusqu’au bout...

 

Et...

 

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Ella l'ensorcelée par Gail Carson Levine

Présentation de l'éditeur: Lucinda, cette idiote de fée, n'avait pas l'intention de me jeter un sort. Elle voulait me faire un cadeau. Comme j'avais pleuré désespérément pendant toute la première heure de mon existence, ce furent mes larmes qui lui donnèrent une idée. Hochant la tête et regardant ma mère d'un air compatissant, la fée me toucha le nez. - Mon cadeau sera l'obéissance. Elle sera toujours obéissante. Et maintenant, arrête de pleurer, mon enfant. Je m'arrêtai. " Le sort de la fée Lucinda est si puissant qu'Ella est obligée d'exécuter tous les ordres qu'on lui donne, quels qu'ils soient, même si elle s'y refuse de toutes ses forces. En grandissant, elle a appris à mettre toute son intelligence au service d'une lutte de chaque instant pour dissimuler sa vulnérabilité. Mais à présent que sa mère est morte, que son père a décidé de se remarier, la voilà plus fragile que jamais. Car certaines personnes malveillantes ont tôt fait de percer son secret et de s'en servir. Les pouvoirs de sa marraine et l'amour du prince Charm l'aideront-ils à échapper aux personnes qui la haïssent et à vaincre la malédiction?

 

Mon avis: Deux contes revisités avec drôlerie et inventivité, je me suis régalée. C'est comme dépasser la carte postale pour découvrir toute une profondeur aux contes familiers. Bizelle, merci d'avoir autant de suite dans les idées!

 

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Le chagrin du roi mort par Jean-Claude Mourlevat

Présentation de l'éditeur: «C'est une petite île froide, quelque part dans le nord. Le vieux roi est mort. Son corps repose sur un lit de pierre, sur la Grand-Place. Il neige. Il sera question de séparation, de guerre, de trois ciels différents, d'un premier amour. Il y aura une prophétie, des êtres qui se perdent dans l'immensité, une sorcière qui mange des têtes de rat...»
Après Le Combat d'hiver (2006) acclamé par la critique et récompensé par les plus grands prix littéraires, Jean-Claude Mourlevat nous éblouit à nouveau avec une bouleversante histoire de fraternité et de trahison. Une fresque flamboyante.

Mon avis: "Le meilleur roman que j'aie lu depuis longtemps", a dit Galant-homme en tournant la dernière page, c'est dire (il lit beaucoup, et pas tellement de litté jeunesse). Une très, très grande qualité, s'il y a un ouvrage pour (pré)ados à retenir dans cette liste, c'est bien celui-ci!

 

 

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Artemis Fowl tome 6, Le paradoxe du temps, par Eoin Colfer

Présentation de l'éditeur:Trolls, gobelins, fées maléfiques...
Artemis croit avoir déjà affronté les plus grands dangers. Mais sa mère tombe gravement malade. Pour trouver l'antidote qui la sauvera. il lui faut remonter le temps... Dans ce voyage d'un péril extrême. Artemis rencontre son pire ennemi. Et son pire ennemi, c'est lui ! Captivant, drôle, étourdissant, le sixième volume des aventures d'Artemis Fowl démontre une fois de plus l'extraordinaire talent d'Eoin Colfer !

Mon avis: J'aime bien Artémis. C'est drôle et plein d'allant. Galant-homme est fan. Pour moi, c'est un petit divertissement sympathique, rythmé, sans conséquences.

 

 

 

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le destin de Conrad par Diana Wyne Jones

Présentation de l'éditeur: L'année de ses douze ans, Conrad apprend par son oncle, un magicien, qu'un destin funeste l'attend. Pour y échapper et conjurer ce sort atroce, il doit éliminer un mystérieux personnage qu’il aurait déjà dû tuer dans une vie antérieure, un habitant de Stallery, un mystérieux château aux pouvoirs obscurs. Pour y entrer sans attirer les soupçons, Conrad se fait engager comme domestique. Très vite, il se lie avec Christopher, apprenti valet et élève de l’enchanteur Chrestomanci. Ensemble, ils découvrent les occupants du château : une comtesse, ses enfants et de nombreux domestiques dirigés d’une main de fer par un redoutable majordome. Les rapports familiaux ne sont guère chaleureux, mais l’ordre règne… du moins, en apparence. Les querelles familiales sont incessantes et d’étranges phénomènes s’y déroulent : déplacements d’objets, changements de décor, envoûtements... La situation du château, aux confins de plusieurs mondes parallèles, est peut-être à l’origine de ces manifestations, mais dans cet univers où chacun est un peu magicien, certains individus avides de pouvoir exploitent cette situation à leur avantage…

Mon avis: Je suis une inconditionnelle des Mondes de Chrestomanci, une série sans ordre dont fait partie ce roman, découverte avec "Ma soeur est une sorcière", quand j'avais l'âge habituel pour lire ce genre de choses. Il y est question de magie, de chats et de mystères, d'amitié. Une réminiscence probable du club de lecture auquel je participais en 6ème! Ceux qui connaissent "Le château ambulant", film d'animation de Hayao Miyazaki, ne savent pas toujours que c'est l'adaptation du "Chateau de Hurle", un livre de cette auteure que je n'ai pas lu.

 

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La rivière à l'envers, tome 1: Tomek, par Jean Claude Mourlevat

Présentation de l'éditeur: "Ainsi vous avez tout dans votre magasin ? demanda la jeune fille.
Vraiment tout ?" Tomek se trouva un peu embarrassé : "Oui... enfin tout le nécessaire..." "Alors, dit la petite voix fragile, alors vous aurez peut-être... de l'eau de la rivière Qjar ?" Tomek ignorait ce qu'était cette eau, et la jeune fille le vit bien : "C'est l'eau qui empêche de mourir, vous ne le saviez pas?"

