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20/02/2012

les petits matins, les mises en abîme

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La toile du grand rideau est rapiécée, tout élimée à force de  parer les courants d'air, mais elle est si belle traversée ainsi par le soleil levant...

Dans cette même chambre, j'ai le souvenir de m'être cachée par jeu sous la table à langer où ma Porteuse d'eau changeait ma soeur taupe; toute à la joie d'être poursuivie et trouvée par Pah Dhom.

J'aimais coiffer les longs cheveux de ma Porteuse d'eau, me jurant d'un jour en avoir d'aussi beaux. Pah Dom nous racontait des histoires à n'en plus finir pendant qu'elle était à la traite. En fond sonore, il aimait mettre du bandonéon; sonorités qui m'intimidaient secrètement.

Lorsque j'étais entrée à l'école, au village voisin, j'avais eu peur devant cette cour si petite, et si pleine d'enfants, quand j'avais pour moi seule - avec trois énormes et doux beaucerons, un dindon dégingandé, de farouches canes de Barbarie, des poules, les biques et quelques moutons! - une cour si grande, sans compter le parterre et le jardin, les prés, les bois...

Devant une brebi crevée que les hommes emportaient dans la brouette, j'avais questionné, et au vu de la réponse, déduit logiquement: alors Grand-mère Dragonne, comme elle est vieille, quand elle sera morte, on la mettra aussi les quatre fers en l'air dans la brouette?

J'avais trois ans. A quatre, nous avions déménagé, la vie avait suivi son cours chaotique et sans les biques, dans la cour de ma nouvelle école j'étais tombée en pâmoison pour un garçon.

Le brûle parfum de grand-père Lotus est depuis que Pah dom me l'a donné sur la cheminée. Il n'est pas loin le temps où j'aurai l'âge de ma mère quand elle m'attendait.

J'ai l'impression étrange d'avoir moins vécu qu'elle au même âge.

Très à propos je médite une citation scotchée sur un placard que j'ai fréquenté récemment:

"J'ai établi une entente de co-existence pacifique avec le temps : il ne me poursuit pas, je ne le fuis pas. Un jour nous nous rencontrerons." Mario Lago

Commentaires

oh comme j'aime tes textes ! il y a tant d'émotions dedans que l'on ne peut que trouver en soi un écho, dans notre vécu forcément différent ... continue à profiter de cette belle maison à souvenirs !

Écrit par : papelhilo | 20/02/2012

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