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20/05/2012

Sur un fil

 

gris-pluie

deux hirondelles sur un fil

ablutions funambules.

25/08/2011

Ailleurs!

Les cartons ont été parfois fastidieux, parfois évidents à remplir, la poussière de neuf années accumulée dans les coin a été remuée d'un côté tandis que celle de près d'un quart de siècle était évacuée d'un autre; les amis ont été appelés à l'aide pour braver les 5 étages les bras chargés de nos bien trop nombreuses affaires - et pourtant, c'est plus facile à la descente; les réserves de papier de soie, papier bulle, papier brun ont été appréciées et mes contradictions se sont entrechoquées; les réserves de bocaux, légumineuses, surgelés se sont allégées fort à propos; les souvenirs de neuf années ont été ravivés d'un côté tandis que ceux de cinq générations ont changé une fois de plus de configuration; certaines boucles ont été bouclées, d'autres boucles ont été ouvertes, des adieux ont été plus ou moins célébrés, des nouveautés inaugurées; des listes complétées (mes races de poules préférées; le contenu du congélateur; les amis à inviter; les travaux indispensables - utopiques - dispendieux - prioritaires - sécuritaires; les démarches administratives; les courses pour reconstituer une épicerie convenable; les vide-greniers du coin; les mille lieux possibles pour le potager; les cours de céramique dans le coin...)

J'ai le trac. Je suis heureuse. Je n'arrive pas à déterminer mes préférences entre les Wyandottes maillées, les Marans noires cuivrées, les Bantam de Pékin mille fleurs, les Barnevelder. Ni entre les Barbarie et les Orpington. J'adore l'idée d'emprunter matin et soir la route des étangs que Grand-père-Dragon affectionnait. J'ai hâte de construire des toilettes sèches. J'ai peur d'avoir froid. J'ai envie de commencer à jardiner avant même d'avoir pris le temps d'observer le terrain pendant un cycle de saisons complet. Je m'étonne de ma chance d'avoir été contactée pour un job géographiquement et professionnellement intéressant le jour de mon départ en vacances. Je me demande de quels changements tout ceci sera à l'origine. J'ai bien l'intention de planter tout un verger. J'ignore quand je récupérerai une connexion internet, mais je sais que le débit sera ridicule!

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fascinant pavot frisé à fleur de pivoine croisé au Potager du Roi

 

20/11/2010

La boucle, ou le parfum des oeufs à la neige

En mai mes pas me ramenaient là où j'ai vécu, là où j'ai achoppé, sous l'injonction joyeuse de l'institution qui me missionnait et l'ignorait en beauté. Inattendue retrouvaille du bourg de mes années d'écolière, tant d'angles insoupçonnés - superbe début d'été.

La route maigrelette, le dos rond de la colline, miroitement bleu du champ de blé, avoines échevelées, flaques carminées des coquelicots sous le vent léger. L'aspect si verdoyant de la courte montagne, de la vallée trop habitée, vues depuis là-haut. Les trajets lumineux entre les ondées, sous les cieux changeants comme s'ils étaient bretons.

Me sentir mûrir au rythme des blés, adorer prendre seule la route pour aller travailler, pour la première fois de ma vie réellement aimer conduire, et pouvoir profiter seule.

Le lièvre au talus, l'oiseau à la haie, l'orchis sauvage aux franges du goudron, et plus bas, au sineux de la route, les potagers ouvriers, simples opulences soignées à me faire frémir d'envie.

Saisir au bond l'occasion, apaiser les vieilles visions douloureuses, en accueillant le neuf et le fier d'aujourd'hui, et sans rechigner me sentir pour la première fois attendue et reconnue dans mon métier, que je commence à peine d'exercer, et ça fait du bien d'autant plus que cela vienne en ces lieux-là.

...

