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25/12/2010

Baguenauder, l'oeil à l'affut

Il y eu la bourrache emperlée d'eau dans le contre-jour du soleil couchant, puis bien des semaines plus tard la lumière blanche tombant de la fenêtre sur les courges girondes ponctuant chaque marche de pierre. Il y eu le regard de Paul sur les tapisseries fanées, sa tendresse pour les détails surannés, le partage de jolies journées avec les cousins amicaux, le rituel d'un couteau à fromage auprès de chaque assiette et les longues conversations dans le soir déjà frisquet, puis bien des semaines plus tard le don d'un recueil de ses magnifiques photos, avec son meilleur souvenir. Ce furent de merveilleux cadeaux.

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Je vous en souhaite d'aussi beaux...

 

20/12/2010

avec les os de la baleine, avec l'empreinte du serpent...

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Marie Eve Ginhoux manie le graphisme avec une délicatesse frappante. J'ai craqué pour son interprétation très personnelle et très poétique du Rorschach, taches d'encres dans lesquelles on devine une image... Ces fillettes ont bondi au creux de mes mains, mais j'ai eu bien du mal à partir sans Vassilissa la sage chevauchant une limace et sans les enfants rêvants de rouges-gorges, accoudés à la table de la cuisine, à retrouver dans ses galeries aux rayons assiettes et pichets 2010.

 

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Stéphanie Martin travaille dans un esprit de contrastes et elle sait animer la matière en jouant naturellement avec les textures, la matité, l'aléatoire. Elle me donne envie d'apprendre à travailler la porcelaine.

 

 

 

 

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J'avais croisé les créations d'Océane Madelaine aux Tupiniers du Vieux Lyon, en septembre, mais m'y étais tenue sage. Nouveau détour et la vibration est intacte, comme un souvenir immémorial, lié peut-être à son talent pour façonner des bols à la forme des mains. S'y ajoute une plume lumineuse, une réflexion dense autour de la terre... A lire sur son site, puisque je ne trouve pas sur la toile le très beau texte du dossier de presse de l'expo Jeune céramique 2010, à l'initiative de l'asociation Arte Diem à St Chamond, d'où proviennent ces pièces.

 

 

 

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Cela valait le coup de m'en aller toute seule par les chemins, malgré la neige glacée pour feston aux routes et le bleu du ciel qui m'attirait au dehors. Cela valait le coup de vaciller au moment où la dame qui veillait sur l'expo m'a demandé si j'étais céramiste, de soudain me prendre à rêver, peut-être, un jour, après un long apprentissage, dans une autre vie... Et cela valait le coup, de céder à l'envie de beauté, et revenir en couvant mes trésors, et en songeant à cette matière que l'homme sait rendre à la vie, à la poésie, lorsqu'il y met assez de sueur, de patience. Une certaine transcendance... Comme là:

 

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Exposition Grand Nord, Grand Sud, à l'abbaye de Daoulas cet été, en partenariat avec le Musée des Confluences, pas encore sorti de terre mais riche d'une collection dont cet aperçu laisse présager la richesse. C'est pour cela que j'irai certainement voir ça de plus près, au Musée gallo-romain de Lyon-Fourvière du 16 décembre 2010 au 8 mai 2011:

 

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15/12/2010

Notes de lecture # 5, et dans le désordre

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La passion Lippi, Sophie Chauveau

L'histoire romancée de Fra Fillipo Lippi, dans une atmosphère de Renaissance italienne suffisamment documentée pour être perceptible, assez équilibrée pour donner vie et chair aux personnages.

De temps en temps, j'aime bien m'immerger dans un roman historique, ici je n'ai pas été déçue, sans plus.

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La course au mouton sauvage, Haruki Mrakami

Un homme qui n'arrive pas à habiter pas sa vie se retrouve par une suite d'évènements sur lesquels il n'a aucune prise amené à entamer un curieux périple à la recherche d'un mouton bien spécial. Ce qui l'oblige à regarder ses non-choix en face, à lâcher prise, à se reconnecter avec ses émotions.

