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05/06/2012

Ce qui meurt, ce qui vit.

En octobre le figuier donnait une récolte incroyable et nous peinions à tout transformer, et je découvrais le plaisir des figues séchées "maison".

En janvier les pousses toutes neuves du figuier atteignaient déjà une bonne trentaine de centimètres et je m'appliquais à retirer les branches mortes, à aérer ce foisonnement.

En avril ces rameaux vigoureux se sont révélés tous dessechés, mordus par le gel. Je l'ai cru perdu, cet arbre dont j'aurais voulu partager les fruits avec un qui les aimait tant.

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De minuscules bourgeons apparaissent le long des plus grosses branches, près de la base d'abord... et puis, de plus en plus loin.

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Le pied de rhubarbe acheté pour tenir compagnie à celui d'ici s'est fait ratiboiser à toute vitesse par les limaces; il n'en est rien resté.

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Et puis de retour d'une semaine d'absence, je surprends une pousse minuscule mais gaillarde.

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Un souçon que j'avais cet hiver s'est joliment confirmé.

Un couple de mésange a élu domicile dans une enfractuosité de mur.

Les oisillons piaillent à qui mieux mieux, avides.

Je n'ai pas réussi à les compter, mais ils sont au moins quatre à se bousculer là-dedans.

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Ce renouveau, cette énergie de vie me fascinent et me consolent.

De ce qui meurt ressurgit indéfiniment la vie.

13/04/2012

Grisaille

Les souris ont déménagé de sous le plancher de la chambre depuis que le chat aux yeux d'or est arrivé. Dans leur quête d'un nouveau foyer accueillant elles ont fait escale à la cave où séchaient silencieusement les saucissons.

Les antiques garde-manger à maille fine ont repris du service grâce à l'énergie vengeresse de Galant-Homme, qui laisse depuis deux jours la porte de la cave ouverte afin d'y laisser aller et venir le chat aux yeux d'or. Lequel trouve que non, décidément, ce temps ne lui plaît pas du tout, et que nous exagérons de beaucoup de ne rien faire pour que cela change.

La cuisinière à bois ronronne de nouveau mais un parfum d'herbe fraîchement coupée presque oublié se mêle à celle du feu de bois.

C'est un temps parfait pour les morilles, mais je ne connais pas les coins. Mes pensées s'emmêlent et grisaillent elles aussi. Cela faisait longtemps. C'est presque doux.

Je n'ai qu'une envie, plonger dans le tome 2 des Enfants de la Terre, de Jean M. Auel, et passer mes journées sous la couette.

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arbre aux faisans admiré l'été dernier aux jardins de l'imaginaire de Terrasson

18/03/2012

Inventaire incomplet

Un hérisson, des musaraignes (si le chat aux yeux d'or en épargne quelques-unes), une sitelle torchepot (oui!!), un couple de mésanges nonettes, un pinson, quelques crapauds, des poules faisanes qui nous ont surpris en venant se poser à quelques mètres de nous, en pleine plantation de groseillers à maquereaux, des écureuils, une coccinelle et un bourdon, un couple de pics épeiche, un soupçon de grive musicienne, une chauve-souris... et hier soir, le premier moustique...

 

Des jonquilles, perce-neige, scilles, primevères, jacynthes, crocus, violettes, et les bourgeons du cognassier du japon qui se gonflent. Dans un vase, trois branches de forysthia ont éclos leurs étoiles jaunes.

 

Déjeuner dehors deux fois cette semaine, ne faire une flambée que le soir venu et remiser les bouillottes.

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22/02/2012

la débâcle

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Avec le dégel, surgissent les promesses de renouveau; le chant des oiseaux semble monter plus haut, le ciel se dévoile sur des bleux d'azur tout propre, les perce-neige frémissent dans l'air frais, nous avons supprimé deux bouillottes sur les quatre et la Marie Galante a mis du jaune d'or dans ma maison...

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20/02/2012

les petits matins, les mises en abîme

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La toile du grand rideau est rapiécée, tout élimée à force de  parer les courants d'air, mais elle est si belle traversée ainsi par le soleil levant...

Dans cette même chambre, j'ai le souvenir de m'être cachée par jeu sous la table à langer où ma Porteuse d'eau changeait ma soeur taupe; toute à la joie d'être poursuivie et trouvée par Pah Dhom.