Souvenir d'une vieille amitié que j'espérais profonde et fidèle; balade solitaire dans l'attente indécise, aux portes de l'ami perdu. Myriade de libellules: éclairs bleu nuit - bleu roi - bleu lagon dans les flaques de lumière du sous-bois. Petite musique douce-amère des embrassades, du récit que l'on s'offre de part et d'autre, en s'excusant de ne pas avoir que du lisse, du beau lisse enviable, optimiste, à montrer. Le temps du piano comme un don, confiance retrouvée; le beau profil inconnu: avec l'âge, à l'ami s'accroche une douceur neuve, moins peut-être le besoin de se cacher?

Et moi? Qu'ai-je donné? La témérité de l'appel après des années? La sincérité, même triste? La fidélité opiniâtre? L'espoir et l'accueil? Sans doute...

...

Après celles-là, d'autres retrouvailles un peu bancales et chaleureuses, ma joie rassurée d'être pour l'instant guérie de ces maux-dites-tiques; m'agiter quelques jours, du matin au soir en cuisine: joyeuse et déterminée. Deux qui n'ont de cousins que le nom, mais dont l'esprit est frère. Touchée des délicatesses, des intérêts non feints, de l'authenticité des souvenirs, orchestrer un atelier "oeufs à la neige", trois générations confondues - curiosité, partage, transmission. Comment mieux témoigner du passé, de l'avenir, de ces actes les plus simples qui nous humanisent en plein?

...

Pour des oeufs à la neige de Grand-mère Dragonne aux pieds de plomb

Monter à la main avec un fouet en spirale 6 blancs d'oeufs - très fermes.

Mettre à chauffer dans une casserole un litre de lait, une ou deux gouses de vanille fendues, un peu de sucre au goût.

Y pocher les blancs quand le lait bout doucement, les réserver à l'écumoire dans un grand saladier, à la fin les égoutter pour ne pas laisser perdre la moindre goutte de lait.

Touiller les jaunes dans une jatte puis verser le-dit lait doucement sur les-dits jaunes, en remuant avec une cuillère en bois.

Transvaser ce mélange dans la casserole, remuer énergiquement en appuyant sur le fond avec la cuillère en bois, en retirant du feu si l'ébullition menace, jusqu'à épaississement de la crème - voilà bien l'étape la plus délicate!

Verser la crème dans une passoire doucement sur les blancs.

Mettre à fondre dans une petite casserole bien propre une dizaine de morceaux de sucre blanc, en mouillant éventuellement avec un fond d'eau. Quand le sucre est pris en caramel, et avant qu'il ne brûle, verser prestement le caramel sur les blancs, puis remettre un peu d'eau dans la casserole pour ne pas laisser perdre de caramel.

Mettre à reposer un moment, puis réserver bien au frais, sur le marbre de la desserte, à côté de la mousse au chocolat de mon souvenir - servir le lendemain.

 

 

26/04/2009

Des pentes

La lumière m'a frappée dès le palier sur la rue, une luminosité à mi-chemin entre celle qui irradie les nuages de neige en plein hiver, et les couchers de soleil d'or vif. Plus loin, la nue était de ce bleu-gris curieusement intense et le petit vent guilleret sentait l'orage, présage auquel s'ajoutait le vert des feuilles comme phosphorescent à l'approche de la pluie. J'ai dévalé les pentes de la Croix Rousse, à la rencontre du bus que j'attrape au vol, en me demandant comme toujours si le monde végétal attend, espère, réclame et loue l'eau du ciel. Les verts ne se mettraient pas à luire ainsi si ce n'était pas le cas, non? Ces instants me connectent et me recentrent, depuis aussi loin que je me souvienne. La mémoire est convoquée, de toute façon, j'ai croisé un grand-père, son petit fils par la main, qui chantait d'une voix floue "j'ai reçu planplan, j'ai reçu planplan". Vlan. Le sourire immédiat.

J'avais six ans peut-être, nous étions blottis nombreux au creux d'un gîte, à l'étage une lucarne donnait vue dégagée sur nombre de montagnes, ou de volcans peut-être. La fin du jour plongeait le paysage dans une obscurité claire encore, assombrie par les lourds nuages d'orage, éclaircie par les zébrures lointaines, magistrales. Je me souviens de cette longue contemplation solitaire, magnétique. Jamais plus je n'ai eu peur, si tant est que cela ait été le cas un jour. Comment ne pas comprendre le mouvement qui a poussé les premiers hommes à l'animisme...

