31.07.2008

ce(ux) qui reste(nt)...

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C'était un roman de la dernière rentrée littéraire, ma soeur-taupe était au Cambodge, lointain pays de nos lointaines origines, et je l'accompagnais de loin, dans un état émotionnel étrange, aussi insaisissable qu'indicible, et comme délestée de mon entièreté au profit d'une part de moi partie aussi...
Ces pages m'ont parues tellement justes, à moi restée ici, à mille lieues de là-bas, si loin de ce qu'elle pouvait endurer, rencontrer, si proche pourtant...
Bien sûr, on le lui a offert, et elle n'a pas aimé, était-ce lié à "qui", était-ce le gouffre entre nos expériences de soeurs privées du partage de l'émotion lorsqu'il n'y a point de mots, le gouffre entre ces deux pays, Cambodge et Vietnam, le gouffre entre ces deux personnages,  princesse et pêcheur?

02.05.2008

remède inattendu à une grippe de cheval

S'en douterait-on?

Enrhumée, je n'ai qu'un objectif, unique garant de ma survie face aux manifestations assommantes de mes fonctions immunitaires.

Ce graal est le suivant: il s'agit pour moi de trouver le moyen de n'abandonner le creux de l'oreiller, la tièdeur de la couette, que pour m'alanguir sur le divan, douillettement enveloppée d'un plaid. La bruine trouve généralement de bon ton de s'inviter, ininterrompue, luisante sur les toits de mon quartier. Le grog peut agrémenter considérablement mon état larvaire tandis qu'une profusion de grands mouchoirs en tissu vient pallier aux velléités indomptables de mes sinus à jouer les Manon des sources.

Mais venons-en à l'élément central du tableau, celui sans lequel le potentiel de volupté fiévreuse d'une à deux journées entières se réduit à une succession de longues heures de somnolence moites et inconfortables qui ne me laissent respirer qu'avec peine et me privent du goût du bouillon d'oignons...

Cette nuance toute fondamentale, c'est le roman qui m'attire l'oeil sur le rayonnage, celui que je n'ai, ô suprême joie, aucune raison de lâcher avant la dernière page, celui qu'aucune réticence de mon SurMoi ne me dissuade d'extraire de la bibliothèque, celui que mon état embrumé laisse passer en deça de la vigilance de cette instance persécutrice à force de raisonnable.

Une fois que tout mon petit monde intérieur a constaté que décidément, non, ma partie conceptuelle ne comprendrait rien d'un essai théorique bien qu'il s'avère indispensable à la validation prochaine de mon diplôme, à moi la liberté! Ainsi je rattrappe d'une seule traite, à longues oeillades avides, l'interminable période de privations de romans que je dois admettre auto-infigée. 

Mon dernier accès de fièvre remonte à une dizaine de jours seulement. Ma main guidée par l'instinct, une certaine nostalgie pour les dictées de ma prof de français de troisième, nostalgie bruissante depuis des mois, ravivée d'autant par l'héritage d'un petit trésor de ma grand-mère-lotus (ou "des merveilles de sa bibliothèque")...

Cette main non-avertie a comblé mes deux jours de paresse autorisée.

Ainsi, sans savoir réellement à quel plaisir je m'exposais,  j'ai ouvert un gros volume relié d'indigo, à lettres d'or frappées sur la tranche:

COLETTE

Claudine à l'école

Claudine à Paris

Claudine en ménage

Claudine s'en va

 

J'ai dévoré l'intégralité du recueil en moins de 48 heures... Certes, on sent les visées commercialement voyeuses de Willy, mais le talent d'écriture de Colette est renversant, sa sensibilité aux êtres me touche profondément, plus d'un siècle après, et je me sens terriblement liée à elle pour son goût  charnel, immodéré, presque mystique, pour ce que l'on nomme platement "la nature" ou pire, "la campagne".

Prise au piège, je suis habitée depuis par l'envie de lire un à un tous ses écrits, dans l'ordre de publication... 

Un petit extrait à savourer:

    "La maison était grande, coiffée d'un grenier haut. La pente raide de la rue obligeait les écuries et les remises, les poulaillers, la buanderie, la laiterie, à se blottir en contre-bas, tout autour d'une cour fermée.