Mon avis: Galant-homme ayant refusé de rendre Le chagrin du Roi mort à la librairie qui me l'avait prêté comme service de presse, il m'a envoyé le payer. Mon ancienne collègue libraire, en entendant cette histoire, m'a offert ce volume-ci en me promettant monts et merveilles. Elle ne m'avait pas menti, c'est une très, très belle découverte. J'ignore si le deuxième tome vaut la peine, il faut que je lui demande. En tout cas, Jean Claude Mourlevat est un auteur à découvrir sans attendre.

(J'ai demandé: elle n'a pas voulu lire de peur de voir s'évaporer la magie. Je la comprends parfaitement!)

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Ceci étant fait, j'ai enfin "liquidé" mes arriérés de lecture et puis songer à vous parler bientôt des "en cours". C'est qu'il y a de la matière: je suis membre d'un jury, pour décerner un vrai prix, si, si! (enfin, là, je vous arnaque peut-être un peu...)

14/10/2009

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Si le livre est aussi sympathique et enthousiaste que son "auteure" haute en couleurs, vous pouvez y aller les yeux fermés! D'autant que bon nombre des photos sont d'un de là-bas qu'on connaît bien aussi, et il y a de quoi s'en prendre plein les mirettes!

 

"Raconte-moi la Forêt de Saoû"

Présentation de l'éditeur: L’objet de ce livre est de présenter à un public de tout âge et curieux de nature, les richesses de la Forêt de Saoû.

L’auteure, Françoise Savasta, naturaliste de terrain, a choisi de faire découvrir ce milieu prestigieux sur les pas d’un jeune chamois nommé « Capriole ».

Capriole quitte la Montagne de Couspeau où il est né et part à la découverte du Massif de Saoû. Au fil des mois, il apprend à connaître les secrets du monde qui l’entoure : géologie, histoire, animaux, fleurs, fruits et arbres : vie sauvage et humaine…

La seconde partie de l’ouvrage propose d’en savoir plus sur les particularités faunistiques, floristiques, géologiques de cet espace naturel exceptionnel et invite à la randonnée.

Le récit, simple, drôle et poétique, s’appuie sur des données biologiques rigoureuses qui sont le résultat de trente années d’études des naturalistes de la LPO Drôme (Ligue pour la protection des oiseaux). De nombreux dessins originaux et des photos pleines pages, pour la plupart inédites, illustrent le texte et permettent d’identifier les espèces évoquées.

Tous les bénéfices générés par la vente de cet ouvrage iront à des actions concrètes de protection de la nature dans la Drôme.

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10/10/2009

notes de lecture #3

Nouvelles loooongues notes de lecture, il y faut bien qu'il y ait des avantages à être en petite forme... La loooongue liste de romans jeunesse attendra quelques jours encore!

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Le mec de la tombe d'à côté par Katarina Mazetti

Présentation de l'éditeur: Désirée, veuve depuis peu, se rend régulièrement sur la tombe de son mari, mais par acquit de conscience essentiellement... Son mariage tenait plus du «copinage» que du grand amour. Au cimetière, elle croise souvent un homme de son âge, qui vient se recueillir sur la tombe d'à côté, et dont l'apparence l'agace autant que ladite tombe avec sa stèle tape-à-l'oeil. Bibliothécaire, Désirée se consacre tout entière à son travail. Quant à Benny, il s'est retrouvé seul à gérer la ferme familiale et ses 24 vaches laitières après le décès de sa mère.
Rien, a priori, ne rapproche ces deux-là, et pourtant, il suffira d'un sourire qui éclate simultanément sur leurs lèvres pour qu'ils soient tous deux éblouis.
C'est le début d'une histoire d'amour assez cocasse !

Mon avis: Une histoire d'amour atypique, ne serait-ce que parce qu'elle est impréimée sur papier rose. Pas pour rester dans le ton, mais pour le confort de lecture, et je confirme, c'est surprenant mais agréable. L'histoire quant à elle est fort sympathique et résolument optimiste, pleine d'humour et de fantaisie, tout en décortiquant l'effet sur nos emballements amoureux de nos travers humains les plus profonds et des barrière socio-culturelles.

Extrait: Putain, je ne peux pas la blairer, je ne peux vraiment pas la blairer !
Pourquoi elle est tout le temps assise là ?
J'avais l'habitude de me poser un moment sur le banc après l'entretien de la tombe pour reprendre le fil de mes pensées. J'essayais de trouver un petit bout de ficelle auquel m'accrocher et qui me permettrait d'avancer encore un jour, ou deux. À la ferme, quand je cavale entre tout ce qu'il y a à faire, je n'arrive pas à penser. Si je ne me concentre pas sur ce que j'ai en mains, inévitablement arrive une mini-catastrophe qui me donne un jour de travail supplémentaire. Je plante le tracteur sur un rocher et l'essieu arrière pète. Une vache s'abîme un trayon parce que j'ai oublié d'attacher son protège-pis.
Me rendre sur la tombe est mon seul bol d'air, mais même là, j'ai du mal à me dire que j'ai le droit de faire une pause et de simplement penser. Il me faut d'abord biner et planter et m'activer, avant de m'autoriser à m'asseoir.
Et alors je la trouve assise là.
Décolorée comme une vieille photo couleur qui a trôné dans une vitrine pendant des années.