Reçu de Loula lors d'un mémorable miniswap Thé qui m'avait comblée, je suis entrée dans cette histoire tordue sans m'en rendre compte, et au final, j'ai été envoûtée par cette ambiance particulière.

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Le maître des Chrèques, Walter Moers

Dans une ville dédiée à la maladie, un jeune mistigriffe malmené par l'existence se retrouve lié au Maître des Chrèques (les chrèques étant des créatures herboristes persécutées pour leurs pouvoirs de guérisons trop efficaces). Le contrat qui le sauve le promet néanmoins à une mort proche, et pour une cause des plus désagréables. Sa lutte pour survivre, ses facultés insoupçonnées et ses alliances improbables le conduiront de révélations en découvertes, jusqu'au jardin insoupçonné de la dernière Chrèque de la ville. Le tout dans une atmosphère de gourmandise toute particulière, puisque la gastronomie la plus fantaisiste est à l'honneur à la table du Maître des Chrèques.

Quel régal! Un rythme enlevé, un univers réellement unique, un style fluide et ludique, je me suis régalée - Galant-homme aussi! Et ici, l'avis de Loula, grâce à qui j'avais noté ce titre, sur un carnet spécial bibliothèque.

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Le Royaume de Kensuké, Michael Morpugo

Un tout jeune garçon s'échoue sur une île déserte... Ou presque: il va se lier peu à peu d'amitié avec un vieil homme naufragé bien longtemps auparavant dans des conditions dramatiques qui se répercutent sur leurs relations. L'histoire tendre d'un apprivoisement mutuel, imprégné du chagrin profond du jeune héros, incapable de renoncer à l'espoir que ses parents le retrouvent.

Un roman jeunesse à l'atmospère généreuse et profondément humaine, qui m'a beaucoup plu.

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Le fruit du dragon, Claire Ubac

Une adolescente en crise se retrouve embarquée dans des vacances qu'elle avait rêvées bien différentes, au coeur d'un Vietnam qu'elle va apprendre à découvrir et à aimer malgré elle, ce qui lui permettra d'accéder à une compréhension nouvelle d'elle-même et de sa famille.

Un sympatique roman jeunesse sur l'exil, la révolte adolescente, les remaniements identitaires et l'héritage inconscient: bien sûr, cela fait écho.

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Les déferlantes, Claudie Gallay

Une jeune femme missionnée pour un comptage d'oiseaux sur la côte bretonne se laisse envahir par de vieux secrets de famille, qui ne la concernent pas mais trouvent en elle une voie pour se faire jour, et ainsi s'apaiser.

Peut-être pas un "grand" roman, mais des personnage croqués avec malice, une intrigue amusante et touchante, et suffisamment d'embruns sur granit par là dessus pour m'emporter ailleurs, à un moment où ce que je vivais requerrait un temps d'évasion quotidienne pour éviter de sombrer.

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De bons présages, Terry Pratchett et Neil Gaiman

Terry Pratchett et Neil Gaiman s'allient pour conter l'histoire d'un ange et d'un démon déterminés à éviter que les projets de fin du monde de leurs patrons respectifs n'aboutissent. Parce que, à la fin, ce monde, ils s'y plaisent bien.

C'est drôle, rythmé, haletant, parodique, sensé, tendre, bref, délicieux. Cela me fait penser que j'ai oublié un titre de Neil Gaiman lu il y a quelques temps.

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L'étrange vie de Nobody Owens, Neil Gaiman

 

Nobody Owens vit retiré du monde dont il ignore tout, depuis aussi loin qu'il s'en souvienne, au coeur d'un cimetière haut en couleurs. Mais la menace à laquelle il a ainsi été soustrait va croître et il lui faudra cheminer et apprendre s'il veut y échapper. 

Un très beau roman, où l'écriture prend soin de donner une réelle épaisseur à chaque personnage sans que cela pèse jamais, une inventivité réjouissante, différents niveaux de lecture qui permettent sans aucun doute d'effacer la barrière du roman jeunesse.

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La grammaire est une chanson douce, Erik Orsenna

Deux enfants naufragés perdent leurs mots dans la tempête et échouent sur une île où ils entreprendront un doux voyage pour réapprivoiser leur langue.