J'aimais coiffer les longs cheveux de ma Porteuse d'eau, me jurant d'un jour en avoir d'aussi beaux. Pah Dom nous racontait des histoires à n'en plus finir pendant qu'elle était à la traite. En fond sonore, il aimait mettre du bandonéon; sonorités qui m'intimidaient secrètement.

Lorsque j'étais entrée à l'école, au village voisin, j'avais eu peur devant cette cour si petite, et si pleine d'enfants, quand j'avais pour moi seule - avec trois énormes et doux beaucerons, un dindon dégingandé, de farouches canes de Barbarie, des poules, les biques et quelques moutons! - une cour si grande, sans compter le parterre et le jardin, les prés, les bois...

Devant une brebi crevée que les hommes emportaient dans la brouette, j'avais questionné, et au vu de la réponse, déduit logiquement: alors Grand-mère Dragonne, comme elle est vieille, quand elle sera morte, on la mettra aussi les quatre fers en l'air dans la brouette?

J'avais trois ans. A quatre, nous avions déménagé, la vie avait suivi son cours chaotique et sans les biques, dans la cour de ma nouvelle école j'étais tombée en pâmoison pour un garçon.

Le brûle parfum de grand-père Lotus est depuis que Pah dom me l'a donné sur la cheminée. Il n'est pas loin le temps où j'aurai l'âge de ma mère quand elle m'attendait.

J'ai l'impression étrange d'avoir moins vécu qu'elle au même âge.

Très à propos je médite une citation scotchée sur un placard que j'ai fréquenté récemment:

"J'ai établi une entente de co-existence pacifique avec le temps : il ne me poursuit pas, je ne le fuis pas. Un jour nous nous rencontrerons." Mario Lago

10/02/2012

Concrétions

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05/02/2012

Avant la montée à sève

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Du temps où il y avait encore du vert aux arbres, où le sol n'était pas si saoul d'eau que nos roues y creusent des ornières, où l'on ne trouvait pas au réveil le grand portail collé par le gel, j'avais l'impression que l'automne n'en finirait pas.

Les branches se sont dénudées, nous avons commencé à tailler les lilas, d'abord ceux qui grignotent le chemin et rayent les carosseries là où le passage est plus étroit. Les buis ont fait le gros dos sous la cisaille, le figuier et les framboisiers ont perdu leur bois mort. Il y a tant à faire... Les rejets percent les murs, le sentes se referment, l'emplacement du potager, plein sud, est voilé par l'ombre de grands échalas qui se sont invités sans permission.... Le chêne que la canicule avait achevé penche de plus en plus là où il veut tomber. Je ne pensais pas un jour étudier l'utilité d'apprendre à manier la tronçonneuse.

01/02/2012

Cuvée 2012

Un nouveau moulin, pour l'huile de noix du jardin; la vitesse effarante de la meule mûe à la seule force de l'eau qui se rue dans les augetsde la roue, le geste sûr et concentré de la meunière qui accompagne la meule sur trois temps d'une valse dangereuse, l'odeur de l'huile et le lever du jour à travers le vieux carreau rendu opaque de graisse, les cristaux de givre alentour, la résurgence d'une source qui perce le goudron au beau milieu de la route...

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30/01/2012

Les cargaisons monotones

Rentrer du bois pour la semaine. Au moins quatre brouettes, parfois cinq si nous avons été beaucoup à la maison durant la semaine, plus le petit bois à fendre, tâche à laquelle s'attache Galant homme avec l'application de celui qui prend à coeur l'approvisionnement du foyer. Je m'applique à monter un tas de bois bien régulier dans la cuisine, sous le grand manteau de la cheminée, assez grand pour accueillir aussi la cuisinière, et au large encore. La bouilloire chuchote au coin du fourneau, les bouillottes en cuivre de l'arrière grand-mère ont repris du service. Le mercredi matin, je vide la cendre. J'aime ce rythme nouveau, les volets qui s'ouvrent au matin sur l'herbe givrée du parterre; même si, les soirs de gel soutenu, je ne peux m'empêcher d'évoquer la chaleur autonome et confortable d'un poêle à granulés. Pourtant j'adore ces heures passées entre dedans et dehors, réchauffés par le bois avant même qu'il ne soit brûlé.