 

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Animal'z par Enki Bilal

Présentation de l'éditeur: Dans ce monde dont on ne sait trop s’il est l’émanation d’une histoire parallèle ou simplement le récit de notre futur, le dérèglement climatique s’est brutalement généralisé. La catastrophe porte un nom : le Coup de Sang. Sur la planète dévastée, martyrisée, l’eau potable est soudain devenue un trésor, et la survie individuelle l’obsession de chacun. Désormais, les transports sont rares et dangereux, les communications aléatoires. Seuls quelques Eldorados très isolés, refuges protégés par leur situation géographique particulière, ont réussi à préserver un semblant d’ordre social. On ne peut les rejoindre que par la mer, immense; l’unique milieu naturel, peut-être, qui conserve quelque chance de perdurer en ces temps d’incertitude absolue… Tel est le décor, fascinant, qui sert d’écrin à Animal’z, le nouveau récit futuriste d’Enki Bilal. Fidèle à ses thèmes de prédilection (la fiction conjecturale, en étroite résonance avec les convulsions et les névroses collectives de notre présent), l’auteur de LA TRILOGIE NIKOPOL explore les conséquences possibles des dommages infligés au climat, dans un registre graphique nerveux qui comblera les attentes de ses très nombreux fidèles. Déroutant, surprenant, passionnant : un one-shot d’une centaine de pages à savourer sans retenue. Du très grand Bilal.

Mon avis: Les illustrations sont superbes, l'histoire ressemble à une parenthèse mystérieuse. Pas facile de suivre, tant d'ellipses s'entrecroisent, tant de choses échappent. "Abscons" a dit mon père. J'espère une suite qui éclaire.


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Sur le sable par Michèle Lesbre

Présentation de l'éditeur: Apercevant des flammes derrière une dune qu'elle longeait au gré de ses pérégrinations, la narratrice s'arrête. A la lisière de l'incendie, recroquevillé sous une couverture, un homme prostré contemple le sinistre. Intriguée, la femme accepte de rester près de lui.
En rupture de ban, elle vient de quitter un poste de veilleuse de nuit dans un hôtel parisien. Elle a également rompu avec l'homme qu'elle aimait. Les personnages des romans de Modiano, qu'elle a intégralement relus à la faveur de ses nuits de veille, lui offraient sans doute une meilleure compagnie... Flottant entre les êtres réels et les êtres de fiction, elle suit ce qu'elle appelle sa «pente douce».
L'homme de la plage ne cesse de parler. Il est venu enterrer sa mère et, dirait-on, voir disparaître cette maison de malheur où se sont noués pour lui tant de drames : la jeune noyée d'un dimanche de son enfance, sa mère qui venait y rejoindre son amant, un ancien de l'OAS, et Sandra, avec qui il aurait aimé vivre là mais qui a été brutalement extradée vers l'Italie pour y être emprisonnée.
Au fil du monologue de ce compagnon de hasard, son auditrice est comme malgré elle envahie par ses propres fantômes. Ses deuils, son amour perdu à Bologne, sa quête et ses combats ressurgissent, brossant par touches légères le portrait d'une femme dont la liberté et la solitude sont les véritables compagnes.
Avec ce onzième livre, Michèle Lesbre poursuit sa route, déterminée et lumineuse, où le pouvoir enchanteur des mots réveille la rumeur du monde.

Mon avis: Définitivement, j'ai préféré le Canapé Rouge. Les thèmes de Michèle Lesbre sont répétitifs et les références permanente à un romancier dont je n'ai rien lu m'ont agacée sans me donner envie de le découvrir.

 

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Jolies ténèbres par Fabien Vehlmann et Kerascoët

avis ici et ici

Mon avis: Une BD bien glauque, où les couleurs joyeuses laissent sourdre une violence omniprésente. Je ne sais pas si j'ai aimé ou non, ça pèse trop lourd sur l'estomac.

 

 

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Tobie des marais par Sylvie Germain

résumé et extrait ici

Mon avis: Une écriture magnifique, une histoire qui flotte entre deux eaux, onirique. Honte à moi, j'ai corné des pages sur les passages les plus beaux. Je replonge dès que possible dans l'oeuvre de cette auteure conseillée par L desLuny's. Merci à toi, encore, pour cette irremplaçable découverte.

 

 

 


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Le secrétaire italien par Caleb Carr

Présentation de l'éditeur: L'affaire commence lorsque Holmes reçoit un télégramme de son frère Mycroft l'appelant à l'aide. Proche conseiller de la reine Victoria, ce dernier craint pour la vie de la souveraine. Fait étrange, deux de ses serviteurs ont été percés de plus de cinquante coups de poignard, exactement comme le secrétaire italien de Marie Stuart, assassiné trois siècles plus tôt. Il n'en faut pas plus à Holmes et à son fidèle Watson pour accourir sur les lieux du drame et démontrer que la force de déduction vient forcément à bout de l'inextricable quand il s'agit de défendre l'ordre, l'Empire et la reine Victoria ! A la demande des héritiers de Conan Doyle, Caleb Carr a imaginé une nouvelle aventure de Sherlock Holmes, qui renoue avec l'atmosphère surnaturelle du Chien des Baskerville. Ni pastiche, ni parodie, un bel hommage au plus célèbre des détectives.

Mon avis: J'avais dévoré l'Aliéniste, du même auteur; ce roman-ci m'a beaucoup plu. Mais avec le temps, son souvenir s'efface...

 

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Un grison d'arcadie par Pierre Magnan

Présentation de l'éditeur: A Manosque, Pierrot, 15 ans, part à l'aube ramasser des escargots dans les collines.
Il entend un coup de feu. Nous sommes en 1945, des coups de feu Pierrot en a entendu beaucoup au cours des années précédentes. Il pense que son voisin, le boulanger, qu'il voit s'enfuir de la ruine où il se cachait, vient de braconner quelque faisan, mais, sa cueillette achevée, il se heurte au cadavre d'un personnage considérable. C'est le capitaine Patrocle, un héros de la Résistance. Quelque chose est en train de glisser du portefeuille du mort : c'est une lettre sur papier bleu qui est la clé du mystère.
Pierrot s'en empare et remet le portefeuille en place. Dès lors il ne va plus vivre que dans la crainte d'être dépossédé de cette lettre qu'il a glissée dans son béret. Ce béret qui à la fin fera éclater la tragédie.

Mon avis: je reste mitigée. L'auteur en fait trop, en tournures de phrases et en circonvolutions. Ma Porteuse d'eau a beaucoup aimé.