Un très court roman plein de malice, déterminé à nous faire sentir la richesse des langues - toutes les langues.

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les cygnes sauvages, Jung Chang

Une jeune femme chinoise entreprend de raconter l'histoire cahotique de sa famille prise dans l'histoire politique de son pays, sans manichéisme, avec une détermination sans faille à révéler toute l'ampleur du mépris du Parti pour l'être humain.

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Enfant de la jungle, Mickael Morpugo

Un service de presse confié par mes libraires préférés - ayant donc très récemment découvert cet auteur, j'avais un a priori positif; j'ai aimé cette histoire militante, à destination des pré-ados, inspirée de ceertains évènements récents de l'actualité mondiale. Un garçon de 9 ans se promène à dos d'éléphant sur une plage indonésienne lorsque se produit un tsunami. L'éléphante s'enfuit dans la jungle, lui sauvant la vie mais le coupant de la civilisation. Il va devoir apprendre à communiquer avec cet animal qui le fascine, pour survivre dans un environnement dont il ignore tout, et sera confronté à bien des épreuves qui lui permettront de surmonter le deuil de ses parents et de se construire une identité en accord avec cette expérience sans équivalent.

Sans compter une écriture agréable bien que la cible soit un peu trop sensiblement "jeune", la cohérence de la démarche humaniste de l'auteur m'a séduite; je ne croyais pas être embarquée pourtant: les histoires exotiques, jungle et aventure, d'habitude, bofbof...

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Le combat d'hiver, Jean Claude Mourlevat

J'ai sauté sur ce gros volume de Mourlevat à la bibliothèque dès que je l'ai aperçu, convaincue d'être conquise. Pari tenu sans riques, j'ai une confiance aveugle dans le nom sur la couverture...

De grands adolescents internés dans des orphelinats où on leur mène une vie plus que rude vont s'allier, reconstruire peu à peu leur histoire, retrouver la mémoire, et s'engager dans une lutte inégale contre un régime politique aussi brutal qu'on peut l'imaginer, en faisant fi de la prudence et de la peur. J'ai pensé un bref moment à un très mauvais roman de Pierre Bordage lu l'an dernier, en me réjouissant de tenir là une vraie belle et bonne façon de traiter le totalitarisme et la résisance.

10/12/2010

Palette d'hiver

 

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Sous la couche de terre protectrice, éclatants pigments

qui augurent la saveur

des bricks de navet tatins au miel et thym,

de la potée chaleureuse,

des radis raves poêlés à l'huile de noix,

des carottes glacées au cumin,

du chou rave braisé...

 

05/12/2010

La saveur de novembre

Renforcer des liens autour d'un dîner charmant, me faire passeuse à mon tour, parler vrai de choses qu'on ne dit pas souvent, ni à n'importe qui. Réitérer, avec d'autres qui comptent aussi. Et d'autres, et d'autres. Sentir ma chance.

Accompagner et sentir que c'est juste. Percevoir la pierre froide du banc à travers le velours et le soleil sur ma face et l'eau glissante du Martenin et l'incandescence des frondaisons, enfin.

Offrir un bouquet d'anémones désuettes à une Grand-mère dragonne pour lui tenir compagnie sur son lit d'hôpital. S'amuser de son plaisir. Me réjouir des jolies rencontres in-extrémis que la vie lui réserve encore, même si le chagrin est de la partie et qu'elle en aurait voulu plus. Me dire que rien n'est jamais perdu.

Me coltiner longuement le moule en fonte sur la cuisinière à bois dans le soir tombant, gâcher deux fournées et demi, mais finalement réussir la cuisson des fameuses gaufres en forme de coeur, et en retirer une sacrée satisfaction, toute au plaisir des réminiscences de l'enfance et de la difficulté surmontée.

Me demander comment aider. Aider sans m'en rendre compte. Imprévoir. Rester calme et confiante.

