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11/04/2009

Où l'on cause épluchures et trottoirs

Vous vous souvenez? J'ai un jardin, enfin, un jardin un peu particulier, un jardin-potager-collectif-associatif-bio-éducatif, là.

Un jardin où poussent de beaux légumes de saison, que nous jardinons tous ensemble, qui nous laisse beaucoup de temps libre, qui me fait supporter la grande ville et qui m'apprend à cuisiner autant qu'à pincer les tomates, à rencontrer d'autres citadins ou à me lever tôt le dimanche...

Un jardin juste assez près pour y faire un tour quand on en a envie, mais juste un peu trop loin de chez nous pour pouvoir y ramener nos épluchures suffisament souvent.

J'ai tergiversé, réfléchi, mesuré. J'ai renoncé à installer un lombricomposteur dans notre minuscule salon. J'ai abandonné l'idée de le mettre dans la montée d'escalier. Je me suis montrée raisonnable et j'ai arrêté d'en parler. Mais pas d'y penser, pas de ruminer cette folie qui nous oblige à envoyer à l'incinération ou à l'enfouissement en sacs plastiques les richesses de la terre.

Et puis un jour, je suis passée devant cet autre jardin:

ilot_d_amarantes_printems_2008.jpg
(crédit photo Brin d'Guill')

Depuis plusieurs années, à deux pas de chez nous, mais cette fois j'avais les yeux ouverts, il faut croire. Il m'a sauté aux yeux, le tas de compost dans le coin à gauche (non, on ne le voit pas, le coin gauche!), l'idée saugrenue m'a traversée. Pourquoi pas? Cela ne coûte rien de demander!

Encore faut-il savoir à qui s'adresser... après un tour sur internet et quelques mails plus tard, j'avais le bon interlocuteur, et,surtout, la réponse. Affirmative. Il suffisait d'adhérer, venez vendredi soir, justement on va en causer...

. . .

Cela fait donc un mois que je fais un petit crochet, une ou deux fois la semaine, que j'entrouvre une porte, que j'alimente ce compost. Que mes poubelles grises sont bien plus légères, et moins usurpées. Que je me sens plus citoyenne, plus légère moi-même.

. . .

Mais un bonheur n'arrive jamais seul et je suis devenue marraine d'une jardinière de rue, un rectangle creusé dans le bitume d'un trottoir et rempli de terre.Celle-là était menacée de rebouchage: rien n'a jamais "pris" dedans. La pluie n'y arrive pas, déviée par une toiture contrariante. Les petits brins z'urbains, ça s'appelle. Il y en a un certain nombre, dans un périmètre bien délimité entre quatre rues. Chaque année en mai, Brin d'Guill' organise une grande fête pour les replanter. Les autres parviennent à vivre, adoptées par les habitants de l'immeuble auquel elles s'adossent, ou offertes aux générosités du ciel. Pas celle-ci. Elle était faite pour moi.

 

Ma  porteuse d'eau s'est empressée:

pict5813.jpg
sedum monregalense
pict5814.jpg
joubarbe sempervivum arachnoideum

quelques uns des sedums que j'y planterai, pour voir, avec l'espoir que les merveilles qu'ils ont donné sur mes deux pauvres fenêtres arides se propageront à la rue, se mettront à ramper sur l'asphalte, envahiront le trottoir pour amortir nos pas sur le pavé... J'ai appris à les voir, à les aimer nichés en ces lieux ingrats, enfractuosités des murs, glissière des parapets de ponts, landes pelées... J'ai appris à en prélever des fragments, à les déposer sur la terre, à les  abreuver juste le temps qu'ils s'enracinent...

 

Quelle opiniâtre énergie de vie, quelle variété rase et discrète...

Commentaires

bonne idée le partage de compost.... c'est marrant le marrainage d'une jardinière, elle aurait été enlevée si tu ne t'en étais pas occupé ?

yellowmicmac

Écrit par : yellowmicmac | 11/04/2009

génial ce jardin collectif, moi je fais un petit potager dans mon jardin et je suis sure qu'avec des copines , arracher les mauvaises herbes s'est plus chouette !

Écrit par : kabailly | 13/04/2009

Joubarbes et sedums, c'est une chouette bonne idée !
Sûrement la jardinière vivra (je parle du contenant), avec une préférence pour les petits artichauts (joubarbe) qu'on trouve dans des lieux secs comme des coucous secs...
Et ahhh le vermicompost, quelle grave question en ces temps d'hyper-conscience citoyenne, je fais un essai sur mon balcon mais ça reste un quatrième étage... c'est pas simple !

Écrit par : Minie | 15/04/2009

Marraine de jardinière ...
D'accord avec Minie , une sacrément bonne idée !

Et de rien pour ma note ...
Grâce à toi , j'ai pu replonger dans ma boîte à boutons !
( et avec quel délice ... )

Écrit par : marie | 15/04/2009

Je me sis délectée à lire ce billet ! Bravo pour une "urbaine" de participer à tout cela ! Tu mérites d'avoir un jour un vrai jardin à toi.

Écrit par : Lady Isa | 16/04/2009

Les commentaires sont fermés.