 

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06/01/2012

File la laine, file le temps

Le ciel, ce grand pommeau d'arrosoir, joue à détremper mes Terres Froides et à accrocher des gouttes à chaque rameau. Je n'ai pas grande envie de sortir, avec mes bottes et ma brouette, pour rapporter du bois, pourtant la réserve tire à sa fin, le fourneau dévore. Il faudra bien, avant la nuit. Et puis, c'est beau, aussi. Mais, j'aime tant procrastiner...

Avant Noël, j'ai sauvé un rouge-gorge prisonnier du grand hall d'escalier. Il se heurtait aux fenêtres, avec un petit choc mat qui m'a fait froid dans le dos. Heureusement que je l'ai entendu en passant. Il a filé dans les lilas aussitôt libre. Leurs bourgeons se gonflent déjà. Hier soir, j'ai failli vivre une expérience critique à base de sortie de virage, de sanglier, de nuit noire et de frousse partagée.

 

Bêtes et Hommes, la vie donne des secousses, inévitablement; j'essaie de ne pas croire en l'illusion de l'accalmie qui fige tout, de garder à la conscience que ce qui compte, c'est de rester en mouvement, c'est d'accepter d'expérimenter; d'éprouver; quoi que ce fût; afin qu'au bout du chemin, on ait grandi.

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Alors, soit:

 

que l'année nouvelle nous soit riche en expériences, pour nous permettre d'approcher notre centre de gravité, en toute légèreté.

 

 

18/10/2011

Chroniques de là-où-je-suis-bien

Là où je suis bien, la cuisinière à bois est la première préoccupation quand je rentre du travail.

Là où je suis bien, la colline de Pipet paraît fantomatique au dessus de moi les jours de brouillards-du-Rhône.

Là où je suis bien, les mésaventures de la journée s'oublient entre cueillette des framboises et derniers coulis de tomates.

Là où je suis bien, les fenêtres sont tellement percées qu'il faut fermer les volets quand il pleut pour éviter qu'elle ne s'invite.

Là où je suis bien, je n'ai même pas eu le temps de déballer tous les cartons, ni d'accrocher les tableaux aux murs, mais je m'en fiche.

Là où je suis bien, j'ai un pot de chambre pour la nuit, parce que sans ça il faudrait sortir dehors.

Là où je suis bien, ma Grand-mère Dragonne est très-traumatisée de notre venue qui l'envahit, mais quand même quand on ne rentre pas un soir, on lui manque.

Là où je suis bien, il fait 15 degrés la nuit dans la chambre et je ne m'enrhume même pas.

Là où je suis bien, les grands chagrins qui broient la vie se soignent à triples doses de merlettes dans le jardin, de figues séchées (nouveau joujou adoré), de grandes tablées le dimanche, de rosée du matin sur l'herbe, de pleine lune qui jette ses rayons sur le parquet blond.

Là où je suis bien, je n'ai plus envie de veiller tard et je fais des étirements avant de sortir du lit. Et même, je ne pars plus le ventre vide, mais lesté d'un verre de lait de noisette.

Là où je suis bien, Galant-homme a l'air de l'être aussi, et c'est doux.

Là où je suis bien, mes orchidées auraient trop froid au vélamen, heureusement, ma soeur-taupe est plus tempérée!

Là où je suis bien, je n'ai toujours pas de poules, parce qu'il faut construire le poulailler avant, et que d'abord, je veux un moyen de chauffer deux de nos trois pièces. alors, ça attendra sans doute le printemps.

Là où je suis bien, j'ai trouvé deux boulots à perpette les oies autant l'un que l'autre.

Là où je suis bien, j'apprends beaucoup de relations humaines pas toujours pacifiques, et je grandis, je crois.

Là où je suis bien, je ne malaxe plus la terre mais je découvre que la voix peut faire jaillir de profondes racines.

Là où je suis bien, j'ai envie de prendre le temps. Mais je saute dans tous les coins. Et ça me va.

Là où je suis bien, ça se répercute dans mon corps qui s'allège, dans ma peau qui s'apaise.

Là où je suis bien, je réalise jusqu'à quel point la ville n'est pas faite pour moi.

Là où je suis bien, j'oublie un peu de jardiner ce petit coin d'(e)toile qui m'a aidée à enchanter les années-bitume, et les ronces du silence l'envahissent.

Là où je suis bien, tant pis pour la loi des cinq en cinq en multiples de cinq, du moins pour cette fois.

Puisque je suis bien, il faudra que je défriche un peu, c'est la saison bientôt, non?