 

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L'ombre du prince, une enquête du mandarin Tân, par Tran-Nhut

Présentation de l'éditeur: Un an après sa nomination dans une région reculée et désuète au nord du Viêt-Nam, le mandarin Tân se rend à Thang Long, à la recherche de livres qui font défaut à sa province.
Mais au lieu de manuscrits, il découvre une série de corps délicatement incisés par une lame artiste, meurtres sanglants qu'il lui faut élucider au plus vite en ce XVIIe siècle troublé par des luttes d'influences entre princes et seigneurs. Curieux voyage à la Capitale, où le jeune magistrat est confronté non seulement à la toute-puissance des nobles et à un vol singulier chez les eunuques, mais aussi aux ombres surgies de son propre passé.
Le sang versé hier appellerait-il les crimes d'aujourd'hui ? Pour percer à jour les motifs étranges d'un assassin sans pitié, le mandarin Tân devra pousser jusqu'au bout une effroyable logique qui, cette fois-ci, ne le laissera pas intact. Les s?urs Tran-Nhut " font magnifiquement revivre la civilisation de leurs ancêtres tout en créant un personnage attachant qui n'a pas fini de faire parler de lui " (Gérard Meudal, Le Monde).

Mon avis: Une enquête amusante, pleine d'humour, une vraie lecture de vacances qui a ramené avec elle les grains de sable de la plage de Ty palud. Il fallait me voir, voûtée face à l'océan, pelotonnée dans un plaid malgré mes quatre épaisseurs de pulls. Pas qu'il faisait froid, non, c'est le vent du large qui vous traverse de part en part! Merci pour cette sympathique lecture, La cabane céleste!

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Le clan des Otori tome V, Le fil du destin, par Lian Hearn

Présentation de l'éditeur: Complots, trahisons, vengeances, mais aussi amitiés loyales et amours passionnées.... Shigeru grandit dans l’ atmosphère oppressante du chateau de Hagi, fief du Clan des Otori dont il est l’héritier. Il a l’étoffe d’un chef, un caractère noble et droit, une éducation accomplie qui le portent à régner. Mais il doit faire face aux appétits de conquêtes de son voisin, l’ambitieux Iida, et aux machinations et traîtrises de ses propres oncles. À la sanglante bataille de Yaegahara, son destin semble scellé. Pourtant, préparant dans le secret sa revanche , Shigeru attend son heure - lorsqu’il apprend qu’un jeune garçon vivant dans les montagnes lui ressemble étrangement...
Le Fil du destin s’achève ainsi là où commence Le Silence du Rossignol

Après la publication des trois premiers tomes de sa saga, Lian Hearn a voulu raconter, dans Le Fil du destin, qui était Sire Shigeru. Puis elle a écrit la fin de l’histoire (Le Vol du héron). Le Fil du destin, à travers la vie héroïque de Sire Shigeru, nous permet de mieux comprendre ce Japon féodal magnifique et redoutable que Lian Hearn fait revivre dans son oeuvre avec une force évocatrice incomparable.

Mon avis: Autant j'avais été déçue par le quatrième tome, qui nous ramenait à la dure réalité (tout le monde meurt et le bonheur est fugace), autant j'ai apprécié celui-ci, retrouvant tous les ingrédients qui m'avaient fait dévorer les premiers tomes. Quand je pense que je n'avais pas enive de les lire parce que les couvertures ne me plaisaient pas! Et puis, ce dernier volume, je l'ai eu pour pas grand chose dans une librairie d'occasion, cela n'ôte rien au plaisir!

 

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La femme adultère par Giuseppe Conte

Présentation de l'éditeur: "Les scribes et les pharisiens amenèrent une femme mariée qu'on avait surprise avec un autre, ils la placèrent au milieu et dirent : Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère.
Moïse, dans la Loi, nous ordonne de lapider à mort ce genre de femmes. Toi, qu'en dis-tu ? "
Qui était cette femme ? Quelle avait été sa vie, avant ? Quelle allait être sa vie, après ? Inspiré par ce personnage mystérieux des Evangiles, Giuseppe Conte imagine tout de cette femme et nous raconte son enfance près de la mer, son mariage avec un triste marchand, sa découverte de l'amour et de la volupté, son errance ensuite.
De Jaffa à Rome, de la Palestine sous occupation romaine à l'Italie néronienne qui voit la naissance du christianisme, Giuseppe Conte nous entraîne dans un roman superbe, foisonnant et éminemment sensuel. Prix Manzoni du meilleur roman historique 2008.
Mon avis: Cela faisait longtemps que je n'avais lu de romans "historiques", pas plus d'ailleurs que de romans sur le religieux. C'était vraiment pas mal, contre toute attente, je ne me suis pas ennuyée le moins du monde.

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Les mémoires d'Elisabeth Frankenstein par Theodore Roszak

résumé et extrait ici

Mon avis:celui-là, je l'ai viré aussitôt lu. Je suis allée au bout pour voir, en espérant un revirement. Que nenni. Rien à faire, je n'ai pas accroché à cette histoire trouble d'alchimie et de chasse aux sorcières. Ll'homme qui a recueilli le témoignage-confession du Docteur Frankenstein, est pati à la recherche d'iformations sur sa vie. Il trouve le journal de sa fiancée et nous le livre, entre-coupé de commentaires misogynes censés coller à l'époque. C'est artificiel et fatiguant.

 

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Petit traité de l'immensité du monde par Sylvain Tesson

Présentation de l'éditeur: Pour ralentir la fuite du temps, Sylvain Tesson parcourt le monde à pied, à cheval, à vélo ou en canot. Dans les steppes d'Asie centrale, au Tibet, dans les forêts françaises ou à Paris, il marche, chevauche, escalade aussi les monuments à mains nues. Pour mieux embrasser la terre, il passe une nuit au sommet de Notre-Dame de Paris, bivouaque dans un arbre ou sous un pont, construit des cabanes.
Cet amoureux des reliefs poursuit le merveilleux et l'enchantement. Dans nos sociétés de communication, il en appelle à un nouveau nomadisme, à un vagabondage joyeux. Ce Petit traité sur l'immensité du monde est un précis de désobéissance naturaliste, une philosophie de poche buissonnière, un récit romantique contre l'ordre établi.