J'y monte deux, trois fois la semaine depuis quelques temps. Nous ferions presque aussi bien d'y déménager, cela me couterait moins cher en tickets de bus! Profiterais-je autant de la vue sur Fourvière que l'on a depuis la rue en corniche qui longe la place Rouville? La saison m'offre tant d'étonnements, j'y vois la colline changer à chaque passage, pourtant tellement rapprochés. Les premiers frémissements jaunes des chatons de saule ou de noisetiers, l'éclosion soudaine des bourgeons les plus enflés, premiers moutonnements de grelots vert tendre, minuscules, on peinerait à y reconnaître les robustes feuilles sombres du plein été. Roses, blancs des arbustes en fleurs, assaut des feuilles qui poussent ces fleurs vers la sortie, pluies de pétales. Palette de verts qui n'ont pas encore eu à se durcir sous les chaleurs écrasantes, feuilles tendres des marronniers qui pendent comme des mains fatiguées, rassemblent leurs forces pour bientôt se redresser à l'assaut du ciel nu.

C'est ma richesse en ces temps suspendus où des richesses plus classiques me font défaut, et moi qui m'étais promis de ne plus acheter de fleurs coupées, souci de préservation -d'économie, aussi- et bien, mon petit maraîcher, celui dont les légumes ressemblent comme des frères à ceux de mon jardin, terreux, tordus, amollis en fin de saison, celui qui vend ses oeufs fermiers sous le manteau parce qu'il n'a pas la machine réglementaire, celui qui dit à la dame "non, chez nous, les tomates, c'est pas avant le 20 juin" et me jette un sourire en coin parce qu'il sait que je sais, celui-là avait mercredi des brassées de lila mauve, et j'ai cédé, et il m'a choisi le plus beau bouquet qui lui restait.

Le boucher me demande comment je vais, cela me surprend encore. Six ans à vivre ici, et je n'étais réellement cliente presque nulle part jusqu'à notre entrée au jardin, et Galant-homme a longtemps assuré le marché, alors être reconnue, saluée, au coeur de cette si grande ville, oui, cela m'étonne. Les étapes deviennent rituelles, même si l'on n'achète rien, le bonjour est spontané, on approfondit pas, cela suffit à reconnaître que nous ne sommes plus vraiment des anonymes. Cela ajoute une certaine saveur aux étals familiers.

Je m'en suis retournée chargée, jeunes poireaux, mozzarella, oignon nouveau, truite rose, échalote et lait cru. Je m'en suis retournée légère, embaumée de cette suavité fraîche qu'exhale discrète une tombée de lilas comme celle-là. Plonger le nez dedans me suffit à faire surgir les poules de la grand-mère dragonne, celles que ma soeur taupe "empêchait de pondre parce qu'elle courait trop", et avec ça les mouillettes dans l'oeuf coque, les petits déjeuners-casse croûte, la promesse des patates nouvelles sautées au beurre, bientôt.

Certaines choses changent. J'attends la prochaine étape. Je profite de tout ce que je n'ai pas eu le temps de voir l'an dernier, de ce que je ne verrai peut-être pas l'an prochain, qui sait. Je rêve un moment, j'assure les tâches quotidiennes, j'évite un peu mon travail de chercheuse de travail, je baille -mais qu'est-ce qui me fatigue comme ça?- puis je m'y mets. Certains jours j'ai du mal à sourire au dedans. Mais la plupart du temps, ça va, J'ai attrapé une puce à Pâques, d'avoir trop caressé le chat, elle me pique une fois par jour, ça me rappelle à l'ordre, c'est la saison des orages, je me ménage des lucarnes sur les montagnes au loin, ou bien je contemple un bouquet de lila, et alors ça va.