    Accoudée au mur du jardin, je pouvais gratter du doigt le toit du poulailler. Le Jardin-du-Haut commandait un Jardin-du-Bas, potager resserré et chaud, consacré à l'aubergine et au piment, où l'odeur du feuillage de la tomate se mêlait, en juillet, au parfum de l'abricot mûri sur espaliers. Dans le Jardin-du-Haut, deux sapins jumeaux, un noyer dont l'ombre intolérante tuait les fleurs, des roses, des gazons négligés, une tonnelle disloquée... Une forte grille de clôture, au fond, en bordure de la rue des Vignes, eût dû défendre les deux jardins; mais je n'ai jamais connu cette grille que tordue, arrachée au ciment de son mur, emportée et brandie en l'air par les bras invincibles d'une glycine centenaire..."

La maison de Claudine,p.9-10, Colette, Le livre moderne illustré (le prix est imprimé sur le bas de la couverture: Deux francs cinquante!) 

 Ce volume-ci me reste à lire, ce sont les deux premiers paragraphes, cette perspective me met en joie...

 

 

 

 

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 photo empruntée ici, je la trouve magnifique...

25.02.2008

c'est toujours l'heure du câlin!

"Un petit cadeau de rien du tout" 
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Il était là, juste à côté, chez ma voisine préférée, et je ne le savais pas!
Exactement dans la même veine qu'ici (normal, c'est le tome I des aventures de Moof!), l'auteur traduit de façon profondément simple, humble et juste la tendresse qui peut unir les êtres...
J'ai le sourire rien que d'y penser.
Et ça, ça fait vraiment du bien! 
 
 
Et vous, qu'est-ce qui vous fait du bien? 

15.02.2008

Voyage intérieur

Lectrice insatiable mais exigeante, contrariée par un manque de temps chronique, j'ai eu la chance de m'alanguir sur ce canapé rouge l'été dernier (non, pour certains qui viennent ici quelques fois et qui ont d'autres références, pas le rouge bordelais, pas celui qui avait un vortex intégré, même si j'aurais bien aimé aussi. hum.) et l'écriture à la fois sobre et ciselée de Michèle Lesbre m'a sauté au coeur.  Que ceux qui ne supportent pas la lenteur contemplative et les insignifiants détours du chemin s'abstiennent. La femme qui occupe tout l'espace de ce récit passe son temps dans un train qui l'emporte vers un amant perdu, à des centaines de kilomètres de chez elle. Les trois jours de ce voyage lui font prendre conscience de l'écart entre cet homme rêvé depuis trop longtemps et la vie qui s'enfuit sans états d'âme...

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21.11.2007

Un p'tit coin d'parapluie contre un coin d'paradis

Mme Hô est veuve. Elle ne sort jamais sans son parapluie, qui lui tient compagnie depuis que son époux est trépassé... Mais un jour de grand vent le parapluis s'envole... Voici Madame Hô partie en quête de son compagnon et confident.

 

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Les illustrations sont d'une pureté, d'une évidence à couper le souffle...  Jeux de transparence, multiples lectures possibles, grande pudeur du propos, beauté des jeux de contrastes et de complémentarité des couleurs...  

17.11.2007

c'est l'heure du câlin!

Quand Moof le chat se perd dans le brouillard, il découvre le paradis sur terre...

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et ça fait du bien!!
 
 
 
Une histoire toute simple, toute tendre, des illustrations épurées mais tellement expressives.
Certains jours en me réveillant, je refuse de faire quoi que ce soit avant d'avoir arpenté le paradis de Mooch.
 

 

 

 

15.11.2007

pour faire revenir les papas...

Pour ceux qui l'ignorent, je suis passionnée d'albums jeunesse ET j'ai eu la chance incroyable de travailler pendant quelques mois dans une librairie indépendante formidable, alors, forcément, j'ai eu beau tenter de résister, j'ai craqué... pour ça:

  Le quotidien poético-loufoque d'un petit garçon qui soigne amoureusement le jardin merveilleux de son papa absent, en attendant son retour, un jour, peut-être...
J'aime tout, les thèmes, les illustrations, l'écriture ludique et onirique, et l'hommage aux arbres...



Ca me fait penser... j'ai douté, mais j'ai plein de choses à poster encore! Bon, alors pas le choix, je continue encore un peu à militer pour mon parti!

(au fait, selon vous, pourquoi des myosotis?)