Mon avis: un très joli cadeau, qui commençait à s'ennyuer en m'attendant. Il faut dire que cette longue liste (et vous n'avez pas vu la suite) correspond au début de mise à exécution d'une grande décision: lire tous les romans en attente sur mes rayonnages, parfois depuis... des années... Certains passages de celui-ci ont fini dans mon cahier de mots et lui-même va voyager à son tour, c'est certain. Merci Rouilla&Sylvain!

 

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Matin brun par Franck Pavloff

Résumé ici

Mon avis: Une nouvelle très courte, très connue, il fallait quand même que j'y vienne, surtout que ce n'est pas le volume qui pouvait m'effrayer. Petit frisson tout du long.

 

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Le gardien du phare par Catherine Hermary-Vieille

Présentation de l'éditeur: Trois femmes échouées sur une île sauvage dont une tour de pierres grises barre tous les chemins. Un gardien qui jamais ne se montre. Elles guettent, sentent et redoutent sa présence. Mais existe-t-il vraiment ?
Hormis l'étendue de la mer, les nuages et la brume, elles portent de lourds secrets et n'ont plus que leurs souvenirs, leurs rancunes, leurs désillusions et leur détermination à survivre.
Pour quelle obscure raison le destin les a-t-il jetées sur ce bout de terre isolé, ce monde clos et hors du temps que rien ne semble atteindre ?

Prix Femina pour Le Grand Vizir de la nuit, Catherine Hermary-Vieille retrouve ici les eaux sombres et tempétueuses des soeurs Brontë, les landes et les passions des grands romans anglo-saxons, aux confins de l'âme humaine et de la vie, du rêve et de la réalité, avec une intensité, une beauté, une émotion que cristallise l'écriture pure et troublante d'un véritable écrivain.

Mon avis: L'idée est fort jolie, l'atmosphère îlienne, mais de ces îles de landes et de pluie, n'est pas pour me déplaire. Je l'ai subtilisé un après-midi, l'ai rendu avant le souper, cela ne s'est même pas vu.

Extrait: Où avons-nous échoué, Camille, Anne et moi ? L'îlot est singulier et, sans la lumière du phare qui semblait nous guider, nous aurions été toutes trois englouties. Combien d'heures avons-nous dérivé ? Le brouillard est épais et je ne peux me faire une idée précise de ce qui nous entoure : des rocs, je présume, du sable, des arbustes rabougris, une lande aride, un chenal où s'engouffre la mer qui nous sépare du phare.

 

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Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles par Gyles Brandreth

Présentation de l'éditeur: En cette fin de siècle trépidante, Oscar Wilde, dandy éclairé, virevolte de mondanités en rendez-vous discrets, lorsqu’un drame vient bouleverser sa vie. Tandis qu’il s’apprête à écrire Le Portrait de Dorian Gray, il découvre dans un meublé le corps d’un jeune garçon de sa connaissance. Tout semble indiquer un meurtre rituel. Et en ami fidèle, Oscar Wilde s’est juré de ne pas trouver le repos tant que justice n’aura pas été faite pour Billy Wood.

Mon avis:Je lirais bien la suite!

 


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Sido, et Les vrilles de la vigne, par Colette

Présentation et extrait ici

Mon avis: Encore et toujours j'aime ses mots, sa tendresse pour les gens et les choses, son regard unique...

 

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Laisse moi te raconter les chemins de la vie par Jorge Bucay

Présentation de l'éditeur: Un jeune homme qui souhaite en savoir davantage sur lui-même va consulter Jorge, un personnage hors du commun, qui à chaque rencontre lui offre une nouvelle histoire. Au fil des contes - de la fable de l'Eléphant enchaîné à celle du Trésor enterré - Jorge nous amène à mieux retrouver les trésors cachés au fond de nous. Autant de récits métaphoriques et de paraboles édifiantes qui nous font voyager aux quatre coins du monde pour nous atteindre au plus profond de nos cœurs. Dans Laisse-moi te raconter... les chemins de la vie, chacun trouve des réponses à sa quête personnelle.

Mon avis: Trois temps à la lecture de ce drôle de petit livre-là: sourire, réfléchir, offrir!

Un extrait ici

 

 

 

07/05/2009

Notes de lecture #2

Chose promise, chose dûe, puisque cela ne vous barbe pas trop, voici la nouvelle édition de mes récoltes de papier. Je n'y évoque pas ceux qui me sont tombés des mains, je préfère les oublier. Les notes de lecture #1 sont à lire ici.

 

Alice Sebold, Noir de lune:

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Une femme raconte comment elle en vient à étouffer sa mère, allant et venant entre le récit d'une enfance lugubre et les affres du choix à faire: fuir ou d'assumer ce geste imprévu, mais tellement prévisible. Un "service de presse" recu à la librairie et lu sans enthousiasme, je suis restée sur le pas de la porte, ni dedans ni dehors, une sensation curieuse. J'ai tenu jusqu'au bout mais l'histoire est si amère que j'en suis restée un peu perplexe, et déçue parce que j'avais plongé dans La nostalgie de l'ange sans hésitation.