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08/03/2009

De brou et d'or #2

Il y a eu la première partie de l'histoire, et puis les caprices de la technologie sont venus m'entraver dans mon fil, alors j'ai divisé. Je pensais que le "plus tard" serait un bientôt, je ne me doutais pas que j'allais perdre mes photos. Alors j'ai tergiversé, espéré, attendu, laissé le fil suspendu. Mais il faut bien boucler la promenade, ça fait désordre, j'ai les mots en attente et la marche se fait longue.

La suite maintenant, et l'imagination pour voir à travers mes mots...

...

On est parti, les encombrants, on a débarrassé la place, on a laissé le silence relatif retomber derrière nous, les affairés s'affairer sans nous marcher dessus.

marcher ensemble sous le lointain soleil blanc, traverser la tourbière, faire chanter les cailloux sur la glace, observer les aigrettes, tenter de retenir le chant du pic noir, fouler du pied le vert radieux des sphaignes, ouvrir les yeux. On cause beaucoup, on se taquine, le groupe s'étire en procession le long des sentiers bordés d'eau, mon silence m'aide à mieux voir la lumière, j'aime être seule au creux de cette petite foule cordiale, écouter les rumeurs du dehors, celles du dedans, tranquille.

Mes premières vraies images avec ce gros appareil noir à excroissances intimidantes que Galant-homme sait apprivoiser, je n'ai pas vu que les réglages s'étaient défaits dans la housse, elles ont du grain mais ce sont les miennes. Mon regard, timide, joyeux. Perdues, comment cela se peut-il, enfin les images me restent dans le coeur et c'est bien comme cela qu'il est le plus important de se souvenir.


Au retour observer le processus de la pressée, les cerneaux concassés, torréfiés, écrasés, admirer les gestes sûrs du meunier, taiseux ou volubile selon l'exigence de la matière blonde. Savourer les oeufs-bacon cuits sur la pierre imprégnée d'huile, le petit verre de rouge, le repas de guingois qui réconforte, savoir que le travail a été fait et bien fait, que c'est fini déjà, enfin, qu'on reviendra l'année prochaine, que la joie sera à nouveau là, embaumée de cette fabuleuse odeur de gâteau qu'exhale l'huile de noix.

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09/01/2009

De brou et d'or #1

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C'était un samedi de la fin novembre, le soleil faisait briller les brumes du Rhône, qui serpentaient ensemble sous le ciel clair. Il ne faisait pas trop froid, pas tant que l'an passé. J'avais pris la route de mon côté, rejoignant le groupe des jardiniers en goguette, dont quelques affairés déjà à l'oeuvre: transvaser, remplir, jauger, répartir le liquide épais, mordoré, mais aussi humer la drôle d'odeur de noix torréfiée, tellement dense qu'elle donne envie d'y croquer, imprègne les cheveux, poisse un peu tout à la ronde, mais distille à point nommé sa chaleur dans les os et donne le sourire, inexplicablement.

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Bouteilles étiquetées, classées, pointées sur la liste, déjà on ne se souvient plus des heures de mondage méticuleux, des doigts gourds, des sacs qui semblent sans fond, qui font un parfait prétexte pour se retrouver, partager les plats mitonnés la soirée chaleureuse.

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Laisser les affairés s'affairer, on ne peut pas être trop nombreux à la tâche on se gênerait on ferait perdre quelques gouttes à l'évidence, alors...

17/12/2008

fonds de tiroirs-fin d'été

C'était Août, j'étais fébrile, cause éclosion prochaine à assurer, à assumer. Galant-homme et moi travaillions pour l'hiver, à des niveaux différents, avec application, cela ne m'empêchait pas de savourer ces instants, la luminosité accueillante de cette maison de famille presque inconnue, pleine d'ancêtres disparus à apprivoiser.