20/08/2011

A Versailles

 

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Exposition J'ai descendu dans mon jardin, retraçant l'histoire et l'évolution de l'art des jardins, avec une très belle iconographie.

 

Le potager du Roi, toujours renversant.

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Et point d'Allison, que j'ai loupée à cause d'un horaire mal lu... deux fois!

 

15/08/2011

Seule à Paris

pour découvrir ou redécouvrir

-la solitude et la liberté de choix pour soi-même sans compromis,

-l'accueil des cousins généreux,

-l'adorable Loula qui m'a offert un délicieux moment à savourer les petits plats simples et fameux de chez George Cannon et surtout l'inoubliable Bamboo de chez Aoki:

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(crédit photo Aoki)

-le musée Guimet qui recèle le sourire de Jayavarman VII

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et le tout-petit-minijardin zen du panthéon bouddique,

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-une journée entière à la Villette avec Brassens ou la liberté, après une balade musicale dans la Cité de la Musique et la découverte des incroyables percussions aquatiques de Guinée, et une escale avant le train aux jardins passagers, plus vastes que la dernière fois,

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-un loklak et une salade de fleur de lotus presque comm là-bas au restaurant Hangmeas, rue Gandon dans le 13ème

-et même une séance de ciné imprévue à Montparnasse

-et puis une journée à Versailles au coeur de beaux jardins...

 

Merci Loula pour ce beau moment, pour le petit arbre à rêves, lequel me redonne une grande envie de quelque chose qui ressemblerait à une table des saisons...Galant homme m'ayant proposé hier un coin atelier dans notre futur salon, je crois que j'aurai bientôt toute latitude!!

05/08/2011

Les sauvetages...

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...ça a des avantages!

10/07/2011

Les vacances...

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...enfin!

 

mini-landart, mini(?)artiste anonyme,

capturé aux jardins passagers du parc de la Villette par Akä

 

 

Mon petit rythme partisan reprend le 30 juillet, toujours de 5 en 5 (pour ceux qui n'avaient pas remarqué!)

25/06/2011

jachère fleurie

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Et quand elle est des mains d'un petit prince, je l'aime encore plus...

Dis, Galant-homme, à part les poules, on en mettra, là-bas, de la jachère fleurie?

20/06/2011

Parenthèse

C'était la fin juin et les jours étaient pleins d'un été tout neuf, tout à fait comme maintenant.

J'aspirais au silence, aux pieds nus dans l'herbe.

A savourer la complicité des taupes.

A collectionner un jardin de plus.

entrer des mots clefs

Jardin partagé Les Pouces Vertes

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A retrouver l'effusion bourdonnante de mes premiers pas là-haut,

dans ce vallon d'altitude, ouvert et rond comme une paume,

Triève tendre aux prairies et puissant au pli de la roche.

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Il y eut le babil angoissé de l'amie déboussolée.

L'austérité si curieusement chaleureuse des chambres, et le sourire de l'hôtesse,

aussi blanc et bon que son pain.

entrer des mots clefs

entrer des mots clefs

chambres d'hôtes les Gâchets

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La fatigue de la Porteuse d'eau.

L'émotion des taupes à évoquer d'un soupir "là-bas".

Le nez à nez avec le blaireau du terrier.

La salade de foies de volailles en qui-pro-quo,

elle était bonne quand même et un sacré réconfort au retour.

J'y retournerais bien, même.

15/06/2011

Comme un sou neuf

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crédit photo Galant Homme - 1er mai 2011...

05/06/2011

impatience pour une passoire en août majeur

en attendant d'aller y vivre, peut-être bien,

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pendant que Galant-Homme mesure les huisseries centenaires et les immortalise,

je bidouille ses clichés en rêvant de poules girondes, tueuses de tiques en liberté, de soirées voie lactée et tisane de menthe fraîche, de plantations de groseillers et de lavandes fines, de cartons à descendre de nos 5 étages sans ascenseur au mois d'août et de bois à rentrer pour l'hiver...

Et j'espère...

15/04/2011

Mon petit Hanami-version fleurs de poirier...

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Merci Rouilla de m'avoir permis de vivre ces deux belles heures paisibles au Jardin des cinq sens en votre douce compagnie...

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Les vieux poiriers du jardin

recèlent encore

pour combien de printemps

ces légèretés

piquetées de pourpre.