Un autre avis ici

 

 

 

Marlen HAUSHOFER, Le mur invisible

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Un livre prêté par ma fée maraine persuadée à raison que j'aimerais cete histoire étrange d'une femme qui se réveille un jour isolée du monde par ce mur invisible au delà duquel tout semble mort. On ne saura pas plus qu'elle se qui s'est produit, mais l'on pense à une guerre atomique. De son réapprentissage de la solitude totale, de la responsabilité des êtres vivants qui dépendent d'elle (quelques animaux qui se sont trouvés dans le périmètre protégé), de son ignorance inquiète de si elle est seule survivante ou non, de son quotidien chargé d'angoisse, désorienté mais aussi empli de petites satisfastions et de joies profondes... Renouer avec ce qui fonde la vie. Galant-homme n'a pas accepté de ne pas savoir le fin mot de cette histoire, alors que cela ne m'a en rien dérangée: l'écriture s'attache au point de vue interne de cette femme, pour qui l'explication est inaccessible, ce qui donne sens à ses états d'âme, à ses réflexions et à ses choix. Un extrait lu ici, pour ce roman qui m'accompagne depuis sa lecture il y a un an...

Un autre avis ici

 

Christian Charrière, La forêt d'Iscambe

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Les hasards font souvent bien les choses, c'est en flânant inconsidérément dans les rayons de ma toute nouvelle biobliothèque de quartier que je suis tombée sur ce titre, que j'ai lu cette 4ème de couverture, et que j'ai plongé avec délices dans ces pages luxuriantes et pleines d'humour. La France est presque totalement recouverte d'une forêt étrange suite à une guerre totale qui n'a laissé que des organisations humaines éparses et dégénérées. Deux Laineux, des mystiques complètement improbables, entreprennent un voyage interdit vers les ruines de la bibliothèque nationale de France à la recherche de manuscrits précieux. L'auteur réussit un tour de force à n'être jamais ennuyeux, toujours lisible au deuxième degré, plein d'ironie bien pensée. Un vrai plaisir, une autre lecture qui m'accompagne sur mes chemins et ne me fait plus voir les stations service comme avant.

Un autre avis ici

 

Michèle Lesbre, La petite trotteuse

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Après Le canapé rouge, qui m'avait totalement envoûtée, j'ai craqué pour ce titre. J'y ai retrouvé la lenteur et l'expectative, le traitement envahissant des atmosphères, pour mon plaisir.

Une femme s'est fixé la visite de trente maisons à vendre, lorsqu'elle s'est aperçue que cela l'aidait à faire surgir des souvenirs oubliés. Elle va visiter la dernière maison, renouer le fil décousu de sa mémoire, croiser des gens qui accrochent son regard.

Ma mère n'a pas aimé, tandis que j'ai à nouveau succombé pour la petite mélancolie qui sourd de ces pages.

Un autre avis ici

 

Milena Agus, Mon voisin

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Un récit très court, écrasé de chaleur, drôlatique et tendre, sur le désespoir d'une jeune mère qui ne sait pas vivre sans homme et va retrouver le goût de vivre grâce au fils de son voisin. Une sorte de friandise littéraire acidulée.

 

 

 

 

 

Annick Bertand-Gillen, Les affranchis jardiniers

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Une femme raconte comment elle et son compagnon ont fait d'une roulotte usée par leur cinq années d'errance sur les routes de France, un havre de verdure et de vie au rythme de leur sédentarisation, de leurs apprentissages, de leurs convictions. Le jardin est sublime, les textes sont authentiques et profonds jusque dans la description du quotidien, l'écho de ce choix de vie résonne en moi. Pour tout dire, ce jardin se visite et l'on pourrait bien l'y voir un de ces jours, si la vie m'y conduit.

 

 

 

Savoir revivre

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Un vieil album déniché chez ma Grand-mère Lotus, qui ressemble à un curieux manuel pour humains privés brutalement du progrès. J'ai pensé à Ravage, le roman post-cataclysmique de Barjavel (mon chouchou, Barjavel je ne vous l'avais pas dit?).

Les rudiments de couture voisinent avec un petit précis abrégé de jardinage, non loin d'un mémo de prévision météo par l'observation des nuages. Une drôle de lecture, mais je le garde sous le coude, on ne sait jamais ;-)

 

 

 

 

Et en "jeunesse":

Erin Hunter, La guerre des clans

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Une série jeunesse dénichée par hasard puisque le premier tome était glissé par erreur dans le rayon adulte d'une bibliohèque de quartier où je n'ai mis les pieds qu'une fois, attirée par une conférence à laquelle je n'ai pu assister faute de place. J'ai erré entre les étagères pour cuver ma déception... Bien m'en a pris, j'ai dévoré ce tome, puis les suivants, et Galant-homme m'a emboîté le pas vaillamment! Un régal, écrit pour la tranche 7-12 ans, mais une petit régression ponctuelle ne fait pas de mal! J'ai trouvé le sixième tome, et je vais de ce pas m'y plonger (quand Galant-homme me l'aura rendu, il me l'a chipé sans vergogne!)

Un jeune chat domestique est invité par un clan de chat sauvages à vivre parmi eux dans la forêt. Il y apprend les règles du clan, la rivalité avec les clans voisins, la confiance et la trahison, la responsabilité et le doute. Et l'humus sous les pattes, la clarté des étoiles, le goût -jamais donné pour rien- de la liberté.

 

 

 

Marie Aude Murail, Miss Charity

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Voilà une couverture qui ne m'aurait pas attirée au premier regard, mais Nathalie, ma collègue libraire, me l'a désigné avec une lumière dans le regard qui m'a convaincue mieux que tous les discours.

Le récit déroule la vie de cette Miss Charity, fille de gens de la haute société anglaise du XIXème, si engoncés dans leurs principes qu'ils la laissent livrée à elle-même, aux bons soins d'une bonne totalement schizophrène. Charity attrape la première bouée qui passe: ce sera une souris. Dès lors elle se passionne pour l'observation de la vie animale et nous la suivons sur ses chemins tortueux et drôles. Marie Aude Murail romance extraordinairement la vie de Béatrix Potter, c'est plein de vie, et tout en nuances en même temps, j'ai dévoré ce gros pavé avec jubilation.