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Petite table en bois doux, aux pieds fins; les bruits en bas, rythme du couteau sur la planche de bois, grésil des légumes en train de cuire, valse tintante des bocaux pour l'hiver, c'est la terre nourricière qui se glisse dans les conserves. Le soleil jette sur mes feuilles étalées, vrac des lignes, y mettre de la lumière autant que possible. Dans l'échancrure de la fenêtre, un chaton joue sur l'herbe, prodige d'agilité fantaisiste et de grands faire-semblants. Le pommier mûrit ses fruits, sous le vent léger. Le fond de l'air n'est déjà plus aussi tiède, il est juste l'heure du thé. La maison revit, pour un temps, son odeur de vieille poussière n'est pas trop âcre, juste douillette, comme un vieux pull dans lequel on aime à s'enrouler quand on le retrouve au fond d'une malle oubliée. Les souvenirs retrouvés se mêlent à la petite mélancolie: les disparus ne sauront pas. De découverte en étonnement on aperçoit combien la proximité est intense, maintenant qu'il n'est plus temps pour le partage. Remercier pour l'entr'aperçu qui permet de dire: c'est de là que je viens...

15/12/2008

Ces petits riens...

... qui donnent le sourire pour la journée, dont je me fais des récoltes compulsives ces temps-ci. Pour lutter contre quelle petite tristesse tenace?

petite ébauche d'inventaire:

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L'enfant qui, à l'annonce de l'arrêt Cordeliers, s'exclame, "Oh! on est à Coeur d'olivier, Maminette!"

Ma filleule qui, hier, propose à son frêre de jouer au théâtre de marnoillettes.

La mouette et le pigeon tout proches sur le parapet du pont, qui se dandinent en rythme.

La bienveillance de Ciorane la pauvresse.

Le chat Téo qui ronronne bruyamment à nos retrouvailles.

Les bougies, le gâteau, la joie en tête à tête avec ma fée marraine, à contre-temps mais dans un si joli tempo.

Le dessin des feuilles sur le bitume ingrat, un soir et être seuls à les voir.

Le temps offert par Galant-homme, nos idées qui fusent, si proches et dans les rires, la belle bannière qui m'aide à me réapproprier les lieux.

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Merci pour ça, et pour le reste...

30/11/2008

Déjà loin...

Le premier rouge gorge par la fenêtre,

les averses bruineuses entre les éclaircies,

les retrouvailles multiples,

les réconfortants petits plats et les recettes échangées,

le baptème de grande roue,

les deux mitaines vite vite pour remplacer celles -impersonnelles- perdues dans le train couchette,

la provision d'huîtres fraîches à ramener,

le vent froid mais le ciel clair la nuit,

la science de Louise sur les orchidées et reconnaître les transmissions quand je les vois passer,

la découverte simultanée et réjouissante de John Ford et de Shirley Temple,

le bruissement de deux marmots-de-mon-coeur partis à l'assaut de la vie,

les points de crochet appris à la va-vite à peine un peu avant le train de retour,

la chaleur d'une maison neuve et vieille à la fois,

le fabuleux fromage de brebis d'Espelette adorablement offert,

les longues nuits les longues siestes,

s'entendre appeler "princesse aux cheveux de fée" et adorer ça,

tranquille, oisive, taiseuse, savourer les heures creuses et savoir que cela ne dérange personne...

Et au retour, cachées dans mon grand sac à dos, les douces gourmandises d'une cousine attentionnée... d'habitude c'est moi qui glisse ainsi mes menus présents au creux des bagages des autres... J'ai bien raison: c'est tellement agréable d'être ainsi gâtée!

Pour tout, merci, et la recette promise, celle qui aquiert magiquement le parfum souhaité (deux bambins qui piochent dans la jolie boîte à gâteaux et s'exclament tour à tour: oh, à la pistache! oh, à la framboise!) alors qu'il n'y a dedans qu'un peu de chocolat et de vanille!

