Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/03/2009

De brou et d'or #2

Il y a eu la première partie de l'histoire, et puis les caprices de la technologie sont venus m'entraver dans mon fil, alors j'ai divisé. Je pensais que le "plus tard" serait un bientôt, je ne me doutais pas que j'allais perdre mes photos. Alors j'ai tergiversé, espéré, attendu, laissé le fil suspendu. Mais il faut bien boucler la promenade, ça fait désordre, j'ai les mots en attente et la marche se fait longue.

La suite maintenant, et l'imagination pour voir à travers mes mots...

...

On est parti, les encombrants, on a débarrassé la place, on a laissé le silence relatif retomber derrière nous, les affairés s'affairer sans nous marcher dessus.

marcher ensemble sous le lointain soleil blanc, traverser la tourbière, faire chanter les cailloux sur la glace, observer les aigrettes, tenter de retenir le chant du pic noir, fouler du pied le vert radieux des sphaignes, ouvrir les yeux. On cause beaucoup, on se taquine, le groupe s'étire en procession le long des sentiers bordés d'eau, mon silence m'aide à mieux voir la lumière, j'aime être seule au creux de cette petite foule cordiale, écouter les rumeurs du dehors, celles du dedans, tranquille.

Mes premières vraies images avec ce gros appareil noir à excroissances intimidantes que Galant-homme sait apprivoiser, je n'ai pas vu que les réglages s'étaient défaits dans la housse, elles ont du grain mais ce sont les miennes. Mon regard, timide, joyeux. Perdues, comment cela se peut-il, enfin les images me restent dans le coeur et c'est bien comme cela qu'il est le plus important de se souvenir.


Au retour observer le processus de la pressée, les cerneaux concassés, torréfiés, écrasés, admirer les gestes sûrs du meunier, taiseux ou volubile selon l'exigence de la matière blonde. Savourer les oeufs-bacon cuits sur la pierre imprégnée d'huile, le petit verre de rouge, le repas de guingois qui réconforte, savoir que le travail a été fait et bien fait, que c'est fini déjà, enfin, qu'on reviendra l'année prochaine, que la joie sera à nouveau là, embaumée de cette fabuleuse odeur de gâteau qu'exhale l'huile de noix.

pict5034.jpg

Les commentaires sont fermés.