 

 

Bjarne Reuter, L'anneau du prince

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Un jeune garçon de quatorze ans va écouter le disours étrange d'une femme qui lit les ligne de sa main, s'en défier mais pourtant vivre une série d'aventures presque aussi rocambolesques que les histoires qu'il se plaît à enfler comme des grenouilles, en tout cas pas si loin de la prophétie de la vieille Zamora.

Un autre roman jeunesse très épais, que j'ai lu en plusieurs fois, de façon assez hâchée, et que j'ai bien cru arrêter dix fois: pas de complaisance dans ce récit foisonnant, qui donne un sentiment mêlé d'indigestion et de tendresse, parce qu'on y trouve de jolies choses et que c'est bien agréable dans la noirceur environnante.

 

23/03/2009

1, 2, 3, nous irons aux bois!

4, 5, 6, cueillir des champignons!

Parce que j'ai été tagguée par Suzanne, voici les 3 phrases qui suivent la cinquième de la 123ème page du livre le plus proche de moi.

"Elle finit par repartir définitivement. Bien sûr, je revins immédiatement cueillir les plus beaux bolets du groupe, que le soir même notre aubergiste nous prépara sous forme d'une délicieuse omelette, pour notre plus grand plaisir. Autre version: la vieille insulaire n'est autre que la mère de notre aubergiste."

Et comme la quatrième phrase est trop savoureuse, la voici:

"Elle voulait garder les bolets comme instruments d'un rituel païen devant être célébré le soir même."

Christophe Till Geisser, Lamelles

Mon choix était le bon: une lecture contemplative et savoureuse qui donne envie de chausser ses bottes, de saisir son panier, de potasser son guide et de courir les prés et les bois... Merci Bladelor!

 

Et comme je ne suis pas obéissante, que je dois un tag à Charlotte, que j'ai envie: à la place de six choses sans importance sur moi (j'y ai déjà répondu il y a longtemps, sans importance, mais aussi sans intérêt, je n'ai pas su faire original!) voici un extrait arbitraire d'un livre que j'ai délibérément choisi, parce que je l'aime d'amour tout entier et même plus.

"-Et il a laissé des fantômes dans ma tête?

-Plutôt des fantômes de fantômes, en fait. Des machins pour lesquels on n'a pas de mots, si ça s'trouve"

Mademoiselle Niveau frémit. "Ben, le ciel soit loué, tu t'es débarrassé de l'intrus, au moins, chevrota-t-elle. Quelqu'un veut une tasse de thé?

-Ah, laisseuz-nos faere cha! s'écria Rob Deschamps, en se levant d'un bond. Guiton Simpleu, les gars et vos, faetes du teu pour ces dames!"

Terry Pratchett, Un chapeau de ciel, un roman du disque monde, aux éditions L'atalante, p247

 

13/03/2009

De l'ambivalence dans l'affection

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Quand un renard affamé se retrouve avec un caneton qui l'appelle Papa, comment se débrouiller entre sa nature profonde, et... son autre nature profonde? Entre ses instincts de survie et ses instincts de protection, son besoin de manger et son besoin d'amour?
Une si jolie fable, je l'avoue, elle me touche au point de m'embuer un peu les yeux...

17/02/2009

Les belles manières

En brochettes sur un fil,

hirondelles mâles en mal de belles,

qu'arrive-t-il quand trop c'est trop

pour une seule elle?

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pour Galant-homme qui a su faire le plus beau des vides sur le fil de mes jours, un vide incroyablement plein...

...

pour Soeur Taupe qui s'envole demain à tire d'aile, débrouiller d'autres fils à sa façon...




 

19/01/2009

Hulule la chouette

C'est de lire Malice, ici et qui m'a remis en tête les sublimes histoires d'Hulul le hibou -Owl at home, pour les puristes!

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De petites merveilles fantaisistes et poétiques à l'heure d'aller dormir (un aperçu ici), une telle tendresse de l'auteur pour son personnage, de la drôlerie, et pour moi le souvenir lointain et savoureux d'un papa conteur, qui s'occupait de nous à la nuit, pendant que notre maman s'occupait de la traite et du pansage des chèvres. Hulul invite Hiver à venir se réchauffer au coin du feu, se réjouit de l'amitié de la lune qui le suit partout, nous livre sa recette secrète pour un bon thé aux larmes... Que c'est doux...

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12/01/2009

Récapitulons

Notes sans intérêt de mes lectures d'automne-hiver: pour me souvenir, il faut bien écrire quelque part, et qui sait, cela pourra en aiguiller certains...

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Mélie met de côté des analyses de santé inquiétantes pour mieux accueillir sa petite fille en vacances, et lui fabriquer des souvenirs.

Un roman pour voir la vie en rose malgré tout... J'avais préféré le premier roman de Barbara Constantine, Allumer le chat, mais enfin, je n'ai pas boudé ce petit plaisir sans conséquence.

 

 

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Adamsberg voyage, et se fait pas mal balader, entre pieds coupés, sauvetage de chaton et techniques meurtières d'anéantissement de vampires.

 

Inconditionnelle de Fred Vargas, pas de réserve d'autant que le thème des vampires m'a beaucoup amusée, mais les trois évangélistes (d'autres enquêteurs hauts en couleurs) me manquent...

 

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Un vieux critique gastronomique sur son lit de mort erre en pensées à la recherche d'une saveur originelle perdue, tandis que son entourage monologue intérieurement à son sujet.

 

Quel ennui... Un exercice de style forcé à mon goût, je suis allée au bout mais avec peine. Je me demande si cela n'aurait pas pu être plus digeste si Muriel Barbery avait intégré ce court roman à L'élégance du hérisson, où l'on retrouve les lieux et certains personnages.

 

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Un homme seul marche indéfiniment sur la Lune, montagne arride et isolée, jusqu'à ce qu'il décèle qu'il est suivi. Poursuivi serait plus juste. On découvre progressivement les raisons de ce qui se met à ressembler à une traque réciproque, entre onirisme et réel danger.