29/10/2008

Petit poucet

Un goûter tricot dans une jolie boutique bio

L'enthousiasme de Galant-homme qui me pousse dehors

Mon petit baluchon, mes aiguilles, une jolie pelote et un fameux carnet

Une épicière accueillante, généreuse et rigolote

Des tricoteuses de haut vol qui arrivent au compte-goutte

Conversations volubiles, aiguilles qui cliquètent, soleil qui tiédit l'air par les fenêtres ouvertes

Vue sur la cour intérieure, arbres, fleurs et nichoir déglingué

Gourmandises à volonté, parfum d'épices, de pomme et de réglisse

Sérieuse, faire, défaire, refaire, enfin apprendre à rabattre des mailles et jubiler!

 


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23/09/2008

veille d'équinoxe

 


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Un dimanche au jardin, l'humide fraîcheur du petit matin, les couches épaisses qu'on superpose pour les ôter une à une, plus tard, quand le soleil aura réussi à se hisser par dessus la colline, le chat d'ici qui vient quémander un peu de compagnie-son petit déjeuner, le ventre creux et les yeux embués de sommeil qu'on lui partage, le quignon de pain tiède chipé au panier, la battue plus haut dans les bois -certes, le chevreuil nous grignotte les haricots rame violet, jusqu'à hauteur de babines, ça donne l'effet d'une vigne, et les blettes sont ratiboisées, mais enfin, ces sifflets, ces gilets trop vifs, ces jappements excités, ce garde-chasse qui vient nous demander de ne pas remuer d'une moitié d'heure, comment s'en réjouir, comment ne pas accepter la dîme lorsque c'est par l'élégance incarnée qu'elle est prélevée?

Ensuite viennent les cueillettes, mains hâtées, pupilles gourmandes, les doigts gourds de rosée trop frisquette, mais le ciel est si transparent, le thé fumé d'onze heures s'accorde si bien au casse-croûte salé, au pain moelleux, aux confitures toutes neuves. Et puis l'accordéon de celui qui s'est mis en bout de table, tête nue sous le ciel, vieux bleu de travail râpé air content, il joue doucement pour ne pas fatiguer les voix animées, plaisir des conversations, se retrouver, se rencontrer.

Je ferme les yeux un instant, je sais que je n'aurai plus le temps, après, alors capter l'instant, la douceur de la toute fin d'été - le soleil est assez haut maintenant, la musique et le parfum de la terre, penser à demain en engrangeant aujourd'hui, du grain blond de la terre faire récolte d'âme.

 

 

 

édit de bien plus tard: (cliquez pour comprendre) ma petite fierté

28/02/2008

Quand on y pense...

Nous n'avons encore pas eu cette vision du monde cette année...
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mais on a fait une belle balade dans notre ville et ça a donné ça:
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Sur nos berges reconquises l'air se tiédit et les rumeurs des moteurs cèdent face à celles des eaux, les foules s'humanisent, les cols-verts s'inquiètent de leur descendance, sous l'oeil acéré des objectifs, mais la pudeur sauve l'honneur!
 
 
 
Un thé à la violette avec une archiscénographe de nos amies, sous l'oeil goguenard de l'hôte de Chacun sa tasse (je suis fleur bleue, et en plus il faudrait assumer?!), une table couverte de plans, des délices bien immatériels...
 
 
On tire jusqu'au Parc, un peu de courage, le trolley-bus fera bien son office pour le retour, mais il fait si beau encore, profitons-en, et foin du pic de pollution qui ralentit le périph', juste se gaver les mirettes comme si c'était mon premier printemps...
 
Galant-homme fixe la beauté, il sait mieux voir le monde végétal au travers d'un truc encodeur de pixels qu'à l'oeil nu, mais je savoure le plaisir partagé par dessus ces différents points de vue, et puis, chacun se doit d'attendre que l'autre soit prêt à apprendre à changer sa focale, ça vaut pour moi autant que pour lui!
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 Galant-homme est heureusement si galant qu'il n'ose me soustraire le libre usage de ses prises de vue, afin de ne pas me priver du plaisir d'illustrer mon éminent propos.
Rhôôô, la fatigue se manifeste fort linguistiquement, ne vous en déplaise! 

10/02/2008

En passant...

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Devinez quoi:  
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C'est l'printemps! 
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Mouarf! 
 