Découvrir que ma fatigue a pour nom hypotension. Me reposer. Me prélasser à l'orientale, siroter un Genmaïcha à la japonaise, et goûter la douceur du soleil qui filtre à travers la ramure des bouleaux du Palais Saint Pierre à la lyonnaise avec Soeur taupe, réaliser que nous faisons curieusement tout à l'unisson ces temps-ci sans concertation. Peut-être pour compenser mon impossibilité à l'accompagner de l'autre côté de la terre, alors que nous le voudrions tant toutes les deux?

Voir venir, désamorcer, ployer sans rompre et ressortir plus forte, affermir un peu mes assises et tenir ma patience.

Repousser les inquiétudes. Confire les aulx du jardin au feu de bois. M'offrir une merveille et la laisser négligemment sur l'accoudoir du canapé pour que tout le monde puisse en profiter. Et moi d'abord chaque fois que je passe devant.

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(clic sur l'image)

Novembre est fini, et j'en oublie. Bonjour Décembre!

 

 

01/12/2010

petite liste taguée de 15 auteurs qui ont compté

J'étais sensée avoir 15 minutes pour la rédiger, et transmettre le tag à 15 blogeuses, mais je fais tout dans le désordre et puis tant pis, mais merci Loula, pour cette petite liste qui fait du bien!

Je m'y jette avant de sombrer, et foin des falbalas, comme ça vient, et parfois sans explications:

Barjavel pour La nuit des temps, découverte inoubliable liée à un concours lecture en classe de troisème, et à la prof de français la plus passionnante que j'aie eue. J'ai lu et aimé tous les romans, grignoté la moitié de ses chroniques regroupées dans un énorme volume qui reste mon seul et unique livre de chevet, adapté un de ses courts textes en théâtre d'ombres grâce aux LU des Luny's, à ma Taupe et à Pah Dhom, corné des pages pour une idée qui me touchait, hanté des librairies à la recherche d'un titre que je n'aurais pas encore lu; Galant-homme est même allé jusqu'à me dégoter Cinéma total sur internet...

Yves Frémion pour Tongre, et encore une histoire de prof, celle de 5ème, qui avait juré me convertir à la science fiction: gagné.

Fred Vargas et sa vive plume, son amour des personnages.

Anne Rice et ses chroniques de vampires pour le petit côté régression vers mes années adolescentes romantiques et sombres.

Robert F Young pour le Baleinier de la nuit, choisi pour le titre et l'illustration sur le table du CDI de mon lycée, puis Le dernier Ygdrasil offert par Galant-homme, deux merveilles.

Giono sur lequel j'avais tant buté quand c'était une lecture imposée, à ce seul motif inconséquent, alors que j'aime...

Alessandro Barrico pour Soie, puisque je n'ai jamais réussi à entrer dans ses autres romans, alors que celui-ci m'a transportée d'un coin de cheminée vers des terres lointaines, mais aussi intérieures.

Le Clézio, pour Voyage au pays des arbres, Lullaby, Etoile errante... et cette plume à la fois contemplative et doucement mélancolique.

Marguerite Yourcenar, pour les Nouvelles orientales et L'oeuvre au noir, deux joyaux.

Jorn Riel pour Le jour avant le lendemain, sa façon de conter sans concessions, avec authenticité.

Aarto Paasilina pour le Lièvre de Vatanen, sa fantaisie inimitable.

Ray Bradbury pour Chroniques martiennes et Farenheit 451, deux monuments.

Luis Sepulveda pour L'histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler, petit bijou de drôlerie et de générosité.

Martine Delerme pour Fragiles, et l'illustration du funambule qui n'en finit pas de m'accompagner.

 

Et Colette pour tout, et Terry Pratchett pour le rire, et Tracy Chevalier pour l'acuité de La jeune fille à la perle, et puis les gros recueils de contes en tous genre que j'ai dévorés dès que j'ai su lire seule, et Le journal champêtre d'Edith Holden pour le goût d'égrner les saisons, et 1984 de Georges Orwell pour l'ampleur, et Tezuka pour Bouddha ou l'histoire des trois Adolf, et ...

J'ai envie de me plonger dans un bon bouquin, emmitouflée dans un plaid, maintenant, c'est malin!