Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/10/2011

Chroniques de là-où-je-suis-bien

Là où je suis bien, la cuisinière à bois est la première préoccupation quand je rentre du travail.

Là où je suis bien, la colline de Pipet paraît fantomatique au dessus de moi les jours de brouillards-du-Rhône.

Là où je suis bien, les mésaventures de la journée s'oublient entre cueillette des framboises et derniers coulis de tomates.

Là où je suis bien, les fenêtres sont tellement percées qu'il faut fermer les volets quand il pleut pour éviter qu'elle ne s'invite.

Là où je suis bien, je n'ai même pas eu le temps de déballer tous les cartons, ni d'accrocher les tableaux aux murs, mais je m'en fiche.

Là où je suis bien, j'ai un pot de chambre pour la nuit, parce que sans ça il faudrait sortir dehors.

Là où je suis bien, ma Grand-mère Dragonne est très-traumatisée de notre venue qui l'envahit, mais quand même quand on ne rentre pas un soir, on lui manque.

Là où je suis bien, il fait 15 degrés la nuit dans la chambre et je ne m'enrhume même pas.

Là où je suis bien, les grands chagrins qui broient la vie se soignent à triples doses de merlettes dans le jardin, de figues séchées (nouveau joujou adoré), de grandes tablées le dimanche, de rosée du matin sur l'herbe, de pleine lune qui jette ses rayons sur le parquet blond.

Là où je suis bien, je n'ai plus envie de veiller tard et je fais des étirements avant de sortir du lit. Et même, je ne pars plus le ventre vide, mais lesté d'un verre de lait de noisette.

Là où je suis bien, Galant-homme a l'air de l'être aussi, et c'est doux.

Là où je suis bien, mes orchidées auraient trop froid au vélamen, heureusement, ma soeur-taupe est plus tempérée!

Là où je suis bien, je n'ai toujours pas de poules, parce qu'il faut construire le poulailler avant, et que d'abord, je veux un moyen de chauffer deux de nos trois pièces. alors, ça attendra sans doute le printemps.

Là où je suis bien, j'ai trouvé deux boulots à perpette les oies autant l'un que l'autre.

Là où je suis bien, j'apprends beaucoup de relations humaines pas toujours pacifiques, et je grandis, je crois.

Là où je suis bien, je ne malaxe plus la terre mais je découvre que la voix peut faire jaillir de profondes racines.

Là où je suis bien, j'ai envie de prendre le temps. Mais je saute dans tous les coins. Et ça me va.

Là où je suis bien, ça se répercute dans mon corps qui s'allège, dans ma peau qui s'apaise.

Là où je suis bien, je réalise jusqu'à quel point la ville n'est pas faite pour moi.

Là où je suis bien, j'oublie un peu de jardiner ce petit coin d'(e)toile qui m'a aidée à enchanter les années-bitume, et les ronces du silence l'envahissent.

Là où je suis bien, tant pis pour la loi des cinq en cinq en multiples de cinq, du moins pour cette fois.

Puisque je suis bien, il faudra que je défriche un peu, c'est la saison bientôt, non?