Un roman considéré comme "masculin" par mon jeune collègue libraire, qui classifie très souvent les romans selon des critères de sexe. Eh bien, j'ai totalement accroché à ce récit rude, alors qu'il est tombé des mains de Galant-homme... Comme quoi rien n'est moins fixé que la ligne entre les genres...

 

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Un homme se retrouve confronté à la possibilité de se faire passer pour mort, et à changer de vie. Sauf qu'il ignore totalement à quoi tout ceci l'engage. Heureusement, une piscine à champagne lui tiendra les idées claires.

C'est constant, je n'aime vraiment que les romans où Amélie Nothomb parle d'elle et romance sa vie. Les autres romans qu'elle nous propose me semblent soit méchants et aigres, soit inconsistants, ce qui est le cas ici...

 

 

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Jean Louis Fournier nous livre ses états d'âme, le souvenir douloureux de ses deux fils handicapés mentaux, l'humour noir qu'il a développé face à la souffrance.

Il me semble que c'est un texte à entendre comme une voix, une voie parmi tant d'autres, qui sonde le désarroi et le chagrin, met au jour ce que peut faire vivre un enfant handicapé à ses parents, sans exhaustivité, avec une belle honnêteté qui explique l'impression de violence qui imprègne cette lecture.

 

 

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Deux soeurs qui ne se comprennent pas et pourtant se ressemblent étonnament prennent à tour de rôle les rennes du récit, nous confiant la complexité d'une famille haïtienne terriblement ordinaire, face à la disparition de leur frère qu'elles vont chercher toute une journée à travers la ville, en recoupant de maigres indices.

Une écriture forte, prenante, pour une histoire tout en gravité, mais aussi tout en énergie, en lutte pour survivre et espérer.

 

 

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Un journaliste indifférent à la religion, s'appuie sur ses origines juives pour explorer la bible avec une originalité et une bonne humeur remarquables, à la recherche de ce qui fascine tant de personnes croyantes.

J'ai appris beaucoup, sans m'ennuyer une seconde, en riant aux éclats plus d'une fois, mais j'ai aussi été touchée par certaines rencontres humaines inattendues.

 

 

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Colette dessine ses souvenirs d'enfance avec la sensibilité, la drôlerie, la grâce que j'avais tant envie de retrouver depuis ma "dévoration" des autres Claudine. Ses mots font naître à mon esprit des images tellement précises, roulent si bien sur la langue...

 

 

 

 

 

 

 

Et en littérature jeunesse:

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L'école est réservée aux nobles, dans un espace-temps équivalent au nôtre, sauf que la révolution française a échoué. Des résistants s'organisent et trouvent de rares alliés parmi la noblesse, le tout assaisonné d'une histoire d'amour supposée accrocher le jeune lecteur.

Autant lire 1984 et Farenheit 451.

 

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Peter avant qu'il soit Pan. Comment il a acquis la capacité de voler, comment il est arrivé sur l'île que l'on connaît, comment le crocodile a commencé à tic-tacquer...

Une lecture "pour la librairie", qui m'a divertie et amusée, pleine de rebondissements et d'idées sympathiques, et qui me paraît tout à fait cinématographique.

 

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Un jeune alchimiste de basse extraction se retrouve lancé dans une aventure rocambolesque suite à la découverte d'un assassinat et d'une prophétie le concernant.

Rien de bien folichon, je suis allée au bout tout en pensant sans arrêt à d'autres romans jeunesse (Le dernier orc, la trilogie des Royaumes du Nord, et même Harry Potter et le Seigneur des anneaux), ce qui ne m' pas été très agréable. A la librairie,je ne l'ai conseillé qu'aux jeunes ados qui ont déjà tout lu et sont en manque total... Si si, il y en a quelques-uns!

02/01/2009

croître

Encore une petite merveille, des illustrations d'une finesse, d'une poésie toutes particulières, qui dévoile la vie statique mais pas si paisible d'un petit pépin de pomme...

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12/12/2008

De la beauté, de la laideur, de leurs conséquences, et inconséquences...

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REN-VER-SANT! Je viens de refermer ce livre-là, que je n'aurais probablement jamais choisi de moi-même, et, ce qui est rare pour les services de presse que j'emprunte à la librairie, j'ai envie de le garder. L'écriture est agréable, mais l'atmosphère surtout est étonnante, née d'idées totalement surprenantes, pour moi inédites et charmantes. Je me suis laissée avoir, malgré les indices disséminés, par la subtilité de l'exercice de style, et je me refuse à en dire plus de peur de gâcher le plaisir de ceux qui s'y frotteront.

 

Voici la quatrième de couverture.

Elle a l'air d'une bonne femme de neige géante, avec une tête en face de lune et deux yeux en boutons de culotte. Non, Aza n'est pas jolie. Elle ne l'a jamais été. Déjà quand une inconnue l'a abandonnée, à l'âge d'un mois, à l'auberge de la Plume d'oie, elle était laide. Quinze ans plus tard, elle est affreuse. Ses parents adoptifs la protègent en la cachant des visiteurs et en éliminant les miroirs. Les seuls clients à ne pas être gênés par sa vue sont les gnomes. Un jour, l'un d'eux, en l'entendant chanter, a sympathisé avec elle et lui a prédit l'avenir... Sa beauté, c'est sa voix, la plus belle de la région, et peut-être même du pays. Elle a inventé une nouvelle manière de chanter, qu'elle garde secrète. Quand une duchesse, de passage à l'auberge, invite Aza à remplacer sa dame de compagnie enrhumée et à l'accompagner au remariage du roi, elle accepte, au risque de devoir dévoiler son secret. Là-bas, au château d'Ontio, l'attendent un miroir magique et même maléfique, l'amour d'un prince, la haine d'une reine et la réalisation de la prédiction du gnome.