31/12/2007

Mon Compostelle païen

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C'était il y a six mois, dans une clairière que j'affectionne, au point qu'elle est devenue lieu de pélerinage... On n'y accède pas sans persévérance, ni sans foi peut-être. Après avoir bifurqué, tournicoté pour traverser deux hameaux plus minuscules l'un que l'autre, on s'engage hésitant dans un chemin de terre. Un bois le borde à babord, des haies de ronciers, maillés de chèvrefeuille, le séparent à tribord de vastes champs de maïs qui caressent le ciel. On avance encore. Une bifurcation mystérieuse qu'on laisse sur notre droite, avec les étendues domestiques des champs; le lit du chemin s'empierre et commence à descendre, courbe, vers le gué d'un ruisseau qui le zèbre souvent de ses alluvions brunes et grasses. Le bois se referme, touffu, jeune encore, humide et bruissant. Il faut parfois sauter de roche affleurante en touffe de pâturin pour ne pas s'embourber. Aussitôt le chemin remonte et le coeur se met à cogner, imperceptiblement. Serons-nous seuls, ou devrons-nous partager ce hâvre que nous nous sommes secrètement attribué, d'ailleurs nous comptons bien nous installer, exhiber notre pleine et entière possession, plaid, panier pique-nique et bouquins sous le bras... Le terrain remonte, le chemin butte sur un autre champ, sarrasin cette fois. Voici le sentier, qui dévalle sur notre droite et révèle la clairière déserte, habitée pourtant du bruissement des feuilles, du glissement de l'eau sur les pierres du ruisseau, du discours des oiseaux et du petit vacarme étouffé des bêtes secrètes. Soulagement. Elle est intacte, et elle n'est rien qu'à nous, malgré les années qui nous séparent de notre dernière visite. Tour du propriétaire. Les menhirs, deux géants dressés, un autre alangui au bord de l'eau. Le chaos de roches moussues, tressé de racines et de graminées, les lucifers crocosmia, leur délicatesse orange qui éclaire l'endroit, et puis les taches de soleil qui éclaboussent le sous-bois clairsemé, le vert lumineux des feuilles éclairées du dessus, la fraîcheur humide et les senteurs de terre. Moi, accroupie au bord de l'eau, contemplative, un rayon de soleil me dégringole sur la main, chaud et doux. Et soudain, elle se pose, inattendue et frémissante, et elle s'agrippe de toute la force de ses pattes à ma peau tiède, je la sens qui palpite et le vertige me vient d'avoir été choisie par une telle splendeur, ainsi qu'une baie abritée, qu'un répis dans les remous frisquets de l'air. Je la contemple à loisir, le nez comme collé à une vitre, ébahie devant ces teintes inouïes, ces textures de riches étoffes, ces reflets de métaux précieux... Trois photos, vite, vite, par trois fois elle s'envole et revient aussitôt se poser, puis soudain, elle s'élance et pirouette autour de nous, s'éloigne, revigorée. J'ai encore sur la peau son poids ténu, la sensation rugueuse de son contact, et tant de temps après, au plus froid de l'hiver, j'ai encore au coeur la chaleur de cette rencontre.
Ensuite, dans l'après-midi éclatante, nous avions rendez-vous, tout près, à la Po(é)terie, pour deux heures qui se sont allègrement transmutées en trois plus deux sans nous voir faiblir, sous la coupe accueillante et généreuse d'Ariane et Cléa. Cela faisait deux longues années que j'attendais de renouer le contact avec la terre, mais je ne voyais plus que la fée de la clairière, alors j'ai choisi un carreau et les pinceaux, et je me suis régalée de verts, de bleus, de finesse et de patience... C'est moins beau que l'inspiratrice, et pour les contours j'ai copié un modèle faute de temps, mais je suis fière quand même de ma première expérience d'émaillage... qui a singulièrement ressemblé à une séance d'aquarelle! La fleur dont je suis le plus fière est celle qui est tout en haut, pour sa transparence et le fondu des nuances.
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